Lapsus de Rachida Dati : "J'ai parlé un peu trop vite, mais ça me fait rire"

Rachida Dati sur RTL le 7 avril 2010

Rachida Dati sur RTL le 7 avril 2010

Crédit : La rédaction de RTL

Rachida Dati était l'invitée de RTL lundi matin. L'ancienne garde des Sceaux, qui répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie, a commenté lundi son lapsus de la veille où elle confond "inflation" et "fellation", en expliquant qu'elle avait "juste parlé un peu trop vite". "J'ai vu ça après coup. Sauf que que quand on regarde bien, j'ai juste parlé un peu trop vite, mais bon, si ça fait rire tout le monde!", a lancé Mme Dati sur RTL dans un éclat de rire.

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Lapsus de Rachida Dati : "J'ai parlé un peu trop vite, mais ça me fait rire"

Crédit : Jean-Michel Aphatie

Lapsus de Rachida Dati : "J'ai parlé un peu trop vite, mais ça me fait rire"

Crédit : La rédaction de RTL

Écoutez aussi :

- "Fellation" ou "inflation" : le lapsus de Rachida Dati à la télévision

Rachida Dati sur Canal+ :



Bonjour Rachida Dati.

Bonjour.

Vous avez été pendant deux ans ministre de François Fillon. Les propos que le Premier ministre a tenu hier sur France 2 suscitent beaucoup de commentaires et pensez vous qu'une rupture soit consommée aujourd'hui entre Nicolas Sarkozy et François Fillon ?

Tout d'abord, ce documentaire que je n'ai pas vu, j'ai repris uniquement les déclarations qui sont sorties sous forme de dépêches. Ca s'inscrivait dans un documentaire sur Matignon et la perception des anciens Premiers ministres sur cette fonction de Premier ministre. Alors, moi je reprendrais ce que vient de dire Alain Duhamel : ce n'est pas une rupture. D'une façon, il est toujours Premier ministre. Je rappelle...

Ah oui, ça ne nous a pas échappé !

Non, mais il est toujours Premier ministre, mais à la fois qu'il dise avec ses mots à lui, d'une manière très travaillée, sa perception de la fonction...

Non, non. C'est sa perception de la relation avec Nicolas Sarkozy. Il dit "avec Nicolas Sarkozy, notre histoire c'est celle d'une alliance. Il n'a jamais été mon mentor. J'ai choisi de l'aider à être président de la république, je m'en félicite tous les jours". Ce n'est pas tout le temps qu'un Premier ministre parle comme ça du président de la république.

Oui, mais enfin le président de la république l'a aussi choisi comme Premier ministre. C'est aussi comme ça que ça se passe dans la Vème République. Donc, qu'il ait choisi de l'aider, qu'il ait rejoint l'équipe.. Moi, j'étais à cette époque dans cette équipe de campagne depuis...

En 2007.

Bien avant puisque je travaillais...

Bien avant puisque vous étiez dans l'équipe de campagne.

Je travaillais avec Nicolas Sarkozy depuis 2002. C'est vrai qu'il a rejoint, quand il est sorti du gouvernement Chirac, il a rejoint Nicolas Sarkozy suite justement à un remaniement. Mais à la fois c'est quand même Nicolas Sarkozy qui le choisit Premier ministre.

Mais à parler aujourd'hui du président de la République comme le fait François Fillon, ça vous paraît être de nature à agacer un peu le président de la République, puisque vous connaissez les deux hommes ?

J'en sais rien. J'en sais rien, simplement qu'il dise, qu'il donne sa perception et sa sensibilité sur ses relations avec Nicolas Sarkozy, c'est vrai que la relation a changé entre sa nomination de Premier ministre et aujourd'hui, forcément. Donc, il donne un nouveau ton à cette relation. En tout cas, il met des mots sur la relation qu'il a avec Nicolas Sarkozy.

François Fillon, hier, évoquant un nouveau challenge, dans ou hors de la politique - mais enfin, on ne l'image pas beaucoup faire autre chose que de la politique, François Fillon - et alors tout le monde pense à la mairie de Paris. Vous aussi sans doute ?

Il le dit lui-même. Il dit : "ça fait trente ans que je suis dans la politique". Ce qui aurait été surprenant...

Et j'aime ça, dit-il.

Oui, tant mieux et heureusement, d'ailleurs. Mais à la fois ce qui aurait été surprenant c'est qu'il dise : "'écoutez, je vais tout arrêter, je vais me retirer, je vais écrire.

Oui. Le nouveau challenge : c'est la mairie de Paris, à votre avis ?

Toutes les ambitions sont légitimes. Moi je trouve que ce qui est bien dans une démocratie, ce qui est bien dans un pays comme le nôtre, c'est qu'on peut avoir toutes les ambitions possibles et imaginables et inimaginables.

Vous l'accueilleriez avec plaisir s'il disait : "tiens, je vais m'investir à Paris" ?

Ecoutez, moi je suis maire du 7ème arrondissement, je suis conseiller de Paris, je suis très impliquée sur les dossiers parisiens, vous l'avez évoqué juste au début de cette interview, moi j'ai toutes les ambitions. Et puis vous savez, avant 2014, il y  2012...

Ma question c'est "est-ce que vous l'accueilleriez avec plaisir ?"

Ah, mais ce n'est pas à moi de l'accueillir. Ce n'est pas moi qui donne les investitures.

S'il dit "je viens à Paris". Est-ce que vous l'accueilleriez avec plaisir ? Est-ce que vous lui diriez, ce matin au micro d'RTL : "Bienvenue, François".

Monsieur Aphatie, je ne suis pas Secrétaire général de l'UMP ou président de l'UMP, vous l'aurez remarqué. Donc, ce n'est pas moi qui donne les investitures et ce n'est pas moi qui gère les ambitions ou l'avenir des anciens Premiers ministres ou des Premiers ministres toujours en fonction.

On va  en déduire que votre enthousiasme pour un éventuel atterrissage de François Fillon à la mairie de Paris n'est..

Ah, ça c'est vous....

... N'est pas excessif...

Je suis très enthousiaste qu'il soit Premier ministre et qu'il continue sa mission.

Voilà c'est ça. C'est bien ce que je disais.

Le Conseil de Paris va être saisi ce matin d'un protocole d'accord entre la mairie de Paris et Jacques Chirac contre la somme de 2,2 millions d'euros qui compenserait le préjudice subi par la mairie de Paris dans l'affaire des emplois fictifs. Bertrand Delanoë se retirerait du procès en abandonnant la situation de partie civile pour la mairie de Paris.

Allez-vous voter ce protocole, tout à l'heure, au Conseil de Paris, Rachida Dati ?

Bien sûr. J'ai juste une petite précision à donner : c'est que d'abord j'ai un immense respect pour Jacques Chirac et une grande admiration. Et je crois que je ne  suis pas la seule. Les Français, d'ailleurs, y sont encore très attachés. Simplement, il faut faire un petit peu de pédagogie : dans tous les procès judiciaires, ce n'est pas une exception, ce qui se passe aujourd'hui. Une partie civile ne peut demander que la réparation de son préjudice. Donc, elle peut le faire avant le procès, ou pendant le procès, ou après le procès lors de la décision.

Mais il ne s'agit pas tellement de droit, mais de politique : l'ancien chef de l'Etat, finalement, n'aura jamais rencontré ses juges alors que...

Mais bien sûr que si...

15 ans.. L'affaire des emplois fictifs est devant nous.

Vous voyez, vous dites une chose fausse. Le fait qu'il y ait une réparation d'un préjudice ne présume pas du tout qu'il n'y ait pas une culpabilité prononcée ou pas, et ça n'éteint pas l'action judiciaire.

Il n'y aura pas de partie civile. Le procureur est carrément..

C'est classique...

Donc le procès...

C'est assez classique. La partie civile ne peut pas demander de peine parce que, justement,

n'a pas beaucoup d'intérêt...

parce que justement, je trouve que notre justice est bien faite, c'est-à-dire qu'une partie civile ne réclame pas justice pour elle-même. Elle demande la réparation de son préjudice. Vous pouvez le faire avant le procès ou pendant le procès. Là, ...

Ce n'est pas une situation ordinaire...

Mais bien sûr que si...

C'est un ancien chef de l'Etat, détournement d'argent public...

Mais je vous invite, Monsieur Aphatie... Il n'y a pas d'enrichissement personnel...

Il y a beaucoup de données qui intéressent les citoyens.

Il n'y a pas du tout d'enrichissement personnel.

Je n'ai pas cité l'enrichissement personnel. Il y a du détournement de l'argent public.

Je vous invite, Monsieur Aphatie, à assister à des audiences : que des parties civiles soient indemnisées avant une audience, c'est assez classique. Mais à la fois, ça n'éteint pas l'action judiciaire : il y aura un procès. Ca n'éteint pas l'action judiciaire, je tiens quand même à le dire.

Et nous conviendrons que ce procès-là n'est pas classique.

Non, mais parce que c'est la première fois qu'un chef de l'Etat est renvoyé devant un tribunal.

Vous l'avez dit vous-même.

Mais le droit c'est du droit commun. On n'est pas dans un tribunal d'exception, et ça n'est pas une affaire d'exception. C'est l'ancienne qualité de la personne qui fait que c'est un petit peu différent que d'habitude, mais le droit appliqué et la nature de l'affairen c'est du droit commun.

Donc, vous allez voter ce matin avec l'UMP, le protocole que va proposer Bertrand Delanoë.

Bien sûr.

Un livre récent signé par Michaël Darmon et Yves Deray, intitulé :"Carla et les ambitieux" vous accuse d'avoir cherché, Rachida Dati, au début de l'année, à destabiliser l'épouse du chef de l'Etat, Carla Bruni. C'est écrit dans le livre. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Je crois que... Vous savez je suis venue à cette radio et en face de vous pour m'exprimer.. Vous savez, ces deux individus qui ont créé ce deuxième livre, ils en ont déjà écrit un premier qui était bourré de calomnies, de mensonges et de ragots. Ils ont trouvé le filon pour se faire de l'argent. Ils recommencent, là. Simplement, à l'époque, je n'avais pas souhaité effectivement, faire de procédure ou poursuivre, parce que j'étais Garde des Sceaux et je ne voulais pas le mélange des genres. Maintenant, il faut que ça s'arrête. Le filon, faut que ça s'arrête.

Mais là, le livre est en vente en librairie.

Oui, mais ça n'empêche.

Vous allez porter plainte ?

Mais, ça n'empêche qu'il faut que ça s'arrête.

C'est-à-dire ?

Ca n'empêche qu'il faut que ça s'arrête. Je n'en dirais pas plus, Monsieur Aphatie.

Mais le livre est en vente, donc ça ne s'arrête pas.

Oui.

Le livre est en vente, on en parle ce matin, ça ne s'arrête pas.

Oui, mais attendez, ils ont gagné, avec le premier, de l'argent du ragot et de la calomnie en annonçant même des choses...

Qu'est-ce que vous voulez dire avec "il faut que ça s'arrête" ?

Eh bien, il faut que ça s'arrête, c'est tout.

Vincent Parizot : Vous savez, il faut que ça s'arrête, vu l'heure.

Bon. Bon ne peut même pas parler des lapsus, alors on arrête.

Vincent Parizot : Ah si, si vous voulez en dire un mot parce que ça buzze pas mal sur Internet, quand même.

Voilà, ça buzze sur Internet.

R. Dati : J'ai vu ça après coup, sauf que quand on regarde bien, j'ai juste parlé un peu trop vite, mais bon, si ça fait rire un peu tout le monde....

Et oui, quelquefois, on parle trop vite.

Vincent Parizot :En fait, ça fait rire les humoristes.

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