La rentrée des profs sous le signe de la grogne

Créé le 01/09/2008 à 12h46 - Mis à jour le 01/09/2008 à 12h46

Des enfants qui se rendent à l'école

Des enfants qui se rendent à l'école / AFP

Suppressions de postes, heures supplémentaires, semaine de 4 jours... Les élèves n'ont pas encore fait leurs premiers pas dans les salles de classe que déjà la grogne règne dans les rangs de l'Education nationale. 870.000 enseignants font donc leur rentrée aujourd'hui. Mais les syndicats estiment que la rentrée scolaire 2008 s'annonce "sous de sombres augures", avec la suppression de 11 200 postes à la rentrée, public et privé confondu...
Dans les collèges et lycées publics, où 8.830 suppressions d'emplois sont prévues et 1400 dans le privé. L'équivalent de 4200 postes vont être redistribués en heures supplémentaires, précise le ministère pour un coût de 105 millions d'euros. Sans oublier le non-remplacement de postes administratifs et une baisse du nombre de postes aux concours.

Les syndicats craignent une "baisse du taux d'encadrement" des élèves. Les mesures d'assouplissement de carte scolaire, ainsi que le "déferlement des heures supplémentaires" vont entraîner "des situations délicates avec des tensions dans les établissements", disent -ils. S'agissant des 13.500 suppressions de postes annoncées pour 2009, les syndicats  estiment que cela va faire "une "grosse rature" qui aura des conséquences sur les classes, le remplacement, le recrutement.

***Les heures supp' ?

Mettant en application le "travailler plus pour gagner plus" présidentiel, Xavier Darcos a assuré que son ministère dégageait "tout de suite" 410 millions d'euros pour  les enseignants, dont 294 millions au titre des heures supplémentaires défiscalisées et exonérées de cotisations. En cette rentrée, l'équivalent de 4.200 emplois supprimés en collèges et lycées seront transformés en heures supplémentaires pour un montant de 105 millions d'euros.

Figurent également dans les mesures d'amélioration du pouvoir d'achat", la prime annuelle d'entrée dans le métier de 1.500 euros, la prime annuelle de 500  euros pour chaque enseignant qui ferait trois heures supplémentaires hebdomadaires ou la revalorisation des indemnités des directeurs d'école. Selon le ministre, un professeur certifié qui accepterait trois heures supplémentaires verrait son salaire annuel augmenter de 4.400 euros.
 
Reste que cette politique ne concerne pas l'ensemble des enseignants, en particulier ceux du primaire s'ils ne participent aux stages pendant les vacances puisqu'avec la suppression du samedi, le soutien scolaire après la classe est comptabilisé dans leur 27 heures de travail hebdomadaire: les syndicats réclament un plan de revalorisation pour tous, s'agissant des salaires comme des conditions de travail. 

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