Les banques françaises sont-elles suffisamment solides pour faire face à une crise financière ? : le "Débat" avec Serge Maître, président de l'Association française des usagers des banques (Afub)
Créé le 04/05/2011 à 18h23

Des policiers sur les lieux où un tireur a tué lundi un adolescent qui voulait s'introduire dans le local d'une société de gardiennage, le 3 mai 2011 à Marseille / AFP
L'habitant qui a tué lundi soir un adolescent de 15 ans et demi qui tentait de s'introduire par effraction dans le local d'une société de gardiennage, devait être déféré au parquet mercredi après-midi pour assassinat. La préméditation a été retenue dans cette affaire. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a promis sur RTL de "réagir" pour renforcer la sécurité dans la cité phocéenne où "la situation n'est pas satisfaisante". Il a notamment évoqué la nécessité de "sensiblement développer la vidéosurveillance". Le maire UMP de la ville, Jean-Claude Gaudin, réclame de nouveau des renforts de police auprès de l'Etat. Certains habitants de Marseille confrontés à la montée de la violence et de l'insécurité ne cachent plus leur exaspération.
Une information judiciaire va être ouverte pour assassinat, la préméditation étant retenue, et infraction à la législation sur les armes et les munitions, a a indiqué le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest. Les faits se sont déroulés lundi peu avant 19 heures dans la zone pavillonnaire du Verduron, dans les quartiers nord de la ville.
L'homme, un maçon de 56 ans au chômage, qui n'a pas prévenu la police ni les secours, a tiré depuis sa fenêtre avec une carabine 22 Long Rifle sur la victime qui, accompagnée d'un autre jeune âgé de 17 ans, découpait un grillage attenant à une pharmacie et au local d'une société de sécurité. Il "affirme avoir fait feu à trois reprises, en visant par terre", avait expliqué M. Dallest mardi, excluant la thèse de la légitime défense.
Sur RTL, Guéant promet de "réagir"
Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a promis mercredi sur RTL de "réagir" pour renforcer la sécurité dans une ville où "la situation n'est pas satisfaisante". "Ce fait divers dramatique (...) révèle en réalité une situation qui à
Marseille n'est pas satisfaisante", a commenté le ministre de
l'Intérieur à propos de la mort de l'adolescent tué lundi. "Depuis des mois les faits divers émaillent le quotidien de cette ville, la drogue fait des ravages, les voyous tiennent les quartiers, il va falloir réagir", a-t-il ajouté.
"Je vois dans quelques jours le maire de Marseille ainsi que les principaux élus de cette ville, et nous allons prendre des dispositions", a-t-il promis, en évoquant la nécessité de "sensiblement développer la vidéosurveillance sur Marseille". Par ailleurs, "je suis certain que nous mettrons en place un certain nombre d'effectifs supplémentaires", comme l'a de nouveau réclamé mardi Jean-Claude Gaudin, a assuré le ministre, tout en soulignant que "près de 5.000 policiers" sont déjà déployés dans les Bouches-du-Rhône.
"Il faut aussi que nous mettions au point des méthodes de travail à l'exemple de ce qui se passe actuellement en Seine-Saint-Denis qui, de façon systématique, aboutissent par la mise en cause des voyous", a fait valoir Claude Guéant.
Gaudin réclame des renforts policiers
"Ces évènements dramatiques montrent une fois de plus que les besoins en
matière de sécurité de la deuxième ville de France doivent
impérativement être pris en compte par l'Etat. C'est la raison pour
laquelle je souhaite rencontrer Claude Guéant, ministre de l'Intérieur,
très prochainement", a déclaré mardi Jean-Claude Gaudin, "très choqué
par ces drames qui ont coûté la vie à deux personnes".
"Je ne
manquerai pas alors de lui rappeler très clairement les engagements pris
par Brice Hortefeux pour doter Marseille d'effectifs de police
supplémentaires. Je compte aussi lui demander de renforcer la
participation financière de l'Etat pour étendre le dispositif de
vidéosurveillance à Marseille", a-t-il souligné.
En
novembre, Brice Hortefeux, alors ministre de l'Intérieur, avait annoncé
à Marseille le déploiement de "deux unités de force mobile",
soit environ 150 CRS, après une fusillade qui avait coûté la vie à une
adolescent de 16 ans dans une cité de la ville. Ces effectifs, ayant
pour "mission exclusive" la "sécurisation et la surveillance des
quartiers sensibles", devaient rester "tout le temps nécessaire", avait
promis le ministre.
Mais ces deux unités supplémentaires sont reparties dès janvier.
"On est revenu à deux compagnies, une basée à Marseille et une de la
zone Méditerranée qui vient au coup par coup, toutes les trois semaines à
peu près", a expliqué à l'AFP Jean-Marie Allemand, secrétaire régional
du syndicat Alliance. "Honnêtement, les effectifs, je ne sais pas où on
va les pêcher. Ce qu'on demande, c'est la pérennisation des adjoints de
sécurité qui ont déjà fait un an de formation comme cadets de la
République. Du jour au lendemain, on peut avoir une bouffée d'oxygène",
a-t-il précisé.
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