La crise économique prend de l'ampleur

Créé le 18/03/2008 à 07h20 - Mis à jour le 18/03/2008 à 10h07

Christian Menanteau

Christian Menanteau / La rédaction de RTL

La crise financière internationale n'en finit pas d'inquiéter. Les marchés boursiers sont en violents recul. La Bourse de Paris a chuté de 3,51% lundi. La montée en première ligne du président Bush n'a pas calmé les esprits. La chronique de Christian Menanteau. La montée en première ligne du président Bush n'a absolument pas calmé les esprits. C'est bien sûr, pas encore la panique, mais on a largement dépassé le stade du désarroi. Quand George W.Bush, plus le patron de la Banque centrale, plus le ministre du Trésor, sont dans la même pièce et qu'ils ne peuvent que constater que l'orage gronde, eh bien, on est à moitié rassurés. Surtout quand le seul parapluie qu'ils proposent, c'est un slogan peu crédible, selon lequel les Etats-Unis maîtrisent la situation. En fait, nous n'avons qu'une seule certitude, c'est que personne ne maîtrise la situation et cela qui inquiète.  Trois exemples de bombe à retardement dont personne, là encore, ne possède le code.

1. L'état des institutions financières américaines. On le pensait délicat. Il est catastrophique. Il a fallu sauver dans l'urgence, ce week-end, la cinquième banque d'affaire du pays. Du coup, des noms d'établissements prestigieux sont à leur tour sur la sellette. Et pourtant, les Américains ont dépensé près de 400 milliards de dollars pour stabiliser leurs marchés. Une décision unique depuis la crise de 1929 qui donne une idée de la gravité de la situation.

2. Les baisses très fortes des taux d'intérêt et il y en aura certainement encore une dans la journée, n'ont pas enrayé l'effondrement du dollar. Il se délite chaque jour un peu plus face à l'euro et au Yen.

Enfin, troisième bâton de dynamite : les capitaux internationaux du Moyen orient ou d'Asie fuient l'Amérique pour trouver refuge en Europe. Cela fragilise un peu plus le financement des déficits de Washington.

Les fortes baisses à Paris, Londres et ailleurs, annoncent-elles une débâcle boursière à venir ?

Elle est déjà entamée. Les actions des autorités américains ont repoussé les risques de rupture. Mais c'est un climat de défiance qui domine les esprits. Plutôt que d'adhérer à l'optimisme des chefs d'entreprise, les professionnels, qui, ne comprennent plus rien, se sont réfugiés vers des valeurs dites traditionnelles comme l'or, le pétrole, le cacao ou le soja qui battent des records de hausse. Mais là encore, même dans ces secteurs épargnés, on sent la panique pointer le nez.

Est-ce que cette crise va se cantonner à la sphère financière ?

Non ! Il ne faut pas gober ce discours selon lequel la finance serait sans attache avec l'économie réelle. La croissance est déjà atteinte, l'inflation est relancée, les entreprises vont mettre la pédale douce sur leur projet d'investissement et d'embauche et au total, c'est le pouvoir d'achat des Français qui va souffrir.

En clair, nous sommes comme dans une centrale nucléaire en surchauffe. Il faut faire tomber la pression. Cela passe par la fin du jeu dangereux que jouent les Etats-Unis qui inondent de dollars les spéculateurs à l'origine de la crise actuelle. la plus grave depuis 1929.

*** Le coup de fil du jour :

A Xavier Gandillot, président du directoire de C-Discount, magasin sur Internet, à qui j'ai demandé "pourquoi organiser des ventes flashs à prix bas et à effet immédiat pour des produits qui ne sont pas disponibles ou qui ne sont pas stock ?

Alors, sur les 30.000 commandes passées tous les jours en moyenne sur notre site, plus de 98% correspondent à des produits que nous avons en stock. Dans le cas des ventes flashs, il nous arrive d'enregistrer jusqu'à trois ou quatre ventes par seconde. Donc, dans ces conditions, effectivement, il peut arriver que nos stocks s'épuisent plus rapidement que prévu et donc, dans ce cas là, ce que nous faisons, c'est que nous modifions en temps réel l'information sur le site pour en informer immédiatement le client.

*** La note du jour :

16/20 au baccalauréat qui fête ses 200 ans. La première épreuve comptait 39 candidats. Il y en aura plus de 500.000 cette année. Et il continue à stresser les lycéens et les familles.

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