"La marque du Mailhot" : "La cravate de notaire de François Hollande"
Créé le 07/09/2010 à 19h45

Vue de l'Assemblée nationale / AFP
Que va faire le gouvernement et Nicolas Sarkozy face à la mobilisation contre la réforme des retraites ? Ambiance studieuse à l'Assemblée nationale. Les députés ont entamé mardi avec concentration l'examen du projet de loi sur les retraites, qui prévoit le recul de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, au moment où les manifestants parisiens battaient le pavé. L'opposition a promis de combattre pied à pied la réforme portée par le ministre du Travail Eric Woerth.
Auparavant, la séance de questions au gouvernement -beaucoup plus houleuse- a tourné presque intégralement autour de la question des retraites. Evoquant la journée de mobilisation organisée par les syndicats contre la réforme, François Fillon a estimé que "ceux qui ont choisi de manifester doivent être respectés. Le gouvernement entend leurs inquiétudes et le gouvernement écoute leurs propositions. Et il est ouvert au débat pour peu que l'on ne perde pas de vue l'objectif de la réforme: (...) faire en sorte que la retraite des Français soit payée demain".
Comme son ministre du Travail, le Premier ministre est resté ferme sur les mesures essentielles du projet de loi. "En proposant 62 ans, le gouvernement a fait un choix raisonnable et en même temps un choix qui est incontournable pour assurer le financement des retraites des Français", a-t-il insisté. De son côté, l'opposition s'est attelée à combattre la réforme sur le fond, tout en s'abstenant mardi de faire référence à l'affaire Bettencourt, qui poursuit Eric Woerth depuis la mi-juin.
Pour l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius, "non seulement (le projet) est injuste puisqu'il fait reposer l'effort à 90% sur les salariés, mais il n'est pas financé. C'est-à-dire que si c'est ce projet-là qui passe, il va falloir recommencer dans quelques années. Ce n'est pas raisonnable".
A droite aussi, certaines voix s'élèvent pour réclamer des modifications, notamment parmi les députés villepinistes, comme Marie-Anne Montchamp: "le gouvernement doit entendre l'inquiétude (des Français), l'entendre avec précision, avec bienveillance, mais surtout, l'entendre avec la volonté de faire évoluer ce projet qui en l'état est par trop inégalitaire", a déclaré la députée du Val-de-Marne, pointant du doigt "la retraite à taux plein, dont on voit qu'il est question de la passer à 67 ans, ce qui est une des mesures qui porte sans doute le plus d'inégalités dans le dispositif".
Le projet de loi présenté par le gouvernement repousse l'âge légal de départ progressivement de 60 à 62 ans entre juillet 2011 et 2018, à raison de "quatre mois par génération", et l'âge limite supprimant le mécanisme des décotes (retraite incomplète faute d'avoir cotisé le nombre d'annuités suffisantes) de 65 à 67 ans. L'âge de départ en retraite dans les régimes spéciaux sera aussi progressivement relevé de deux ans à partir de 2017.
Le texte prévoit également l'alignement du taux de cotisation du public sur celui du privé, qui devrait passer pour les fonctionnaires de 7,85% à 10,55%. Ce taux sera fixé par décret et sera atteint progressivement sur dix ans.
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