Erwann Menthéour à propos de Jeannie Longo : "Est-ce que c'est normal qu'une femme de 50 ans gagne des courses ?"
Créé le 21/05/2008 à 07h45 - Mis à jour le 21/05/2008 à 10h07

Alain Duhamel / La rédaction de RTL
La discussion sur la réforme constitutionnelle a commencé à l'Assemblée nationale. La gauche semble très réticente ? La chronique d'Alain Duhamel.
Dans cette affaire de réforme des institutions, qui ne passionne pas les foules, mais qui est quand même très importante puisqu'il s'agit d'améliorer la démocratie, on nage en plein paradoxe, puisque quand on regarde dans le détail la réforme qui est proposée, ce qui est certain, c'est que le grand bénéficiaire de cette réforme, ce serait d'abord le Parlement. Or, on constate que sur tous les bancs de l'Assemblée nationale et du Sénat, on voit ici et là des conservateurs qui pour des raisons qui sont rarement très bonnes, s'opposent à tout changement.
Alors en ce qui concerne la Gauche, qui d'ailleurs n'est pas homogène, parce que les communistes sont totalement contre la réforme, les Radicaux de gauche sont plutôt intéressés, les socialistes sont divisés, même si la plupart d'entre eux sont hostiles. On s'aperçoit que le PS en réalité pose trois conditions : la première, c'est sur le droit d'expression du président de la République à la télévision. Les socialistes demandent qu'il soit pris en compte, ça n'est pas forcément dans une constitution que ça doit être fait, c'est sûrement difficile à mettre en œuvre, sur le fond ça parait totalement légitime.
La deuxième chose, c'est la fameuse possibilité pour Nicolas Sarkozy de s'exprimer, par exemple, une fois par an, devant le Parlement réuni en congrès. Là on est vraiment dans une bataille en trompe-l'œil, parce que sur un plan politique, ça ne changerait rien, et que de toute façon le chef de l'Etat dispose déjà d'un droit de message. Donc dans cette affaire, la question est de savoir si c'est lui-même qui lit son discours, ou s'il le fait lire par quelqu'un d'autre. Il n'y a vraiment pas de quoi défiler dans la rue.
Et puis la troisième chose, c'est ce qui touche au mode de scrutin. Là, les socialistes demandent qu'on modernise, qu'on élargisse et qu'on rende plus équilibré le collège électoral sénatorial, et les socialistes ont totalement raison. Le système actuel est aberrant, puisque dans les circonstances qui existent, il ne peut pas y avoir d'alternance au Sénat, qui est la seule assemblée parlementaire démocratique, au monde, dans ce cas là.
En revanche, ils demandent aussi des changements de mode de scrutin qui seraient de la part de la droite, d'accepter un handicap. Que le premier parti politique qui organise son propre handicap électoral, lève la main.
Il y a aussi des critiques dans la Majorité ?
Ça c'est le paradoxe absolu. Et ces critiques sont relativement nombreuses. Il y a d'abord tous les sénateurs de droite, qui comme un seul homme, refusent qu'on bouge d'un millimètre pour conserver leur domaine. Et surtout ne pas prendre de risque.
Il y a sur la Turquie, je voudrais pas faire de peine à Patrick Devedjian, mais une frousse générale assez répandue, notamment à l'UMP, mais aussi au Nouveau Centre, parce qu'il était envisagé de revenir sur le double veto instauré par Jacques Chirac, qui était une absurdité, qui nous affaiblissait à la fois vis-à-vis et de la Turquie et de nos partenaires européens, alors que de toute façon les élargissements se décident à l'unanimité, et qu'on a déjà un droit de veto. Mais ça, il faut être pratique, on ne pourra probablement pas y toucher, et donc on n'y touchera pas.
Il y a naturellement les Villepinistes, qui du moment que la réforme est proposée par Nicolas Sarkozy, sont contre. S'il y avait la même réforme proposée par Dominique de Villepin, ils auraient certainement trouvé que c'était un acte de génie comme on n'en a pas vu depuis au moins deux siècles.
Et puis il y a derrière ça, la catégorie la plus originale, bizarre, et même pathologique, qui sont les députés sur tous les bancs, mais notamment à droite, qui ont tout simplement peur qu'on leur donne plus de pouvoirs, alors même qu'ils ne sont même pas capables d'exercer ceux dont ils disposent aujourd'hui, comme s'ils avaient un complexe d'infériorité définitif.
Dans ces conditions, elle va passer cette réforme ?
Ça sera difficile, ce n'est pas impossible, il y a 908 parlementaires nationaux, sénateurs et députés, ça se jouera à une quinzaine de votes. La Droite perdra une quinzaine de votes. Elle peut espérer en récupérer pratiquement la même chose au Centre et à Gauche. Ric-rac.
Publicité
Publicité
Publicité