SOCIÉTÉ

L'Inspection du travail accuse France Telecom d'homicide involontaire

Créé le 12/03/2010 à 13h15 - Mis à jour le 12/03/2010 à 17h02

Une agence France Telecom

Une agence France Telecom / DR

Un salarié de Lille, dans le Nord, a mis fin à ses jours dans la nuit de mercredi à jeudi, à son domicile. La direction n'exclut aucune piste pour expliquer ce geste, chez un employé pourtant très apprécié. Selon les syndicats, ce suicide est le 10ème depuis le début de l'année. Elément nouveau : un rapport de l'inspection générale des affaires sociales demande de qualifier en accident de service quatre suicides ou tentatives de suicide. Un rapport de l'inspection du travail va plus loin : il parle carrément d'homicide involontaire pour l'un d'eux.  L'inspection du travail recommande au parquet de Besançon de retenir la qualification d'"homicide involontaire par imprudence" dans l'enquête sur le suicide en août dernier d'un salarié, a dit Jean-Michel Bénichou, délégué syndical Sud-PTT.
   
Le parquet est libre de retenir ou non cette qualification et peut aussi ne pas engager de poursuites.
  
 L'entreprise a confirmé avoir reçu une lettre de l'inspection du travail évoquant différents points dont "le lien supposé entre le suicide d'un salarié du groupe et son travail".
   
France Télécom est accusé d'avoir muté le salarié dans une unité de dépannage sans l'avoir formé pour ce poste.
   
"Dans divers courriers, il accusait le travail, les conditions de formation, ses horaires, sa charge de travail", détaille Jean-Michel Bénichou.
   
La vague de suicides à l'origine de la remise en cause des conditions de travail dans l'entreprise n'est pas terminée, soulignait la semaine dernière le cabinet Technologia, chargé d'un audit sur le stress des agents de l'opérateur.
   
Un salarié de France Télécom à Lille s'est donné la mort dans la nuit de mercredi à jeudi, portant le nombre de suicides depuis le début de l'année à neuf selon la direction, dix selon les syndicats.

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