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Créé le 06/04/2011 à 14h31

Les habitants de Vezet soutiennent l'accusé / AFP
Ce mercredi a démarré à Vesoul le procès d'Assises de Charles Beau, poursuivi pour le meurtre d'un homme qui semait la terreur dans son village. Ce père de famille, électricien de profession, est accusé d'avoir tué de trois coups de couteau Frédéric Badet le 14 juillet 2008 à Vezet, une petite commune de 180 habitants située en Haute-Saône. Vols en tout genre, saccages de jardins ou démontage de clôture : la victime, déficient mental et invalide à 80%, menait la vie dure à tout le village qui n'en pouvait plus. L'accusé soutient la thèse d'un accident. Dans le village et autour, une pétition a circulé pour que Charles Beau ne soit pas condamné. Elle a recueilli plus d'un millier de signatures.
C'était le 14 juillet 2008, et personne ne l'avoue trop à haute voix, cette fête nationale a été aussi la fête - ou plutôt le soulagement - dans le village. Car en vingt ans, Frédéric Badet a mené la vie dure à tout le village. Il logeait dans la grange de ses parents à Vezet, à une trentaine de kilomètres de Vesoul. Impliqué dans une vingtaine de délit, il avait été condamné cinq fois pour des affaires de vol avec violence, extorsion de fonds et cambriolage. Ce marginal de 35 ans a proféré des menace de mort ou a procédé à du harcèlement envers de jeunes filles mineures. Jusqu'à l'agression sexuelle d'une octogénaire, deux mois avant le drame.
L'accusé indique avoir trouvé le tourmenteur du village en train de farfouiller dans le cabanon de jardin d'un voisin absent et de l'avoir accidentellement touché avec son couteau de cuisine lors d'une bousculade. Trois coups de couteau, dont l'un, fatal, au foie. A-t-il voulu "se faire" Frédéric Badet ? Ce sera l'une des questions du procès. C'est la mère de lza victime qui avait découvert dans la matinée le corps sans vie, selon les gendarmes.
Charles Beau s'est attiré une vague de sympathie parmi les 180 habitants de Vezet, excédés par les agissement de la victime. Un groupe de soutien a été créé et une pétition demandant la clémence des jurés a recueilli plus de 1.000 signatures. Une vingtaine d'habitants du village étaient présents à l'ouverture du procès et une dizaine devaient être appelés à la barre comme témoin.
Le verdict est attendu vendredi.
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