Les Dossiers de RTL.fr - Retour sur "l'affaire Kerviel"

Jérôme Kerviel vs Société Générale : décision finale le 24 octobre

La cour d'appel de Paris rendra le 24 octobre à 13h30 sa décision dans le procès de Jérôme Kerviel, l'ex-trader poursuivi pour une perte record début 2008 à la Société Générale. Cinq ans de prison ferme ont été requis contre l'ancien banquier, la Société Générale lui réclamant de son côté 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, montant de la perte. Il avait été condamné en première instance à cinq ans dont trois ferme et à ce montant sans précédent de dommages et intérêts.

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Document RTL - Jérôme Kerviel : "Depuis quatre ans, je vis un calvaire. L'impression de ne pas être entendu, de ne pas être compris""

Crédit : Mathieu Delahousse

La parole était à la défense pour cette dernière journée d'audience. Les avocats de l'ex-trader ont réclamé sa relaxe

Crédit : Jérôme Kerviel

La défense plaide la relaxe dans une chaleur étouffante

L'ultime séance de ce procès en appel a été riche en rebondissements. C'est tout d'abord le visage de l'avocat de Jérôme Kerviel, me David Koubbi, qui a frappé les esprits. Celui qui est également le défenseur de Tristane Banon, la jeune femme qui accusait DSK d'agression sexuelle, s'est présenté dans la salle d'audience le visage tuméfié à la suite d'une agression subie mercredi soir.

La chaleur infernale qui régnait dans la tribunal a également perturbé les débats, l'ex-trader ayant même été victime d'un bref malaise, qui a entraîné une suspension d'une vingtaine de minutes de la plaidoirie de son avocat. Le prévenu est sorti précipitamment, semblant avoir la nausée. Il est revenu peu après, pour repartir aussitôt.

Le procès en appel, entamé le 4 juin, s'est en tout cas achevé avec la plaidoirie de la défense qui a demandé la relaxe du prévenu. "Le doute doit profiter à Jérôme Kerviel, il doit emporter la relaxe", a déclaré dans sa plaidoirie Julien Dami Le Coz, collaborateur de David Koubbi, principal avocat de l'ancien trader de la Société Générale poursuivi pour une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008.
  
"Ce qui a été requis, ce n'est plus une peine, c'est un châtiment", a estimé avant lui Benoît Pruvost, associé du même cabinet d'avocats. Mercredi, l'avocat général a en effet requis contre Jérôme Kerviel, "pervers et manipulateur" selon lui, cinq ans de prison ferme, peine maximum encourue, alors que l'ancien trader avait été condamné en première instance, en 2010, à trois ans ferme et deux avec sursis.
  
Le tribunal l'avait aussi condamné à des dommages et intérêts astronomiques de 4,9 milliards d'euros, montant de la perte dont il avait été jugé seul responsable.
  
En appel, les avocats de la Société Générale ont demandé le même montant de dommages et intérêts, même s'il est évident que Jérôme Kerviel, 35 ans, issu d'une famille modeste et désormais sans emploi, ne remboursera jamais une telle somme, qui représente 390.000 ans de Smic.
  
La stratégie de la manipulation paiera-t-elle ?

Il est reproché à l'ancien trader d'avoir pris en 2007 et début 2008, à l'insu de sa hiérarchie, pour des dizaines de milliards d'euros de positions spéculatives, dissimulées par des opérations fictives, de faux courriels et des déclarations mensongères. Des faits qualifiés en droit d'"abus de confiance", "faux et usage et faux" et "introduction frauduleuse de données" dans le système informatique de la banque, infractions amplement constituées selon l'accusation, pas du tout selon la défense.
  
Jérôme Kerviel n'a jamais nié avoir perdu le sens des réalités, expliquant s'être retrouvé pris dans un "engrenage". Mais il affirme que ses supérieurs savaient ce qu'il faisait, ce que tous ont nié catégoriquement. Durant ce procès en appel, il s'est dit victime d'une machination. La Société Générale aurait couvert ses positions et l'aurait ensuite utilisé comme fusible pour masquer ses pertes dues aux "subprimes", les crédits hypothécaires américains à l'origine d'une crise financière mondiale en 2008.

Dans une ultime adresse à la cour, Jérôme Kerviel a dit "penser aux salariés du réseau de la Société Générale". "Je leur demande pardon, ils ont souffert d'un système auquel j'ai participé, que je n'ai pas mis en place...", a-t-il confié. "A aucun moment je n'ai menti à la justice", a-t-il conclu, ajoutant qu'il ne "baisserait jamais les bras".

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5commentaires
Signaler un abus top -SOE- le 01/07/2012 à 00h00 L'assurance vie ne permet plus de déshériter en Belgique - Toujours pas en France - en attendant AXA en aura fait dépouiller plus d'un, et ça continue .. des millions d'Euros.
Signaler un abus top Saiteski le 29/06/2012 à 08h51 Au cours des opérations financières l'argent engagé ne s'évapore pas.Quels sont ceux qui ont empoché les 4,9 milliards d'euros perdus par la Société Generale?
Signaler un abus top pamamaco le 29/06/2012 à 08h46 il n'y a vraiment aucune solidarité!! Si j'étais dans cette banque, je changerais tout de suite. C'est le seul moyen de pression.
Signaler un abus top temoin39 le 28/06/2012 à 22h43 Aucun trader n'osera dire ce qu'il pense réellement de la pression qui leur est encore aujourd'hui faite pour qu'ils fassent du résultat... à tout prix !
Il y aura d'autres Kerviel, ils sont déjà dans la nasse.
Signaler un abus top deutch67 le 28/06/2012 à 20h25 Il faut autant de temps pour se décider. Que vont faire les juges de tout ce temps?. Aller aux ordres de la finance ou de la chancellerie?.
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