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Créé le 02/06/2009 à 08h17 - Mis à jour le 02/06/2009 à 09h29

Jean-Louis Borloo / La rédaction de RTL
Le ministre de l'Ecologie, de l'Energie et du Développement rural, également ministre en charge des Transports, répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie, au lendemain de la disparition de l'Airbus A330-200 d'Air France qui s'est abîmé en mer lors d'une liaison entre Rio de Janeiro et Paris. Jean-Louis Borloo a jugé "indispensable" de "retrouver le plus vite possible" les boîtes noires de l'avion, estimant qu'"il faut vraiment succession d'événements extraordinaires pour expliquer" cette disparition. Face à "la soudaineté de l'événement", les experts "ne croient pas qu'un simple foudroiement, quelque chose relativement classique en aéronautique, aurait pu créer la perte de l'appareil", a-t-il précisé.
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Louis Borloo.
Jean-Louis Borloo : Bonjour.
Les recherches se sont poursuivies, ces dernières heures, pour tenter de retrouver des éléments matériels de l'Airbus A330 d'Air France qui a disparu, hier. Possédez-vous, Jean-Louis Borloo, ce matin, des éléments nouveaux ?
Non, à part l'information du pilote de la TAM relayée par l'Etat-major brésilien, indiquant qu'un certain nombre d'éléments de luminosité : rouges, rougeoyants ou oranges auraient été détectés sur une zone qui avait été celle qui était identifiée, dès hier soir, comme la zone probable. A partir du moment où à 4h14, on sait qu'il y a une dépressurisation extrêmement importante, quelques balistiques permettent de définir à peu près une zone à 10 mille nautiques de côté. C'est la dernière information réelle que nous avons.
Et elle n'est pas vérifiée, disons. Elle n'est pas authentifiée ?
Non, non elle n'est pas confirmée par les appréciations des avions. Vous savez qu'on a un Bréguet qui est sur zone. Il y a quatre appareils brésiliens, il y a les Américains qui en ont mis un à disposition en provenance du Salvador. On a deux navires qui sont également sur zone. Donc, pour l'instant, on cherche et on recherche... C'est absolument indispensable malgré les conditions qui sont très compliquées parce qu'on n'a pas de plateau continental à cet endroit-là. Donc, les boîtes noires seront probablement dans des profondeurs extrêmes. Il est -indispensable- pour l'avenir, non seulement pour les familles, mais même pour l'accidentologie, même pour la sécurité aérienne...
Pour comprendre. Bien sûr.
... Il est absolument vital de retrouver, le plus vite possible... Vous savez que la course contre-la-montre est engagée. Elles émettent pendant trente jours. Souvenez-vous dans le drame de Charm-El-Cheikh alors qu'il y avait une profondeur de 1.000 mètres, on connaissait parfaitement le lieu d'impact, il a fallu près de quinze jours pour retrouver les boîtes noires.
Les boîtes noires. Donc, c'est très long à retrouver évidemment. Des moyens importants sont mis en œuvre, c'est ce que vous nous dites, ce matin, Jean-Louis Borloo.
Considérables.
Donc les causes ! Evidemment, on a ce matin que des hypothèses ; mais il faut quand même parler des causes de cet accident aérien. Est-ce que vous possédez, ce matin, des informations différentes que celles que vous pouviez donner hier soir ?
Non. Ce sont les mêmes depuis 13 heures à peu près, hier.
- Information du pilote : à 3h15
- Puis envoi automatique : à 4h14. C'est l'appareil qui renvoie automatiquement des informations sur son état à la maintenance tout simplement pour pouvoir réparer au moment des escales. Donc, c'est quelque chose, au fond, d'assez classique.
- Et depuis : plus rien.
Première information : détérioration des systèmes électriques et électroniques embarqués. Puis, quelques instants plus tard, une information sur une très rapide dépressurisation ; mais aucun message de la part de l'équipage. Donc, on est sur une totale incompréhension, aujourd'hui, du phénomène. Il faut être extrêmement prudent.
Alors vous étiez, hier soir, sur France 2 au journal de 20 Heures, au côté de François Grangier, qui est un ancien pilote de ligne et un expert aéronautique reconnu. Il part du constat que le commandant de bord n'a pas envoyé de message. Et il a dit ceci, hier soir : "Ma conviction, c'est que le phénomène de destruction de l'avion a été brutal". Et dans la conversation avec David Pujadas, il n'a pas exclu une explosion. Qu'en pensez-vous ? Ou qu'en pensent les experts qui sont autour de vous, Jean-Louis Borloo ?
Ecoutez, d'abord lui est expert, Grangier. On a travaillé dès hier après midi avec le Bureau d'enquêtes-accidents, les spécialistes d'Airbus, d'Air France, etc. Ce qu'on peut imaginer, c'est une succession, un enchaînement d'événements eux-mêmes séparés ou aléatoires. Sous le mot explosion, on n'entendait pas forcément une explosion de manière sous forme de bombe ou de chose comme ça. Il peut y avoir des inflammations, des explosions de toutes natures. Ce qu'il dit simplement, à juste titre, ce que disent tous les experts, c'est de la soudaineté de l'événement. C'est-à-dire qu'il ne croit pas un simple foudroiement qui est au fond quelque chose de relativement classique en aéronautique aurait pu créer la perte de l'appareil.
C'est un appareil qui est solide. L'A330 a fait plus de 5 millions de vols, 25 millions d'heures de vol. Il n'y a eu que deux incidents ou accidents sur un Airbus, toujours pour des raisons humaines. Il n'y a jamais eu d'incidents techniques sur un Airbus. C'est une génération avec son grand frère. Il y en a plus de 1.000 aujourd'hui en vol. Celui-là précisément, l'A330, il y en a 560. On est avec un équipage expérimenté, la plus grande compagnie du monde. La maintenance est faite il y a trois semaines. Un appareil de 2005. Il faut vraiment qu'il y ait une succession d'événements extraordinaires pour pouvoir expliquer ou tenter d'expliquer cette situation.
Les spécialistes notent aussi que les balises Argos dont sont équipés les Airbus A330, aucune n'émette de signaux.
Oui. Oui, oui, absolument.
Et là aussi, c'est la même théorie : c'est-à-dire destruction très rapide de l'avion.
Alors, les balises émettent à courte distance. Il faut être sur zone pour capter, bien entendu, les balises. Alors, au départ, si vous voulez, la zone est extrêmement large, la zone de recherche. Là, j'espère qu'on va avec l'ensemble des moyens mis à disposition retrouver très, très rapidement les éléments d'information nécessaires.
Confirmez-vous, Jean-Louis Borloo, cette information du "Parisien" ce matin : la sous-direction anti-terroriste, écrit le journal, de la Police Judiciaire a été chargée d'éplucher la liste des passagers ?
Mais ça, c'est absolument classique.
Et quel est le résultat de cette liste épluchée ?
Ecoutez, ils sont en train de le faire. Mais enfin, l'ensemble des informations - le procureur, le parquet, je rappelle, est saisi. Le procureur était présent, hier, à Roissy. Donc, l'ensemble des investigations judiciaires et de toutes natures et policière et douanière sont évidemment mobilisées ...
Mais vous écartez une piste terroriste, par exemple, Jean-Louis Borloo ?
Bof ! On n'a pas à l'écarter comme ça. On a dit... Le Président a dit qu'on ne privilégiait, bien entendu, aucune hypothèse. C'est manifestement pas celle-là qui est pour l'instant retenue. Je crois que c'est relativement clair. Cela dit, notre devoir c'est de ressortir toutes les informations quelles qu'elles soient, bien entendu.
Donc, on espère avoir des informations, à quel moment ?
Ecoutez, dès qu'on les aura. Vous savez, l'océan est vaste. On a un dispositif de soutien aux familles qui est puissant. On voyait, hier, ce groupe de familles très soudées entre elles... Un espèce de sentiment de drame absolu. Et en même temps d'espoir, se raccrochant au moindre mot du Président, une femme disant : "Mais j'ai confiance en vous. Rendez-moi ma fille". Enfin, cet espèce de sentiment de la vie pour la vie qui est tout à fait extraordinaire.
Mais l'hypothèse de retrouver des survivants, évidemment...
... Elle est malheureusement très, très faible, voire inexistante à cette heure-ci.
Jean-Louis Borloo, ministre en charge des Transports, était avec nous ce matin sur RTL.
Merci Jean Michel Aphatie.
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