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Créé le 17/04/2009 à 07h50 - Mis à jour le 17/04/2009 à 09h37

Harlem Désir le 17 avril 2009 sur RTL / La rédaction de RTL
Le député européen, tête de liste PS en Ile-de-France aux élections européennes, répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Selon Harlem Désir, les socialistes français espèrent obtenir 20 ou 21 sièges lors du scrutin du 7 juin prochain.
Ecouter aussi : François Hollande tend la main à François Bayrou
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Harlem Désir.
Harlem Désir : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
François Hollande, l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste, demande à François Bayrou dans une interview à "L'Express, cette semaine, de clarifier ses positions pour voir si une alliance est possible ou pas entre le président du MoDem et le Parti socialiste. Que pensez-vous de l'initiative de François Hollande, Harlem Désir ?
D'abord, je crois que nous ne sommes pas dans un moment où se pose la question de la prochaine élection présidentielle. La question qui se pose pour les socialistes, c'est aujourd'hui d'abord de préparer les élections européennes, d'être au côté des Français qui subissent la crise, de présenter des propositions - et nous l'avons fait - notamment avec un plan de relance. Nous allons d'ailleurs à nouveau en débattre à l'Assemblée nationale parce que nous pensons que le gouvernement ne permet pas au pays de faire face à la crise, ni en termes de soutien à l'investissement et à la consommation, ni en termes d'aide à ceux qui sont confrontés au licenciement économique, au chômage, ni en termes de préparation de l'avenir et de construction d'un nouveau modèle de société, d'un nouveau modèle de croissance qui soit durable et qui soit sociale.
Finalement, votre réponse qui ne répond pas à ma question est éclairante : François Hollande pose un problème qui ne se pose pas aujourd'hui. Pourquoi le fait-il ?
Non, je crois simplement que François Hollande a voulu dire puisqu'aujourd'hui François Bayrou essaie de se présenter comme une alternative à Nicolas Sarkozy, qu'en réalité il fallait que François Bayrou fasse un choix. Nous constatons d'ailleurs que sur un certain nombre de points il a marqué des convergences avec la Gauche, comme nous il dénonce les atteintes aux libertés publiques, comme nous il dénonce le fait que la politique économique et sociale du gouvernement est injuste, en particulier sur le plan fiscal. Et d'ailleurs, il a été amené à voter la motion de censure qu'ont déposé les socialistes. Mais vous voyez bien que pour qu'existe une opposition, il faut que ce soit le Parti socialiste qui prenne des initiatives.
Pourquoi ?
Par exemple, ce n'est pas François Bayrou qui a proposé un plan de relance alternatif à la politique du gouvernement. Pourquoi ? Parce que vous vous souvenez que pendant sa campagne présidentielle, sa seule priorité - même si nous considérons nous aussi que c'est un sujet important - c'était la baisse du déficit et la baisse de la dette. Aujourd'hui, il est totalement pris de court par le fait qu'il faut, au contraire, pour relancer être capable d'injecter des fonds dans l'économie et dans le pouvoir d'achat des Français.
Vous n'êtes plus incompatible avec François Bayrou aujourd'hui ?
Non. Ce que je veux dire c'est que si François Bayrou estime que le plus grave danger pour le pays, c'est la politique menée par Nicolas Sarkozy, eh bien, il peut appeler à soutenir effectivement les propositions de la Gauche ; mais je ne crois pas aux positions ni droite, ni gauche ; et je vous fais remarquer qu'au moment de l'élection présidentielle, il aurait pu appeler au second tour à voter pour Ségolène Royal. Or, il ne l'a pas fait. Donc, François Hollande a voulu souligner et interpeller François Bayrou sur ce point, le fait qu'il y a aujourd'hui une clarification qui est nécessaire du point de vue du MoDem et de François Bayrou qui est de sortir de ce ni droite, ni gauche dans lequel il s'est placé et qui ne correspond pas à un choix réel. Si nous voulons qu'il y ait une alternative à la politique menée par le Pouvoir actuel, il faut qu'il y ait une majorité de Gauche dans les prochains scrutins et c'est ce à quoi travaille le Parti socialiste.
Vous êtes conciliant avec François Hollande, ce matin, Harlem Désir. Tout le monde ne l'est pas. A la direction du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris qui travaille avec vous au côté de Martine Aubry, dit de François Hollande dans "Le Figaro" ce matin : "Pervers pépère est de retour".
Je n'ai pas encore eu l'occasion de voir cette déclaration...
Moi je vous le dis.
Ecoutez, je crois qu'aujourd'hui, les socialistes sont rassemblés.
Non !
Si. Si, si, si ils le sont autour...
Plus divisés que rassemblés encore, non ?
Mais non, j'ai même lu dans le même journal, ce matin, que...
Ah, vous voyez vous n'avez pas tout lu dans ce journal !
Non, je n'ai pas tout lu encore...
... que comme les socialistes ont raisonnablement décidé de ne plus se préoccuper de la Présidentielle mais de se préoccuper de bâtir leur projet, c'est donc qu'ils ne pensent qu'à ça. Non, les socialistes pensent, effectivement, à leurs responsabilités qui, aujourd'hui, après des temps qui ont été difficiles où il a pu y avoir des divisions, d'être rassemblés derrière la première secrétaire Martine Aubry pour à la fois proposer une alternative à l'occasion de ces élections européennes à la politique qui a été menée par la Droite en Europe et à la politique qui est menée par la Droite en France. Cette élection doit être l'occasion de ce point de vue d'une double sanction et surtout de permettre un changement de direction en Europe ; et puis de préparer pour 2012 un projet qui sur le plan économique, social, des libertés publiques et démocratiques, propose aux Français une autre orientation que celle de la politique menée par Sarkozy et qui échoue.
Ségolène Royal, meilleure opposante à Nicolas Sarkozy, selon un sondage !
Vous voyez les sondages, très bien... Ca prouve que pour les Français les meilleurs opposants à Nicolas Sarkozy ce sont des Socialistes. Ségolène Royal a été la candidate des socialistes à la dernière élection présidentielle ; et donc, les Français l'identifient comme une des leaders de la Gauche qui, effectivement, se bat contre la politique du pouvoir, c'est une très bonne chose.
Oui, enfin... Si vous le dites ! Si c'est une très bonne chose que Ségolène Royal soit la meilleure opposante, c'est vous qui le dites, Harlem Désir.
Dans un sondage, un jour c'est une personnalité ; un autre jour, c'est une autre. En tout cas, c'est bien que les Français comprennent que l'alternative et l'opposition crédibles et utiles à Nicolas Sarkozy ce sont les socialistes.
En 2004, le Parti socialiste avait réuni, lors des élections eEuropéennes, 29% des voix et fait élire 31 députés sur 78 au Parlement européen. Quels sont vos objectifs pour cette élection, Harlem Désir ?
Mais d'abord, notre premier objectif parce qu'il s'agit d'une élection au cours de laquelle tous les Européens dans les 27 pays vont voter le même jour, c'est qu'il y ait un changement de majorité au Parlement Européen et donc que la Gauche européenne, que le Parti socialiste européen avec ses alliés puisse être majoritaire demain dans ce Parlement qui a des pouvoirs considérables, qui élit le président de la Commission européenne, qui ensuite pendant cinq ans dirige l'Europe et qui, aujourd'hui, est un Président de Droite parce que la majorité au Parlement européen est de Droite.
Et en France, quels sont vos objectifs ?
Elle est PPE, c'est-à-dire UMP européenne et libérale avec donc, pour l'instant, le MoDem qui est dans ce groupe de Droite européenne.
Quels sont vos objectifs en France, Harlem Désir ?
Nos objectifs en France ? Alors la France a perdu des sièges. Vous savez qu'elle avait 78 sièges en 2004 ; elle n'en a plus que 72, donc il y en a moins dans chacune des huit circonscriptions et c'est une élection toujours difficile. Nous, nous visons pour objectif d'avoir 20, 21 députés. Nous pensons que c'est la contribution que nous pouvons apporter mais évidemment, nous allons nous battre pour faire le plus grand score possible et apporter le plus de députés socialistes dans une future majorité de Gauche au sein du Parlement européen.
20, 21 députés, c'est l'objectif. Vous allez faire pendant cette campagne huit meetings nationaux ; et les huit meetings nationaux, a-t-on lu, seront présidés par Martine Aubry. Pourquoi s'engage-t-elle à ce point dans cette campagne ? Ce n'est pas dangereux pour elle ?
Non d'abord parce qu'elle est la leader du Parti Socialiste ; et donc, elle est la leader de la campagne qui est une campagne politique, qui est une campagne pour changer de direction en Europe.
La Droite européenne a pris une très grave responsabilité ces dernières années en affaiblissant l'Europe de détourner les Français de l'Europe, de ce bel idéal qu'est l'Europe ; et dans ce moment de crise où on voit à quel besoin, on aurait de l'Europe pour réguler les marchés financiers, pour une vraie politique de relance, pour qu'il y ait un autre modèle de société que celui du profit à court terme et du capitalisme déchaîné qui nous a menés dans la situation présente, eh bien la Droite européenne doit pour cela être sanctionnée. Et donc Martine Aubry a pris en charge cette campagne ; mais en plus de ces huit grands meetings nationaux, il y a une multitude d'autres réunions...
Et si le résultat n'est pas bon, c'est elle qui paiera la facture ?
Non. Si le résultat n'est pas bon, malheureusement ça voudrait dire que la Droite, les conservateurs, continueraient à être majoritaires en Europe. Alors si on veut autre chose que les directives Bolkestein, que les directives qui mettent en cause les services publics, les droits sociaux en Europe, il faut un changement de politique et pour ce changement de politique, il faut un changement de majorité, le 7 juin aux élections européennes.
Petite curiosité, Harlem Désir. Vous souteniez Bertrand Delanoë, lors du congrès. Il fait toujours de la politique, Bertrand Delanoë ; ou il a disparu ?
Il en fait plus que jamais, non seulement comme maire de Paris mais aussi il s'engage dans la campagne européenne ...
Ah bon !
Et lui aussi il fera un très, très grand nombre de meetings non seulement dans la région Ile-de-France, où je suis tête de liste, mais dans beaucoup d'autres régions où les candidats l'ont appelé à faire campagne à nos côtés.
Ca fait tellement longtemps qu'on ne l'a pas vu, qu'on croyait qu'il avait disparu. Mais non !
Invitez-le !
Harlem Désir était l'invité de RTL ce matin, bonne journée. Bonne journée.
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