"Petits Matins de Campagne 2", un film de Gaya Bécaud - PARTIE 4
Créé le 19/01/2012 à 20h20

Sept policiers comparaissent devant le tribunal correctionnel le 17 janvier 2012 au Palais de justice de Grasse / AFP / Valery Hache
La famille d'Hakim Ajimi a décidé de boycotter le dernier jour du procès des sept policiers impliqués dans la mort par asphyxie du jeune homme lors d'une interpellation violente en 2008. Les proches du jeune homme, choqués par les peines de prison "avec sursis" requises la veille, étaient arrivés en groupe dans la salle jeudi matin, cinq minutes après le début des plaidoiries des avocats des policiers.
"Justice nulle part, police partout !"
"Il aurait dû, mais c'est tellement facile de le dire, se laisser interpeller", a plaidé Luc Girard, avocat du policier municipal qui avait aidé à menotter aux pieds la victime et la maintenir. "On n'aurait pas dû en arriver à la mort d'Hakim Ajimi", a ajouté l'avocat.
Après dix minutes de présence, Ekram, la sœur de la victime, se lève brusquement et quitte la salle, suivie silencieusement par toute la famille et leurs sympathisants présents dans le public.
A la sortie, la douleur et la colère éclatent : "Justice nulle part, police partout !", crie la famille.
"Je n'ai pas envie d'écouter leurs mensonges. Maintenant c'est assez parce que les faits sont là, les experts ont parlé, l'autopsie a parlé, les témoins ont parlé. C'est une mascarade", a commenté calmement le père Boubaker Ajimi, qui s'est battu pendant quatre ans pour un procès.
"Le procureur veut passer pour celui qui n'accepte pas le comportement des policiers. C'est de l'irresponsabilité. A la fin, il les regarde et puis il demande des peines complètement minimes", s'est insurgé le bouillant Walid Klai, porte-parole de la famille.
Mercredi, le procureur Jean-Louis Moreau avait estimé que les policiers devaient tous être condamnés, en détaillant leurs nombreuses erreurs professionnelles. Il a recommandé des peines de prison avec sursis, allant dans un cas jusqu'à deux ans avec sursis.
Soutenue par une quarantaine de personnes, la famille est partie loin du tribunal, marcher dans les rues de Grasse derrière des banderoles demandant "Justice pour Hakim" ou disant encore "Pas de justice, pas de paix".
Joël Rosenkranz, avocat de plusieurs des prévenus, a regretté l'absence de la famille pour les plaidoyers de la défense. "Je pensais exprimer à cette famille, qui n'est pas là, le sentiment de compassion ressenti par chacun des prévenus présents", a-t-il dit.
Pas de jugement avant plusieurs semaines
Les rapports d'expertise médicale ont conclu que la mort - le 9 mai 2008 - du jeune homme de 22 ans était due à une asphyxie mécanique, résultat d'une compression thoracique et d'une clef de bras pratiquées par les policiers avec trop de force et durant trop longtemps.
Hakim Ajimi, transporté inconscient vers un véhicule de police-secours selon de nombreux témoins, est possiblement décédé lors d'un court transfert vers le commissariat réalisé dans des conditions jugées "inhumaines" par un rapport d'une commission de déontologie.
Le tribunal correctionnel de Grasse va se donner plusieurs semaines pour arrêter son jugement.
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