Barthélémy Jobert : "Laissez les universités décider si elles enseignent en anglais"

François Hollande sur RTL
Crédit : La rédaction de RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : La rédaction de RTL
Ecoutez aussi sur RTL.fr : Primaire au PS : Aubry, DSK et Royal proposeront une candidature "ensemble"
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, François Hollande.
François Hollande : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.
Qu'avez-vous aimé dans le discours de François Fillon, hier ?
Il avait de l'autorité. Il en avait perdu beaucoup dans la première partie de l'exercice de sa responsabilité. Il l'a retrouvée dans ce remaniement. En même temps, je me posais la question : un discours ; mais quel discours ?
Celui que vous avez écouté.
Je voyais un Premier ministre sans doute renforcé ; je ne voyais pas une nouvelle étape, pas plus qu'une nouvelle politique. Et puis, je me suis fait une deuxième réflexion. Je voyais bien le ton que voulait employer le Premier ministre, celui du courage, de la vérité, de la rigueur. Mais où est le courage lorsqu'il s'agit simplement d'annoncer la fin de l'Impôt Sur la Fortune ?! Où est la rigueur quand il y a 150 milliards de déficit public à la fin de l'année 2010 ?! Et où est là encore la crédibilité quand il y a eu un texte qui a été voté et qui renvoie les déficits de la Sécurité sociale - pour être honorés, pour être payés, sur non pas même nos enfants mais nos petits-enfants, c'est-à-dire au-delà de 2025 ?
2025, oui.
Il y a là comme une façon de faire sérieux alors que la politique qui est, hélas, menée depuis 2007 n'est pas sérieuse.
Pour rester sur un mot important : la rigueur. Elle s'imposera à un Président socialiste si un Président socialiste est élu en 2012 ?
La réalité, elle s'impose. Ensuite, il faut la traiter. Il faut la traiter avec rigueur, au sens...
Non, non, non...
Non, non ; mais je vais répondre à votre question, y compris avec le sous-entendu...
Est-ce que la rigueur, c'est-à-dire la diminution des dépenses publiques... Donc, on diminue les dépenses publiques, on augmente les impôts ?
Réduire les déficits est une obligation économique, financière, sociale. On ne peut pas accepter l'idée que l'Emprunt doit servir à payer nos dépenses de fonctionnement.
La rigueur pour tous : ce sera une campagne Zéro promesse ?
La justice pour tous...
;.. La rigueur pour tous.
L'espoir pour tous... Et la réalité prise en compte pour tous.
Voyez, François Hollande, même vous, le mot "rigueur" vous avez du mal à le prononcer !
Non, non parce que le mot "rigueur"...
C'est terrible !
Non, moi ça ne me gêne pas, je vous l'ai dit.
Si, si, si, ça vous gêne.
Non, non, je vois bien le ton sur lequel que vous voulez qu'on engage cette conversation. Je vous ai dit des choses qui sont la réalité. Je ne suis pas là pour annoncer une politique de rigueur ; je suis là pour dire qu'il va falloir prendre les réalités en face et qu'il va falloir réduire les déficits, créer de la compétitivité et avoir la justice au coeur de tous nos choix. Ce qui manque, aujourd'hui, ce qui pêche dans l'action gouvernementale et présidentielle, c'est l'égalité, la justice et même la perspective de long terme.
On ne fait pas une rigueur simplement pour réduire des déficits, on fait une rigueur pour assurer à la génération qui vient, à la Jeunesse, toute sa place dans notre pays.
A quoi ça sert que François Hollande se fatigue ? Vous voulez être désigné candidat à l'élection présidentielle par les sympathisants socialistes ; mais au Parti socialiste, c'est un peu comme dans le commerce, il y a une entente entre les gros producteurs. Ecoutez Martine Aubry, hier soir, sur France 2 : "Nous avons déjà dit que nous réfléchissons ensemble, comme Ségolène a dit qu'elle souhaitait aussi réfléchir avec nous ; et donc, nous proposerons une candidature véritablement ensemble, c'est-à-dire pas l'un contre l'autre ou l'une contre l'autre, en l'occurrence". Entente au sommet ; c'est réglé.
Mais vous pouvez toujours avoir des pactes, ça existe. Vous pouvez toujours avoir des arrangements, des ententes...
Un pacte entre Strauss Kahn - Aubry - Royal, ça pèse lourd au Parti socialiste !
Ca pèse ce que le candidat pèsera. Il y en aura qu'un de ce pacte...
Oui, mais ce n'est pas fait...
... De cet arrangement...
Si les trois s'entendent, vous n'avez plus de place, vous ?
Mais, la place c'est celle que donnera le corps électoral qui sera appelé à faire le choix et la désignation du candidat.
Ca vous est indifférent ce que dit...
Et si... Moi je ne suis pas là pour me déterminer par rapport à tel ou tel ou à tel ou tel pacte. Je suis là pour dire : est-ce que, moi, j'ai une place non pas dans la primaire mais une place dans le pays pour défendre des options et des choix.
Mais quand vous entendez ça, sérieusement vous vous dites que vos chances sont réduites ?
Mais je me dis qu'il y aura moins de candidats que prévu. Est-ce si mal ?
Eh bien, oui, pour vous.
Pourquoi ?
Parce que...
S'il n'y en a qu'un, je serais peut-être celui-là.
Si trois personnalités populaires s'entendent, difficile de trouver sa place pour vous ?
Mais ce qu'il faut s'occuper de la popularité des autres ...
Ca ne vous choque pas ?
Je pense qu'il faut s'occuper de sa propre popularité.
Vous n'évitez pas, ce matin, François Hollande sur RTL, de dire ce que vous pensez...
Mais je dis ce que je pense...
... Après les propos de Martine Aubry ?
... C'est-à-dire que des pactes, ça vaut pour ceux qui les signent, éventuellement les respectent ; ça ne vaut pas pour ceux qui n'en sont pas. Et moi je ne pense pas qu'il faille prendre le corps électoral - en l'occurrence, celui des primaires - comme simplement un corps électoral de ratification. Il y aura des choix. Il y aura des personnalités. De toute manière ! Et donc faut-il encore s'y préparer...
Je vais vous faire une deuxième observation : une élection présidentielle, ce n'est pas un arrangement. On ne se dit pas qu'on va être candidat parce qu'on aura mené tel ou tel négociation ou compromis.
C'est ce que dit Martine Aubry.
Je pense qu'une élection présidentielle - si on veut bien la préparer - c'est une compréhension, d'abord de son propre pays...
Et une volonté de le représenter !
... Une volonté. Une volonté de porter un projet et une capacité de pouvoir traiter les questions difficiles que vous avez évoquées au début de cet entretien qui nous attendent.
Vous avez la volonté, François Hollande, et je voudrais vous soumettre cette phrase de Dominique Strauss-Kahn au magazine allemand "Stern" prononcée le 18 novembre dernier : "Je vais aller jusqu'au terme de mon mandat de directeur général du FMI ; et ce terme, précise-t-il, c'est 2012". Ca veut dire qu'il ne sera pas candidat ?
Mais moi je ne suis pas là pour commenter les propos...
C'est vrai !
... Des uns ou des autres.
D'accord.
Je suis là pour vous dire que moi, je n'ai pas d'autre calendrier que celui qui sera choisi par le Parti Socialiste pour me présenter.
Une question plus personnelle, François Hollande, pour terminer.Vous avez récemment évoqué votre vie privée dans le magazine "Gala". Et vous avez parlé notamment de la femme qui partage aujourd'hui votre vie, qui s'appelle Valérie Trierweiler, qui est journaliste à "Paris Match" et aussi à Direct 8, où elle a la responsabilité d'une émission politique. Puisque ceci vous concerne, comment réagissez-vous à la suspension d'antenne décidée par la chaîne i-Télé à l'encontre d'Audrey Pulvar -par ailleurs, compagne d'Arnaud Montebourg- ?
Les journalistes doivent être jugés par rapport à leur rigueur professionnelle, à leur qualité d'indépendance qui s'entend à l'antenne, se voit à l'écran ou se lit dans les journaux. Ils ne peuvent pas être jugés sur leurs relations conjugales.
Et la relation conjugale ne peut pas compliquer le travail ?
C'est à celui ou celle qui est dans cette situation d'avoir cette responsabilité. Et donc, il n'y a pas de procès d'intention à faire comme il n'y a pas de procès d'intimité.
Et donc, il y a dans le cas d'Audrey Pulvar, un procès d'intention ?
Je pense qu'il y a eu procès d'intention. Oui.
Donc, vous regrettez cette mesure ?
Moi je pense que ce n'était pas, en tout cas, la bonne réaction à faire et au moment où elle a été faite.
François Hollande qui a un calendrier...
Vincent Parizot : On a bien compris et qui va jusqu'en 2012, ce calendrier !
... - qui ne veut pas commenter les ententes sur le marché -, était l'invité de RTL ce matin.
Non, parce que moi, je suis pour la concurrence. La vraie ! libre et non faussée.
Libérale.
Vous êtes Libéral !Ah !!!
Libéral ! ce matin, François Hollande.
Non, non, je suis socialiste.
L'interview commence maintenant, allez bonne journée !!!
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