Les Dossiers de RTL.fr - Obama : l'investiture
ETATS-UNIS

FOG revient sur la relation Sarkozy-Obama

Créé le 06/11/2008 à 07h07 - Mis à jour le 06/11/2008 à 09h54

Franz-Olivier Giesbert

Franz-Olivier Giesbert / La rédaction de RTL

La classe politique française a salué avec une belle unanimité, la victoire d'Obama. Est-ce que c'était toujours sincère ? La chronique de Franz-Olivier Giesbert. Il arrive que nos politiciens soient sincères, et en l'espèce ils le sont. Faisons leur au moins ce crédit. Ceux qui, à gauche ou à droite, aiment l'Amérique, ne peuvent qu'être heureux de l'élection d'Obama. S'il y en a qui pestent, ce sont les anti-Américains professionnels, qui prolifèrent à l'extrême gauche et à l'extrême droite, sur le terreau du populisme et de la xénophobie. Pensez, Obama, le métis atomique donne une image bien trop attrayante de ce pays qu'ils abominent. Pour un peu il ferait croire au retour du rêve américain. Bref, cette élection n'était pas un grand jour, ni pour Le Pen, ni pour Besancenot.

Tout de même, ce n'était pas plus un grand jour pour la gauche que pour la droite ?

Tout le monde essaie de le récupérer Obama, et c'est de bonne guerre. Mais s'il fallait lui donner une place sur l'échiquier politique français, je crois qu'il serait trop droitier pour le PS, et trop à gauche pour l'UMP. Il n'est pas facile de le classer. C'est un Chrétien, partisan de la peine de mort, un dirigiste qui aime l'économie de marché, et un esprit social adulé par Wall Street.
En fait, le nouveau président américain est de "drauche" avec un hémisphère du cerveau qui pense à droite, et un autre à gauche. Je le verrais bien au MoDem de François Bayrou. Selon le "Canard Enchaîné", accusé par ses adversaires républicains d'être socialiste, il a demandé en rigolant à un petit groupe de Français, lundi dernier, en Floride : "Des socialistes vous en avez, c'est grave comme maladie ?"

De "drauche" ou de "groite"... Obama président, c'est une bonne nouvelle pour Nicolas Sarkozy.

C'est une bonne nouvelle pour tous les dirigeants qui veulent nous sortir de l'actuel désastre financier. Les deux hommes sont fait pour se comprendre. Deux anciens avocats, tous deux de sang mêlé pour reprendre la célèbre expression de Nicolas Sarkozy à son sujet, ils ont eu chacun un père étranger et absent. Pour le reste, ce sont deux pragmatiques qui en ces temps chahutés, veulent renforcer la main de l'Etat, et qui sont en phase avec Gordon Brown le premier ministre britannique, social-libéral passé nationalisateur de banques, qui a fait un parcours impressionnant pendant la crise. Voilà donc la troïka qui va s'atteler à réparer, à repenser, à relancer le système financier du monde : Obama, Sarkozy, Brown.

Justement, Barack Obama, il ne va pas éclipser Nicolas Sarkozy sur la scène internationale ?

C'est l'évidence. Nicolas Sarkozy ne peut être président à vie de l'Union européenne. Il a exercé cette fonction avec un brio qui lui a valu les éloges de la presse internationale, notamment parce qu'il a su profiter de l'absence sidérale des Etats Unis au cours des derniers mois. Il va falloir s'habituer désormais à ne plus avoir à la Maison Blanche, une potiche neurasthénique comme le fut George Bush en bout de course, à la fin de son second mandat. Avec Barack, America is back, l'Amérique est de retour.

La France sera condamnée à se pousser un peu pour lui faire de la place sur la banquette. Normal quand notre pays représente, ne l'oubliez jamais, qu'un petit 0,92% de la population mondiale.
A quelques proches, Nicolas Sarkozy disait il n'y a pas si longtemps : "si John McCain est élu, je pourrais continuer à exister, mais si c'est Barack Obama, ce sera plus dur, ce sera lui le tôlier du monde". Fin de citation.

Nicolas Sarkozy a eu le temps de se préparer. Il parait qu'il prévoyait depuis plusieurs semaines déjà, l'élection de Barack Obama.

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