
Des militaires de Saint-Cyr lors d'un défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées
Crédit : AFP / ArchivesCrédit : Mathieu Delahousse
Pierre Schydlowski, un élève de Saint-Cyr sélectionné pour suivre un cursus franco-allemand en Allemagne, a été violé en juin 2011 dans une boîte de nuit de Munich, un traumatisme qui l'a empêché de se présenter aux examens de fin d'année qui se tenaient "quinze jours plus tard", a expliqué lundi son avocat, Me Eric Morain.
Rapatrié, le jeune homme a comparu en juillet 2011 devant le conseil de discipline de l'école, qui l'a exclu de son cursus de Saint-Cyr, selon l'avocat. La décision a ensuite été confirmée par le ministère de la Défense en 2012.
Pierre Schydlowski est ensuite réaffecté "en contrat de bilan" aux Ecoles du matériel de Bourges, "où il compte les cahiers et les crayons", a expliqué Me Morain, pour lequel l'objectif de cette décision est "de briser ses rêves" pour qu'il quitte l'armée de lui-même.
Le jeune homme, dont l'homosexualité était déjà connue de la hiérarchie directe avant ce viol, avait par ailleurs écopé de 20 jours d'arrêt en 2010, après une agression homophobe dont il avait été victime à Munich, alors qu'il sortait d'un bar avec son ami, a également affirmé Me Eric Morain. "Il s'était défendu et le parquet a finalement classé l'affaire comme 'coups réciproques'", a expliqué Me Morain.
Le Sirpa Terre a pour sa part indiqué à l'AFP que "les seuls motifs d'expulsion" du jeune militaire "sont des résultats académiques insuffisants, des absences répétées en cours, et pas seulement aux examens, et un comportement atypique datant de 2010 qui ne permettait pas de maintenir un lien de confiance entre l'élève et le professeur", sans vouloir donner de précisions supplémentaires sur la nature du "comportement atypique".
Le tribunal administratif de Rennes, où le jeune homme est domicilié, devrait se prononcer dans un délai d'environ un an, selon Me Morain, qui a également indiqué qu'une instruction criminelle, relative aux faits de viol dont a été victime le jeune homme en Allemagne, était en cours à Rennes.
Le procureur de la République de Rennes, Thierry Pocquet du Haut-Jussé, a confirmé à l'AFP que "cette affaire est bien en cours à l'instruction".
"Le dossier a été ouvert en fin d'année dernière sur plainte avec constitution de partie civile de M. Schydlowski", a précisé le magistrat.
(Avec AFP)
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