Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 06/02/2008 à 07h45 - Mis à jour le 06/02/2008 à 11h28

Alain Duhamel / La rédaction de RTL
C'était hier le "Super mardi" américain, le jour le plus important de la campagne des primaires présidentielles, puisque la moitié des Etats sont concernés. Pour vous, en attendant les résultats définitifs, c'est la tentation de la rupture qui s'affirme ? La chronique d'Alain Duhamel.
C'est même le triomphe de la rupture. D'abord, c'est le triomphe de la rupture
vis à vis de George Bush, puisque les trois principaux candidats, les deux
Démocrates et le Républicain, tous les trois se définissent contre George
W.Bush, contre ses valeurs, contre ses méthodes, contre son style, et contre sa
politique.
Et puis ensuite, parce que chacun des trois incarne une
personnalité originale, non conformiste, et foncièrement différente de celle de
George W.Bush. C'est évident en ce qui concerne les deux Démocrates. Hillary
Clinton est une femme, Barack Obama est un homme de couleur, comme on dit aux
Etats Unis, on n'a jamais vu ça à ce stade de la campagne. Ce sera un des deux
qui sera le candidat ou la candidate démocrate. Dans les deux cas, ce sera
évidemment une première.
Alors Hillary Clinton, on peut dire, c'est une
washingtonienne, elle a été à la Maison Blanche comme première dame pendant huit
ans, elle est expérimentée, c'est une professionnelle, il n'empêche elle s'est
toujours définie évidemment contre Bush. Et même elle se présente comme la
revanche des Clinton contre Bush. Et puis c'est une femme.
Quant à Obama,
on voit très bien qu'avec son style, son charisme, avec cette énergie formidable
qu'il a, cette volonté de rassemblement, il intéresse les plus jeunes, en tout
cas il est le contre-pied de Bush.
Quant à John McCain, le candidat
républicain, c'est un original, c'est même quelqu'un dont on attend toujours
dans le camp républicain, les déclarations avec un peu d'inquiétude, parce qu'il
est connu pour son non conformisme et pour sa façon de dire les choses comme il
les pense. C'est un ancien vétéran glorieux du Vietnam, c'est le contraire de
George W.Bush, il a passé son temps à prendre des positions opposées aux
siennes. Il y a vraiment dans les deux camps, volonté de
rupture.
* Est-ce que vous oseriez une comparaison avec la campagne
présidentielle française ?
J'oserais tout à fait, parce que
c'est exactement ce qui s'est passé en France. Les trois principaux candidats,
c'est à dire Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, se présentaient
également tous les trois comme des candidats de rupture.
L'originalité de
Nicolas Sarkozy, il était le premier dans ce cas depuis Valéry Giscard
d'Estaing, mais avec beaucoup plus de force et de détermination dans le langage,
c'était de récuser l'héritage de la droite tel qu'il existait, de s'y opposer,
de marquer sa différence.
Mais Ségolène Royal, c'était une femme, une
femme qui n'aimait pas son parti, qui prenait ses distances, qui avait son
style, qui choisissait la démocratie d'opinion, c'était une transgression
vivante, et sa forme de charisme un peu religieux, était aussi une forme de
transgression.
Quant à François Bayrou, un centriste granitique, persuadé
qu'il est prédestiné pour l'élection présidentielle, et qui en permanence, se
comporte comme un procureur dans la campagne, contre tout ce qui est puissant.
Il faut reconnaître qu'on n'a pas vu souvent des centristes de ce
genre.
* Quelle fut la campagne présidentielle la plus dure : la
française ou l'américaine ?
Il n'y a absolument pas photo. La
campagne américaine est bien plus dure, bien plus longue, bien plus exigeante,
et s'il fallait prendre un seul exemple : en France, ce sont les grands
candidats qui imposent leurs formules aux télévisions ; aux Etats-Unis, ce sont
les télévisions qui imposent leurs formules aux grands candidats. Et ça fait une
drôle de différence.
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