La "TVA sociale" permettra-t-elle de créer des emplois ? : François Baroin, ministre de l'Economie, débat avec les auditeurs de RTL
Créé le 24/12/2008 à 07h50 - Mis à jour le 24/12/2008 à 09h53

Charles Pasqua / DR
L'ancien ministre de l'Intérieur et ami de Jean-Charles Marchiani, Charles Pasqua, était mercredi matin "l'invité de RTL". Interrogé par Alba Ventura, il est notamment revenu sur la grâce partielle de Jean-Charles Marchiani par Nicolas Sarkozy. "Regardons les services rendus, les risques encourus, le courage dont il a fait et les résultats qu'il a obtenu dans la libération des otages. Le reste ne me regarde pas" a-t-il expliqué.
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Bonjour Charles Pasqua
Bonjour
Vous êtes en ligne avec nous depuis la Tunisie, alors votre ancien bras droit Jean Charles Marchiani condamné pour corruption sortira bientôt de prison; il vient de bénéficier d'une grâce présidentielle partielle. C'est un détenu méritant Jean Charles Marchiani ?
Ecoutez moi je ne sais pas comment on peut qualifier tout cela.. Regardons les services rendus; regardons les risques encourus, le courage dont il a fait preuve et le résultat qu'il a obtenu dans la libération des otages. Tout le reste ne me concerne pas. J'ajouterais qu'il s'agit, comme vous l'avez dit vous-même au début de l'émission, d'une grâce partielle.
On se demande quand même Charles Pasqua pourquoi comme ça 27 détenus qui bénéficient de cette grâce; je vous dis ça parce que on entend dire que cette grâce, finalement, elle a été concoctée spécialement pour lui, pour Jean Charles Marchiani.
Oui alors ça je crois, je ne pense pas que cela corresponde à la réalité. Je rappelle d'abord que le président de la république, lorsqu'il a pris ses fonctions, a décidé qu'il n'y aurait d'amnistie générale. Vous vous en souvenez probablement
Oui
contrairement à ses prédécesseurs qui à l'occasion du 14 juillet, ou de la fin de l'année, procédaient à un véritable train de grâce ou de remise de peine pour désengorger les prisons. Le président de la république avait dit qu'il n'irait pas dans cette voie. Mais dans le même temps il n'a jamais dit qu'il abandonnerait ou qu'il n'userait pas de son droit.
Mais vous trouvez pas ça un peu bizarre qu'il y ait ce lot de 27 détenus méritants parmi lesquels figure Jean Charles Marchiani ?
Et qu'est-ce qu'on dirait s'il n'y en avait qu'un seul et que ce soit Jean Charles Marchiani. Le président de la république a été conduit à examiner un certain nombre de dossiers qui lui ont été remis par le ministère de la justice, que entre temps et auparavant il y ait eu un certain nombre d'interventions, notamment de ceux qui ont bénéficié de l'action de Jean Charles Marchiani autrefois; ceux qui étaient otages, auprès du chef de l'état. C'est évident. Et que le président de la république ait décidé d'en tenir compte, il n'y a là rien d'extraordinaire.
Charles Pasqua, est-ce que vous avez aidé votre ami à sortir de prison ?
Si vous entendez par là le fait que j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec le président de la république du cas de Jean Charles Marchiani, la réponse est oui.
On vous a souvent vu à l'Elysée d'ailleurs ces dernières semaines
Souvent n'exagérons pas. Je suis allé à l'Elysée chaque fois que le président de la république a souhaité me voir.
Alors vous savez Charles Pasqua, les socialistes rappellent vos relations. Jean Charles Marchiani est votre meilleur ami; vous, vous êtes le parrain politique de Nicolas Sarkozy et son prédécesseur au Conseil Général des Hauts de Seine. Alors voilà, Marchiani, Pasqua, Sarkozy, tout ça c'est le même monde ?
Ecoutez je trouve vraiment, il faut vraiment qu'il n'y ait rien à se mettre sous la dent à l'heure actuelle et que les socialistes soient à court d'imagination et à court de qualité de réaction par rapport à la situation politique pour en être rendus là. C'est assez médiocre comme argument.
Il dit aussi c'est la république des copains, le fait du prince; sous entendu c'est plus facile de s'appeler Jean Charles Marchiani que par exemple Julien Coupat; vous savez que hier au même moment on a appris que Jean Charles Marchiani bénéficiait de cette grâce et Julien Coupat, lui, a été maintenu en détention pour sabotages à la SNCF.
Ecoutez d'abord ceux qui critiquent devraient se souvenir que la justice est indépendante. Qu'est-ce qui se passerait si on avait décidé sans tenir compte de l'avis des magistrats de libérer tel ou tel. Il y aurait une véritable levée de bouclier. En ce qui concerne la grâce de Marchiani, elle a suivi une procédure normale. Elle a été examinée à la chancellerie; les magistrats ont eu un mot à dire. S'ils s'y étaient opposés elle n'aurait pas été obtenue. Quant à la personne à laquelle vous faites allusion, Monsieur Coupat je crois, moi j'ignore la réalité du dossier. Est-ce qu'il est coupable des faits qui lui ont été reprochés. La justice semble en être persuadée puisqu'elle a refusé sa mise en liberté. Alors on va maintenant se mettre à discuter de toutes les décisions de la justice.
Mais ça peut choquer quand même cette grâce; le député socialiste Arnaud Montebourg dit que dans l'affaire Tapie, Tapie qui a aussi rallié Monsieur Sarkozy, il s'est passé exactement la même chose.
Ecoutez je pense que Monsieur Montebourg a plus de qualités que celles qu'il démontre à l'heure actuelle. Parce que franchement n'avoir que ce type d'arguments à opposer à l'action du gouvernement et du président de la république, je trouve ça assez médiocre à vrai dire. Voilà. Il faut que les socialistes se ressaisissent. Et qu'ils s'opposent au gouvernement puisqu'ils sont dans l'opposition. Et au président de la république mais qu'ils choisissent des sujets dignes de ce nom.
Je vous demandais tout à l'heure si ce genre de grâce pouvait choquer; qu'est-ce que vous en pensez ?
Ca peut toujours choquer quelques personnes. C'est possible; je crois que l'immense majorité des français se souvient probablement de ce que Marchiani à l'époque a risqué sa vie et voilà. Et je crois que c'est ce qui a pesé dans la balance.
C'est un homme à plusieurs facettes, Jean Charles Marchiani; vous disiez l'homme qui a libéré les otages; cet homme flamboyant. Il y a aussi l'affairiste; vous le connaissez celui-ci l'homme de l'ombre ?
Ca ça ne me concerne pas. Moi je ne connais de Marchiani que l'homme courageux qui a agi conformément aux instructions qu'il avait reçues puisque c'est moi qui au nom du gouvernement, l'avait chargé de cette tache et qui lui ait fait une entière confiance pour obtenir la libération des otages. Ce qui a été fait. Il a risqué sa vie; ça s'est parfaitement exact. Le reste c'est un autre problème.
Mais l'homme à qui l'on reproche d'avoir touché des commissions ou d'avoir approché des milieux ...
... je n'en sais rien moi; comment voulez-vous que je réponde à cette question. Les juges ont examiné les choses, ils ont pris une décision. Je vais pas aujourd'hui me substituer à la justice. Ca n'est pas mon rôle. Je garde à Marchiani mon estime et ma confiance. Point final et je me souviens de ce qu'il a fait de bien. Pour le reste, la justice a eu son mot à dire, elle l'a fait. Le président a décidé . Pour moi point final.
Charles Pasqua dernière question : Jean Charles Marchiani c'est votre ami jusque devant la justice puisque vous êtes tous les deux jugés dans l'affaire de "l'Angolagate". Vous avez toujours dit que c'était un mauvais procès, qu'est-ce que vous craignez au fond ?
Moi je ne crains rien du tout. Ce que je constate c'est qu'il a fallu beaucoup d'imagination pour arriver à me coller dans cette affaire de l'Angolagate où je n'ai strictement rien à voir. Et je pense que la façon dont le procès se déroule à l'heure actuelle est en train de le démontrer. Mais nous verrons bien à la fin ce qu'il en sortira.
Merci beaucoup Charles Pasqua, vous étiez en ligne avec nous depuis la Tunisie.
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