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Cécile Duflot : "Pas d'accord formel avec le PS, mais les difficultés sont levées"

Créé le 16/03/2010 à 09h41 - Mis à jour le 16/03/2010 à 10h27

Cécile Duflot sur RTL le 16 mars 2010

Cécile Duflot sur RTL le 16 mars 2010 / La rédaction de RTL

La secrétaire nationale des Verts répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mardi matin. Il n'y a pas encore d'accord "formalisé" entre le Parti socialiste et Europe-Ecologie sur la formation de listes communes pour le second tour des Régionales, mais "les difficultés" sont levées "dans la quasi totalité des régions", a déclaré Cécile Duflot, visiblement confiante. VOIR NOTRE DOSSIER SPECIAL "REGIONALES 2010"


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Cécile Duflot.

Cécile Duflot : Bonjour

Y a-t-il ou pas un accord national entre les écologistes et les socialistes en vue du deuxième tour des élections régionales ?

Il n'y a pas formellement un accord mais il y a, on va dire, l'aboutissement du travail en commun qui a permis de lever les difficultés dans la quasi totalité des régions.

Qu'est-ce qui bloque ? Où ça bloque ?

Alors, il y a une situation où ça ne bloque pas. Il y a une situation où le président de région de la Bretagne a refusé de discuter avec la liste d'Europe-Ecologie et que nos amis d'Europe-Ecologie ont appris qu'il avait fait réimprimer par l'imprimeur, enfin indirectement, qu'il avait fait réimprimer ses bulletins pour le deuxième tour. Donc, il y aura une triangulaire en Bretagne.

D'accord. Mais alors, ailleurs, est-ce que ça bloque ailleurs, les négociations ? On dit, l'Ile-de-France, par exemple, il n'y a pas d'accord. C'est vrai ?

Non, mais les choses sont en très bonne voie et devraient aboutir d'ici la fin de la matinée dans de très bonnes conditions.

Donc, accord partout, hors Bretagne ?

Voilà, enfin ce n'est pas formalisé...

Donc, au plan national, alors !

Ce n'est pas formalisé, mais les choses ont beaucoup avancé depuis hier soir. Non, non, ça se passe très bien.

C'est miraculeux. En Ile-de-France, vous étiez pour un "Pass Navigo" à tarif unique, Jean-Paul Huchon ne le voulait pas. Qui a gagné ?

Ce n'est pas une question de "qui a gagné ?"

Ah si !

Vous verrez le résultat de cette discussion. On a discuté sur le fond. Moi je trouve ça intéressant.

Oui, je trouve ça intéressant mais qui a gagné ?

Vous verrez le résultat de la discussion tout à l'heure.

La Corse, Aquitaine. Marie Bové disait à propos d'une ligne à grande vitesse qui doit relier Bordeaux à l'Espagne : "Nous faisons de l'abandon de cette ligne un point dur de la négociation". Donc, la ligne est-elle abandonnée ?

C'est vrai. Là pour le coup, l'accord est acté en Aquitaine à ma connaissance - l'accord partagé - et qu'il y aura des études complémentaires qui seront réalisées et qu'il y aura une liberté de vote des uns et des autres sur ce sujet.

"Liberté de vote".Provence-Alpes Côte d'Azur, il y a un projet Iter, projet expérimental de fusion thermonucléaire. Le Conseil régional socialiste, dirigé par Michel Vauzelle, participe au financement d'Iter. Les Verts ne souhaitent pas que ce financement se poursuive. Qui a gagné ?

Alors, il n'y aura de nouveau financement et que pour le financement déjà acté, l'accord qui avait été passé de la contribution d'un euro pour un euro, est passé à deux euros en faveur des énergies renouvelables sur le financement déjà décidé pour Iter. C'est un compromis. Je ne vais pas vous dire que c'est très satisfaisant.

Je vous pose toutes ces questions parce qu'au fond, vous disiez vous-même, dimanche soir : "Nous serons exigeants sur le fond". Et on aboutit à des accords assez politiciens, quoi. On trouve des accommodements parce qu'il faut à tout prix être ensemble...

C'est marrant, parce que vous aviez déjà pensé à cette phrase. Vous avez entendu ce que je vous ai dit ?

Je vous ai dit...

"J'avais déjà pensé à cette phrase", c'est-à-dire ?

Oui, ce que je veux dire c'est que sur la question de la LGV, par exemple, de dire : il y aura des études complémentaires...

... les lignes à grande vitesse.

Voilà... Il y aura des études complémentaires. Il n'y a pas de décision prise et chacun votera en conscience, ça veut dire qu'il n'y a pas eu de ralliement à une position ni de l'un ni de l'autre. C'est-à-dire que quand on est vraiment en désaccord, ce n'est pas politicien de constater qu'on passe un compromis sur un certain nombre de points et que sur ce point-là, on acte qu'il n'y a pas de compromis avéré autre que le fait de relancer des études complémentaires. Ce qui n'est pas inintéressant parce que ça veut dire justement...

Pendant la campagne électorale, les "cologistes disaient : "Nous faisons de l'abandon de cette ligne un point dur de la négociation".

Exactement. C'en était un.

Un point aboli, si je puis dire.

Non, c'était un point dur de la négociation. Ensuite, la négociation a abouti. On n'a jamais dans une négociation tout ce qu'on veut, ni l'un, ni l'autre.

On ne va pas vous reprocher d'être politiciens dans cet accord ?

On nous reproche... On peut nous reprocher de faire un compromis mais moi, je trouve ça sain démocratiquement. Et je vous ai toujours dit : les électeurs ont tranché. Ils ont voté au premier tour. Il y a un résultat ; sur la base de ce résultat, on passe un compromis qui nous permet de gérer ensemble d'acter certaines divergences, on ne va pas se mettre d'accord sur des sujets sur lesquels on est effectivement totalement en désaccord mais par exemple, sur la question de l'Ile-de-France et des transports en Ile-de-France, on a trouvé les voies d'un vrai projet partagé ; j'en suis très contente.

Un auditeur d'RTL à 7h40 dit qu'il a voté pour Europe-Ecologie au premier tour, mais qu'il ne votera pas au second tour - Europe-Ecologie/socialistes - parce qu'il est contre l'alliance avec le Parti socialiste.Pensez-vous que dans votre électorat, il y a beaucoup d'électeurs comme ça qui, parce que vous êtes alliés avec les socialistes, ne seront pas au rendez-vous, dimanche prochain ?

Ah  je peux comprendre ça ; en même temps, ce dont je voudrais le convaincre - mais je voudrais qu'il le fasse lui-même - c'est de lire le projet qui est le résultat justement de notre discussion et de voir à quel point je suis certaine que le projet que nous allons partager ensemble avec les socialistes mais avec d'autres, sera capable de mettre en mouvement beaucoup des propositions d'Europe-Ecologie dans la mandature qui vient.

Mais pensez-vous qu'il y a beaucoup d'électeurs comme ça - vos électeurs - qui sont rebutés par une alliance avec le Parti socialiste ?

Vous savez, parfois on pose la question : est-ce que vous ne croyez pas que vous auriez plus d'électeurs en étant dès le premier tour, alliés avec le Parti socialiste ? C'est compliqué, c'est une situation compliquée, c'est aussi pour nous, écologistes, un chemin qui est de faire émerger une force politique différente, une troisième voie : l'écologie politique. C'est un temps long. Et ça passe aussi par la capacité de montrer notre crédibilité sur la gestion y compris sur des dossiers difficiles.

Donc, accord national, on peut le dire au vu de ce que vous nous dites ce matin : beaucoup de compromis trouvés ; donc, on peut dire qu'il y a un accord avec le Parti socialiste ?

Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y aura un accord dans toutes les régions, sauf en Bretagne, du fait des socialistes.
  
Que conseillez-vous, Cécile Duflot, de faire aux électeurs d'Europe-Ecologie au deuxième tour des élections régionales en Languedoc-Roussillon ?

Je suis la position de mes camarades de la région qui ont dit que les électeurs étaient grands et se détermineraient, qui connaissaient nos positions sur les uns et sur les autres, notre opposition résolue aux candidats de Droite et aussi nos désaccords profonds avec - et la politique - et le discours - et la manière d'agir de Georges Frêche.

Ce n'est pas très clair ?

Non...

Ce n'est pas très clair.

Mais non, mais c'est la situation la plus...

Je ne sais pas : il faut s'abstenir. Il faut voter "blanc", il faut voter "Frêche", qu'est-ce qu'il faut faire ?

Non, je pense que les choses sont claires. C'est une situation...

Si vous y étiez, qu'est-ce que vous feriez ?

Eh bien, je serais bien embêtée ! Voilà. Vous voulez que je vous réponde franchement et je vais vous la dire...

Faire de la politique, c'est décider. C'est décider de positions... On ne peut pas dire : "Ah, je suis bien embêtée !"

Oui, mais à un moment, quand on est... Mais si, on peut le dire parce que c'est la vérité ; ou sinon, vous allez me dire que je fais de la langue de bois. Bien sûr que la situation du Languedoc-Roussillon avec aucune possibilité d'alternative de Gauche à Georges Frêche, c'est la pire des situations. Ah, c'est une réalité, voilà.

Vous voteriez Georges Frêche, vous ?

Moi, personnellement ...

Oui ?

(Long silence)... Voilà.

Bon, eh bien voilà, chacun a compris. Bon !On parle déjà d'un appel que lancerait Daniel Cohn-Bendit après le second tour des élections régionales. On n'a pas bien compris de quoi il s'agit. Vous savez, vous ?

Pas tout à fait, mais...

(Rire)

Mais c'est normal, c'est Dany.

Ah bon, ah "c'est normal, c'est Dany" ! D'accord.

Mais ce que je crois, de toute  façon, c'est que ce qui s'est passé pendant ces élections régionales, c'est intéressant d'ailleurs parce qu'on n'est pas grisé.

Non, mais c'est ce qui va se passer, je vous le demande ?

Oui, mais on n'est pas grisé comme au lendemain des Européennes, il faut le dire. On est encouragé, en revanche, à continuer. Et encouragés à continuer sur deux éléments essentiels :
- D'abord, ce projet politique avec des solutions nouvelles qui est celui de l'écologie ;
- Et ensuite, la dynamique du rassemblement, c'est-à-dire de travailler ensemble et de créer justement les conditions d'une réussite avec des gens différents. Et c'est ces deux éléments qui sont pour moi essentiels ; et en tout cas, mon rôle à moi, (ce que je peux vous dire, je peux vous répondre sur ce que moi j'ai fait) moi je vais continuer à contribuer, à faire en sorte que ce rassemblement se poursuive et s'élargisse.

Le prochain grand rendez-vous en France sera l'élection présidentielle de 2012. Europe-Ecologie doit-elle impérativement avoir un candidat lors de cette élection ?

On ne doit jamais impérativement, rien du tout.

J'enlève "impérativement". Europe-Ecologie doit-elle avoir un candidat ?

Vous voyez qu'ont peut négocier même avec Jean-Michel Aphatie.

Oui, je ne sais pas si on va trouver un accord ! mais elle aura un candidat ou pas ?

C'est politicien. On doit impérativement réfléchir.

(Rire)

Il n'y a pas... Oui, il n'y a pas de truc magique. Pour cette Présidentielle, dans la situation de notre pays, avec moi je le dis quand même, avec le niveau d'abstentions de cette élection, tous les partis politiques - ça vaut pour nous, ça vaut pour nous qui essayons justement de montrer aux électeurs et aux électrices qu'il existe une autre voie ; on est prié de réfléchir et d'être intelligent. Et moi, personnellement, Cécile Duflot, y compris  en tant que secrétaire nationale des Verts, je n'ai pas ni la vérité, ni la science infuse sur la stratégie à choisir pour 2012. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'on a l'obligation de réfléchir - voilà - et de travailler.

Bon, allez ! Cécile Duflot, qui a l'obligation de réfléchir - nous aussi, remarquez ! -  était l'invitée de RTL ce matin. Bonne journée.


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