Dr Frédéric Saldmann : "La grasse matinée porte bien son nom"

Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts,sur RTL le 10 décembre 2010
Crédit : RTLCrédit : Jean-Michel Aphatie
Crédit : RTL
Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Cécile Duflot.
Cécile Duflot : Bonjour
On cherche un responsable, ce matin, à la pagaille de mercredi, en Ile-de-France.
a) - Le gouvernement qui n'a rien anticipé.
b) - Météo France qui n'a rien prévu.
c) - Les automobilistes qui ont abandonné leur voiture sur les routes.
D'après vous, Cécile Duflot ?
En tout cas, de dire que c'est un scandale qu'il neige au mois de décembre, c'est un peu étrange quand même.
Personne ne l'a dit !
Non, mais en fait, c'est ça le problème. Je m'imaginais un Québecois regardant les informations françaises et les soirées spéciales sur la neige et les problèmes que ça provoque. Je pense qu'il y a eu une association de faits qui ont conduit à ce qu'effectivement, ce soit vraiment la pagaille et profondément la pagaille.
Météo France qui n'a rien vu venir ?
Vous savez, Météo France, ce n'est pas une science exacte la météorologie. Donc, on ne peut pas incriminer Météo France, c'est quand même un peu gonflé.
Brice Hortefeux, on peut l'incriminer ?
Oui, il est un peu gonflé. Voilà.
Ah c'est Fillon qui a mis Météo France en cause ; mais Brice Hortefeux...
Il a dit qu'il n'y avait pas de problèmes. Quand on dit ça, et qu'on entend ça à la radio, quand on est coincé sur la route depuis cinq heures, ça rend un peu... encore plus agacé, voilà. En même temps, ce n'est pas dramatique. Il n'y a pas de drame dans cette histoire. Il faut juste se rendre compte quand il neige, il faut un peu anticiper et puis, peut-être il faut apprendre à conduire quand il neige, parce que c'est un peu compliqué.
Ah oui ! Vous savez conduire vous, paraît-il, sur la neige ?
Non, non, mais mon père m'a appris ; mais ce n'est pas très... C'est un peu anecdotique... Mais c'est vrai que c'est particulier.
Mais vous savez conduire sur la neige ?
Oui, j'ai appris, mais je ne conduis pas beaucoup. Moi j'étais dans le RER qui fonctionnait très bien.
Voilà, j'allais vous demander si vous aviez été bloquée dans les bouchons ? Non ! Vous avez pris le métro. Vous avez tout fait bien comme il faut. Donc...
Non, non, non, je suis tombée sur la neige comme plein de gens. Mais c'est quand même un peu anecdotique cet épisode.
C'est la brouille chez les Ecologistes français. La fusion des Verts et des amis de Daniel Cohn-Bendit ont donné naissance, il y a un mois, à Lyon à un nouveau parti, Europe Ecologie - Les Verts. Vous dirigez ce parti, Cécile Duflot. Et vous deviez le diriger avec un proche de Nicolas Hulot, Jean-Paul Besset, qui a claqué la porte, cette semaine. Il a écrit une lettre pas salée. On ne peut pas la citer entièrement. Ca vaudrait le coup ! Il parle de "règlements de compte", de "délice du déchirement", d'"obsession purificatrice", de "procès en sorcellerie qui saturent à nouveau l'espace politique au point de rendre l'air interne de ce nouveau parti, irrespirable et le travail politique secondaire". C'est violent ?
Oui. C'est très violent.
Il a raison ?
Il a en partie raison, et en partie, tort. Il a, en partie, raison parce que c'est vrai que ce n'est pas facile. En même temps, ce qu'on a créé qui est une réalité, c'est-à-dire la fusion de beaucoup d'histoires dans un moment très particulier à Lyon, avec 2.000 personnes, ce n'est pas facile. Donc, c'est évident que ça ne va pas sans difficultés. En même temps pour moi qui viens d'un temps où pour les écologistes, c'était encore plus difficile, je relativise. Et puis, je sais aussi qu'on a devant nous des tâches encore plus importantes, sans doute encore plus difficiles et qu'il faut être capable de dépasser ces difficultés internes, même si des fois, elles existent.
On connaît depuis longtemps l'histoire chahutée des Verts ; et on s'est rendu compte depuis longtemps que les objectifs politiques que vous poursuivez, paraissent toujours mineurs par rapport aux querelles d'appareil...
Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai.
... Et ça n'a pas l'air de cesser ?
Ce n'est pas vrai. Je pense que ça fait longtemps qu'on est sorti de cette histoire et je pense que c'est aussi comme ça que je vis mon rôle, moi. Donc, je ne cache pas que parfois, humainement c'est difficile, et Jean-Paul l'a vécu humainement difficilement et je ne vais pas le critiquer pour ça.
En même temps, je pense qu'il faut justement jamais qu'on perde de vue l'essentiel. Et je vais m'employer à faire en sorte que ce que je sais de milliers de militants qui ont envie qu'on avance et de millions d'électeurs pour qui on représente un espoir, ne soient pas déçus. C'est ça ma ligne de conduite.
Demain, conseil fédéral à Paris de ce nouveau parti Europe Ecologie - Les Verts. Ca ne va pas être des règlements de compte ?
Eh bien, vous verrez. Je ne crois pas. Je suis confiante ; mais je suis très contente finalement que ça se passe dans un cadre collectif comme ça, chacun prendra ses responsabilités. Moi j'ai pris les miennes.
Vous venez de parler, Cécile Duflot, des millions d'électeurs qui attendent effectivement des écologistes sans doute un message clair et un peu plus d'unité. Et on est obligé de noter dans ce contexte, le silence total de celle qui veut, justement, représenter l'écologie dans l'élection présidentielle. C'est Eva Joly.
Dès qu'il y a une actualité, dès qu'il se passe quelque chose, Eva Joly, on la cherche, on ne la trouve pas. Ce n'est pas un problème ?
Non. D'abord, Eva Joly...
On ne l'a pas entendu de toute la semaine.
Oui, mais elle n'a pas à se mêler de nos problèmes internes.
Elle va vous représenter quand même à l'élection présidentielle ?
C'est un exercice que pas grand monde me conteste que d'être là quand il faut effectivement commenter les difficultés. Le rôle d'Eva Joly, en ce moment, c'est de faire ce qu'elle fait depuis déjà plusieurs semaines, de s'immerger, de travailler, d'être avec beaucoup de gens. Elle est, en ce moment, aux Etats-Unis, et c'est ça qui est important. C'est qu'on soit justement capable d'être complémentaire, tous, ceux qui travaillent sur le projet, ceux qui font fonctionner la boutique et mettent en marche une organisation qui doit être justement à la hauteur de l'enjeu de la Présidentielle de 2012 parce que ce n'est pas seulement avoir une candidate ou un candidat, c'est montrer que le projet des écologistes c'est le vrai projet concurrentiel et intéressant et qui répond à la crise ; c'est ça notre travail. Et vous avez raison, nos histoires internes sont secondaires et il faut aussi qu'on ne perde pas de vue le cap et je crois qu'Eva Joly ne le perd pas.
On se dit finalement - mais, c'est votre problème, ce n'est pas le nôtre - que, par exemple, Nicolas Hulot ferait sans doute un excellent candidat et sans doute a-t-il plus de présence aujourd'hui dans le débat politique qu'Eva Joly ?
Ah, Nicolas Hulot, ça fait un an qu'il a dit, lui, par exemple, qu'il voulait se mettre de côté du débat médiatique et réfléchir et travailler ; et je pense qu'il a parfaitement raison.
Et puis, il n'a pas exclu d'être candidat à l'élection présidentielle, récemment ?
Non mais vous savez, enfin il faut résoudre les questions quand elles se posent ; et on ne va pas penser que c'est une difficulté parce qu'il y a beaucoup de personnalités qui ont envie de s'engager pour l'écologie politique. Moi ce qui me semble très important, et c'est là où vous avez raison, c'est que parfois ce n'est pas facile, c'est qu'on soit capable d'incarner aussi la politique de manière collective, et donc d'être tous ensemble au service de ce projet, de ne pas tomber dans la présidentialisation et la personnalisation excessives. Voilà.
Donc, on essaie de le faire et je pense qu'on va y arriver et que donc, il y ait le maximum de personnes très compétentes, très identifiées avec des histoires différentes qui travaillent ensemble et qui tirent dans le même sens, c'est très bien.
Daniel Cohn-Bendit joue le jeu ou il met de l'huile sur le feu, d'après vous ?
Daniel Cohn-Bendit, c'est Daniel Cohn-Bendit...
Et alors !
Donc, sa manière de jouer le jeu, c'est d'être...
De mettre de l'huile sur le feu (rire).
C'est d'être celui qui met du sel quand ça ne va pas bien... Et puis, qui aussi a une capacité d'invention, d'inventivité de décaler les lignes prodigieuse, voilà ce sont ces immenses qualités.
Et pendant ce temps-là, Cécile Duflot, la conférence de Cancun sur le réchauffement climatique se termine aujourd'hui, peut-être avec un accord à minima et en tout cas, dans l'indifférence générale !
Ca, c'est vrai. Et en même temps, dans un climat plus constructif que ce qu'on avait vêcu à Copenhague où à Copenhague, c'était la concurrence des chefs d'Etat qui voulaient jouer à : "Le plus important, c'est moi" ; mais qui finalement, effectivement, ont tout fait rater. Donc, on n'est pas très optimiste sur ce qui se passe à Cancun, pas très optimiste sur le rôle de la France au sein de l'Union Européenne qui est beaucoup en retrait, ces derniers temps, et qui ne participe pas de l'avancée que peuvent être les positions que portent l'Espagne, le Danemark ou d'autres pays de l'Union européenne, ou l'Allemagne. Donc ça, c'est vraiment très dommage.
Mais ce qui est très important, et c'est pour ça qu'on fait le lien avec ce qu'on disait avant, c'est que je pense que quand il y aura des dirigeants de pays qui seront des écologistes, ça changera les choses dans ces négociations sur ces questions-là, de ceux qui voudront justement porter des solutions nouvelles et pas jouer au poker avec l'avenir de la planète.
On parle beaucoup de Marine Le Pen, ces jours-ci. Une percée de Marine Le Pen. Vous avez une opinion sur la femme publique, Marine Le Pen ?
Oui, j'ai une opinion : c'est qu'il ne faudrait pas croire que parce qu'on met de la layette autour d'une grenade, ce n'est pas toujours une grenade à l'intérieur. Et le projet du Front national, le projet de Marine Le Pen, c'est un projet qui est un projet destructeur parce qu'il fragilise notre pays, parce qu'il fragilise les liens sociaux, parce qu'il est un projet de haine tout simplement.
Marine Le Pen, Eva Joly, Cécile Duflot, Ségolène Royal, Martine Aubry, c'est le temps des Femmes !
Ah !!
Ah ! vous n'y avez pas pensé à celle-là !!!
Ca fait quand même quelques milliers d'années qu'on l'attend. Donc, finalement ...
Allez, le temps des femmes est arrivé, Vincent !
Vincent Parizot : Tant mieux.
Le temps des hommes, espérons qu'il n'est pas fini non plus !
Bonne journée.
Merci beaucoup Jean-Michel Aphatie et madame Duflot. On apprend que vous êtes quand même plus à l'aise, en voiture sur la neige, qu'à pied...
Ah, voyez ce qu'il a retenu !...
Oui, il est malin !...
Publicité
Soyez le premier à réagir à cet article !
Publicité
10/04/2013 - 09h48
10/04/2013 - 09h47
10/04/2013 - 09h36
10/04/2013 - 09h34
Publicité
Publicité
Afin d’assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr et pour tous les blogs.