Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière : "Comment l'engagement sur les retraites va-t-il être respecté ?"
Créé le 11/08/2008 à 08h37 - Mis à jour le 27/08/2008 à 14h31

Bernard Kouchner, dans les studios de RTL / capture rtl.fr
Le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, est l'invité de RTL. Interrogé par Elisabeth Martichoux, il est revenu sur le conflit aux portes de l'Europe, en Ossétie du Sud, entre la Géorgie et la Russie. "C'est la guerre des morts et des mortiers. Et notre mission est d'essayer de faire la paix selon un plan simple : une cessation des hostilités immédiate et inconditionnelle, avec un accès aux victimes, avec la promesse signée de ne plus user de force et aussi le retrait des troupes". A la question sur la condamnation des bombardements, "Je ne suis pas là pour condamner, je suis là pour proposer un arrêt des hostilités".
Le ministre des Affaires Etrangères bonjour...
Bonjour
Merci d'être en ligne donc de Tbilissi, la capitale georgienne, où vous êtes arrivé hier soir avec un plan de paix en poche à présenter, vous l'avez d'ailleurs déjà vu au président Sakachvili,on va en parler... Qu'est ce qui vous a frappé ? Quelle atmosphère à Tbilissi, alors qu'on annonce des bombardements dans la banlieue de la capitale georgienne au moment où vous arrivez en homme de paix d'ailleurs...
Oui, c'est assez contrasté comme on dit... Mais enfin Tbilissi, la ville elle même, regorge de lumière, et n'a pas été très directement attaquée... La ville est survolée parfois par quelques avions, cette nuit il y a eu un bombardement d'un objectif militaire à coté de la ville... Mais Tbilissi, ou hier il y a une manifestation importante de plusieurs dizaines de milliers de personnes, pour soutenir le président Sakachvili, Tbilissi vit certainement dans l'angoisse, mais a l'air de vivre normalement
Vous parlez de contraste... et justement j'insiste... le fait que vous arriviez en médiateur de paix et que les russes n'hésitent pas néanmoins à bombarder à quelques kilomètres de là ou vous vous trouvez... en mission... Est ce que là aussi il n'y a pas quelque chose quand même de frappant et excusez moi du terme, comme comité d'accueil, on fait mieux...
Non, l'expérience m'a appris que au contraire, lorsqu'il y a des missions de paix, c'est à ce moment là qu'on redouble d'effort pour gagner des positions... C'est hélas très classique... Et puis je ne suis pas sur que tout ce qu'on nous dit ici à Tbilissi soit exact. Il faut controler à chaque fois. et nous allons tenter de le faire aujourd'hui. Mais il y a certainement eu beaucoup de victimes civiles et de bombardements, ca ca n'est pas douteux. Et puis hier, le président Sakachvili nous a décrit ce qu'il avait vu dans la ville Tsakvini ou il semble qu'il y ait beaucoup de dégats. On dit aussi que la ville de Gory qui est sur la route de Tbilissi, serait attaquée, mais maintenant on vient de le dementir.
C'est la guerre des mots, c'est la guerre des chiffres
Pas seulement helas de la guerre des mots. C'est la guerre aussi des bombardements et des mortiers. Il faut vérifier tout ça. Et notre mission n'est pas seulement de faire ca.. Notre mission est d'essayer de faire la paix selon un plan assez simple avec une cessation des hostilités immédiate et inconditionnelle avec un accès aux victimes pour l'aide humanitaire, avec la promesse signée de ne plus user de force, avec aussi le retrait de toutes les forces armées sur des positions qui étaient des positions avant le 6 aout et puis il y aura bien sur la nécessaire médiation politique dans laquelle, nous l'esperons puisque le président Sarkozy a passé toute sa journée hier en échange et en discussion avec en particulier le président Medvedev. Nous espérons que l'union européenne et l'OSCE qui est avec moi avec le ministre Alexander Stub, que ces deux institutions pourront etre acceptées pour controler le cessez le feu.
Alors justement à propos de cessez le feu.. Mais avant cela il faut qu'il y en ait un cessez le feu... Les georgiens annoncaient hier en début d'après midi qu'ils se retiraient. Est ce qu'ils l'ont fait ? Parce que les russes disent que non, qu'ils sont toujours présents en Ossetie du sud.
C'est toujours comme ca mme, évidemment... L'un dit qu'il l'a fait, l'autre le dément.
C'est pourquoi le rôle des controleurs, des moniteurs, comme on dit, est important. C'est pourquoi nous devons convaincre nos partenaires européens de participer à cela.
Dans quel état d'esprit avez vous trouvé le président Sakachvili ?
qui a quand même été dominé militairement extrémement rapidement. Est ce qu'il est défait militairement ? Dans quel état le trouvez vous ?
Ecoutez nous l'avons trouvé déterminé à faire la paix. Il est évidemment, lorsqu'il raconte ce drame, il y a des choses qu'il ne comprend pas il dit que tout ca était préparé, de l'autre coté on le dit. et donc nous ne pouvons pas nous arreter à la distribution des étiquettes morales. Il faut que la paix revienne pour les populations civiles soient protégées. C'est la seule chose, et de ce point de vue, le président Sakachvili a accepté à peu près toutes les propositions qu'on lui faisait...
Tres bien. A propos d'étiquette morale, je crois comprendre ce que vous voulez dire. Est ce que vous condamnez bernard kouchner, ce matin, les bombardements russes qui sont tout à fait hors de l'ossetie du sud, et qui ne répondent pas notamment à une légitime défense. Il ne s'agit pas de défendre les ossètes du sud là, qui seraient attaqué par les georgiens. est ce que vous condamnez ces bombardements.
Je n'ai pas besoin de condamner. Condamner serait me disposer à ne pas étre écouté ni par l'un des côtés ni par l'autre. Je condamnerais plus tard ou je ferai le bilan plus tard. Je ne suis pas là pour condamner, je suis là pour proposer une solution pour l'arrêt des hostilités. Encore une fois, il faut les controler. Et puis on en dit beaucoup d'un coté et puis on en dit beaucoup de l'autre. Ce que je sais, d'après ce que disent les russes, ce sont des objectifs militaires, et ce que je sais aussi, c'est qu'il n'y a pas eu que des objectifs militaires, il y a eu aussi hélas, des objectifs en tout cas des dégats parmi les civils...
Pour bien qu'on comprenne la situation encore une fois, les américains disent que le ton monte entre Washington et la Russie. en particulier cette nuit. Dick Chesnay est même monté en ligne, en première ligne, ce qui dramatise la réaction américaine... Est ce que encore une fois, il n'y a pas un abus d'ingérence pour reprendre un terme... un abus d'ingérence des russes en Géorgie ?
Il y a un abus d'ingérence dites vous, moi je pense qu'il n'y a pas assez d'ingérence tournée vers la paix, qu'au contraire cette notion de responsabilité de protéger que la france a créée et qui a été appliquée avec succès, en particulier dans les Balkans, ne l'est pas assez ici, et il faut que tout l'effort de la communauté internationale, mais surtout de l'union européenne.. Vous parlez des américains, évidemment, ils sont part du conflit d'une certaine façon, mais pourquoi la présence et la force de l'union européenne doit être soulignées... je ne pense pas que les américains s'engageront plus. bien sur il faut les faire participer au processus de paix. et ce processus de paix il doit être initié et il est en train d'être initié par le président Sarkozy, à la président de l'union européenne et par votre serviteur...
Entre réagir plus durement et risquer une nouvelle guerre froide... et se laisser imposer la puissance russe, est ce qu'il y a une autre voie ?
Mais mme, je ne veux plus de ce vocabulaire. C'est plus la guerre froide. Voilà deux pays démocratiques ou en tout cas retournés à la démocratie qui s'affrontent. C'est pas la guerre froide. Ce vieux vocabulaire, ces oppositions il faut les dépasser, sinon nous n'arriverons à rien, et je pense que c'est l'union européenne qui doit les dépasser, c'est pourquoi elle doit s'affirmer non seulement dans une défense européenne que la France réclame, bien entendu dans une défense européenne, mais aussi dans les toutes conséquences à tirer de l'énergie que nous consommons qu'une position qui pourrait etre commune à toute l'Europe etc...
C'est le temps de l'Europe et malheureusement, elle va lentement cette Europe...
Et c'est vous qui l'incarnez aujourd'hui à Tbilissi, merci d'être avec nous...
Ca va passer vous savez, ca dure 5 mois la présidence...
Mais est ce que... Nicolas Sarkozy, donc on l'a appris hier soir, va à Moscou cette semaine, vous y partez vous même cet après midi. Vous allez vous croiser ?
Nous allons nous compléter... Je suis à la disposition du président de la république... Mais je crois que nous appliquons la même politique...
Pourquoi y va-t-il, lui aussi, à Moscou ?
Pour tenter de finaliser toutes ces démarches que nous faisons autour d'un document qui serait accepté par tous les deux...
C'est la même démarche... Moi je suis à la disposition bien sur et en contact permanent avec le pdt de la république..
Vous allez rencontrer le président Medvedev ?
Eh bien, c'est prévu... Maintenant si le président Sarkozy vient demain, comme je le comprends, ça va être affirmé ou infirmé dans la journée, j'attendrai peut-etre le président Sarkozy pour le faire...
En tout cas j'ai des rendez vous à Moscou, et je vais m'y tenir pour le moment...
Dernière question pour vous titiller... vous savez que vos camarades socialistes vont encore glauser sur ce pdt qui veut tout faire tout seul. sans vous laisser le champ libre.
Ecoutez, alors ça franchement, la glause de mes camarades socialistes sera importante, et j'y suis toujours très attentif, le jour ou ils auront des propositions à faire c'est toujours comme ca dans les missions de paix... il y a une part de hasard, d'incertitude, de contradiction, tout le monde s'y met, c'est toujours comme ça... ce qui compte, c'est le résultat...
De toute façon s'ils découvrent seulement que j'ai été 10 ans le ministre de Francois Mitterrand, je sais aussi comment se comportent les présidents... En général, c'est eux qui décident...
Ils ont la mémoire un peu courte...
Merci Bernard Kouchner
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