SOCIAL

Avec la fin de la trêve hivernale mardi, l'angoisse des familles grandit...

Créé le 14/03/2010 à 08h12 - Mis à jour le 14/03/2010 à 11h03

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de ménages en difficulté menacés d'expulsion bénéficient de quatre mois et demi de répit

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de ménages en difficulté menacés d'expulsion bénéficient de quatre mois et demi de répit / AFP/J.Demarthon

Après quatre mois et demi de trêve hivernale, les expulsions locatives peuvent reprendre dans toute la France à partir de mardi 6h. Avant cette échéance, plus dizaines d'associations ont appelé à manifester samedi, comme tous les ans, dans plusieurs villes de France, dont Paris, pour exiger l'arrêt des expulsions. Inquiètes, les associations d'aide aux plus démunis rappellent que quelque 100.000 résiliations de bail sont prononcées chaque année par les tribunaux, et demandent un moratoire au gouvernement, surtout dans le contexte actuel de crise.
  
Le comité de suivi de la loi sur le Droit au logement opposable (DALO), qui regroupe associations et parlementaires, a réclamé vendredi l'arrêt des expulsions des personnes ayant déposé un recours dans le cadre de cette loi et considérées comme prioritaires, tant qu'une proposition de relogement ne leur a pas été faite.
  
Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de ménages en difficulté menacés d'expulsion bénéficient de quatre mois et demi de répit avec la suspension des expulsions durant les mois les plus froids, entre le 1er novembre et le 15 mars inclus.
  
Seuls les squatters entrés par effraction dans les locaux qu'ils occupent, les ménages dont le relogement est assuré ou les occupants d'immeubles visés par un arrêté de péril ne sont pas concernés par cette disposition.
 
Dans un communiqué commun, ces associations d'aide aux plus démunis -dont la Fondation Abbé Pierre, Emmaus et la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS)- estiment que les dépenses des ménages consacrées au logement "atteignent un record historique", avec en moyenne 25% du budget par ménage, chiffre qui atteint 40% "pour les plus modestes".
  
"Plus de 105.000 ménages ont vu leur bail locatif résilié par une décision de justice", s'alarme de son côté la Fondation Abbé Pierre qui s'appuie sur les chiffres de 2008 du ministère de la Justice, "soit une progression de 47% sur les dix dernières années". Par ailleurs, le taux d'accord du concours des forces de l'ordre par les préfets pour effectuer les expulsions a bondi de "84% en dix ans", précise l'association.
  
Et pour la Fondation, "l'année 2010 risque d'être catastrophique car elle survient dans un contexte de très forte crise économique et sociale dont les conséquences sont malheureusement prévisibles", avec 500.000 ménages déjà en situation d'impayés avant la crise.

La Fondation Abbé Pierre a lancé, le 1er juin dernier, une plateforme téléphonique nationale, "Allo Prévention Expulsion", accessible tous les après midi au 0 810 001 505 (du lundi au vendredi de 14h à 16h30) pour aider les personnes qui risquent d'être expulsées.

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