Crédit : Patrick Isson
Crédit : Patrick Téjéro
Crédit : Christophe Ponzio
"Pas pour l'argent, mais uniquement par convictions
religieuses"
La prise d'otages aura duré environ sept heures tendues, dans un
quartier de la Côte pavée toujours sous le choc de l'affaire Merah. C'est à quelques centaines de mètres seulement du lieu où Mohamed
Merah est mort le 22 mars que les faits se sont déroulés dans une agence
de l'avenue Camille-Pujol toute proche du centre-ville.
L'individu, Fethi Boumaza, est entré dans la banque vers
10H00, et a demandé de l'argent aux employés avec insistance, a-t-on
appris de source policière. Il n'a pas été pris au sérieux et a sorti
son arme, selon les premiers éléments d'enquête. Il a alors tiré un coup
de feu. Selon le procureur de Toulouse Michel Valet, le preneur d'otages
affirmait agir non pas pour l'argent, mais uniquement par convictions
religieuses. Il s'est réclamé d'Al-Qaïda, selon des sources policières.
Les syndicats de police étaient initialement sceptiques sur les
déclarations du preneur d'otages, se réclamant d'Al Qaïda, bien qu'il
ait réclamé la présence du Raid, qui avait tué Mohamed Merah. Mais le
procureur de la République, Michel Valet, avait relayé en milieu
d'après-midi le "message" de l'homme retranché. "Le preneur d'otages
tient à faire savoir qu'il n'agit pas du tout pour de l'argent, que ses
motivations sont religieuses et nous rapportons ce message auquel il
tient beaucoup", avait-il dit à la presse.
En fait, c'est un schizophrène en rupture de traitement, a indiqué une source proche de Toulouse.
"Il a la rage !"
Sa soeur, jointe au téléphone par l'AFP, a déclaré que son "frère avait
la rage". "Mon frère, qui a 26 ans, avait été placé à la Ddass quand il
était petit, a la rage et a peur du monde extérieur", a-t-elle dit avant
de se rendre sur place pour tenter une médiation.
Prévenue par l'AFP de la présence de son frère dans l'agence
bancaire, elle l'a alors appelé sur son portable. "Il n'avait pas l'air
d'avoir peur et il avait l'air bien", a-t-elle assuré. "Il n'est pas très religieux", a-t-elle expliqué. "Nous sommes sortis en boîte, nous avons bu de
l'alcool", a-t-elle dit. Selon elle, il travaille dans le "bâtiment".
Le beau-frère du preneur d'otages explique, sur RTL, être
"étonné de ce qui se passe". "C'est pas quelqu'un de méchant ou de
menaçant. C'est quelqu'un d'un peu naïf. L'idée ne vient certainement
pas de lui. Il a dû se faire manipuler dans un moment de faiblesse".
"Rupture de soins"
Présenté comme un schizophrène par une source proche du dossier, Fethi Boumaza, "était en rupture de soins depuis des mois et des mois vis-à-vis de l'hôpital Marchant", selon une source médicale toulousaine.
Ne souhaitant pas préciser la pathologie dont est atteint le jeune homme, cette source a ajouté qu'il pouvait s'agir "de soins librement consentis ou bien de soins sans consentement". Mais, a précisé cette source, cette seconde hypothèse est la moins vraisemblable car "en cas de rupture de soins non consentis, on ne laisse pas les gens dans la nature".
"Si le traitement est interrompu, on agit en fonction de la pathologie". En cas de simple névrose ou de déprime, les médecins n'insistent pas. En revanche, "pour des pathologies plus sérieuses - type psychotiques - on relance, on écrit, on téléphone...", dit cette source.
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10/04/2013 - 09h48
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