
Les parents et le frère d'Imad Ibn Ziaten lui rendent hommage lors d'une marche silencieuse le 24 mars 2012 à Sotteville-lès-Rouen
Crédit : AFP/Archives, Charly TriballeauUne première discussion qui a déçu la famille
La famille d'Imad Ibn Ziaten, le premier des militaires tués par Mohamed Merah en mars dernier à Toulouse, en appelle à François Hollande pour que l'Etat reconnaisse que le sous-officier est mort pour la France.
Reçus par une conseillère du ministre de la Défense, qui n'a pas accepté la présence
de leur avocat selon eux, le père, la mère et le frère du parachutiste
tué le 11 mars ont déclaré à leur sortie être "déçus que l'on ne prenne
pas en compte les circonstances de la mort" de leur parent.
"Pas une réunion décisionnelle" selon le ministère de la Défense
Au titre du préjudice moral, le ministère de la Défense a proposé une
somme d'argent en compensation mais la famille exige avant tout "une
reconnaissance".
Et l'Etat lui refuse toujours, selon elle, une aide pour une
sépulture au Maroc ainsi que "la Légion d'honneur à titre posthume pour
les soldats qui sont morts pour la France".
A ce stade, l'Etat n'a fait que des propositions et rien n'est décidé,
a-t-on indiqué au ministère de la Défense, en décrivant la réception de
la famille d'Imad Ibn-Ziaten, pendant trois heures, comme "une première
prise de contact". "Ce n'était pas une réunion décisionnelle", dit-on du côté du ministère de la Défense.
Le ministre Jean-Yves Le Drian a chargé sa conseillère sociale d'une
"mise à plat du dossier" et "toutes les familles (des militaires
victimes de Merah, ndlr) vont être reçues", a-t-on ajouté, et concernant
M. Ibn-Ziaten, "le ministre comprend la volonté de reconnaissance de la
famille".
Il y a quelques jours, cette famille a reçu un courrier daté du 24
avril, signé par l'ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, reconnaissant qu'Imad
Ibn-Ziaten était "mort en service". Mais pour ses proches, le militaire
est bien "mort pour la France".
Le versement du capital-décès d'Imad Ibn Ziaten refusé
Dans le Parisien, samedi, Latifa Ibn Ziaten, la mère du soldat, explique que le président Nicolas Sarkozy avait promis de prendre en charge les dépenses liées à l'inhumation de son fils au Maroc.
"Mais pratiquement rien n'a été fait, si ce n'est le paiement d'un billet d'avion pour les intimes. Sur place, c'est le roi du Maroc qui a tout pris en charge", dit-elle.
Latifa Ibn Ziaten s'étonne également du refus du versement du capital-décès de son fils. "Le ministère a dit que nos revenus étaient trop importants, bien qu'ils soient modestes, pour que nous y ayons droit."
Selon elle, l'Etat s'en tient à des "considérations comptables" alors que son fils a servi la France.
Selon la famille, les propos de Mohamed Merah certifient qu'Imad Ibn-Ziaten a été tué en tant que militaire
Le maréchal des logis-chef Imad Ibn-Ziaten, 30 ans, qui appartenait au
1er Régiment du train parachutiste (RTP) de Francazal, près de Toulouse,
a été la première des sept victimes de Mohamed Merah. Il a été abattu
par ce dernier le 11 mars d'une balle dans la tête tirée à bout portant à
Toulouse.
Selon sa famille, les juges chargés de l'enquête, qui ont reçu les proches des victimes le 14 mai, ont rapporté que Mohamed Merah a dit lors de l'agression: "T'es militaire? Est-ce que t'es militaire ? - Oui, répond Imad, je suis militaire. - Tu tues mes frères, moi je te tue".
Pour ses proches, le maréchal des logis-chef a donc bien été tué en sa qualité de militaire.
Une association en mémoire du militaire
Sa famille, qui a demandé à être reçue par le président de la République François Hollande, a par ailleurs décidé de fonder une association pour la mémoire d'Ibn-Ziaten.
L'Imad Association pour la Jeunesse et la Paix, qui sera officiellement lancée à Rouen le 16 juin, a pour objectif de "travailler autour de l'éducation des jeunes en difficulté", ont dit Hamid Ibn-Ziaten et sa mère Latifa qui dirige l'association.
"Il faut que sa mort serve à quelque chose pour aider les populations en difficulté. Merah s'est construit et radicalisé en prison, on aimerait intégrer le milieu carcéral pour éviter ces dérives sectaires", a souhaité Hamid Ibn-Ziaten. "On ne veut pas que l'on fasse d'amalgame entre Merah, l'islam radical et l'islam de la paix", a-t-il dit.
(avec dépêches)
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