Les Dossiers de RTL.fr - Retour sur "l'affaire Kerviel"

Affaire Kerviel : l'ex-PDG de la Société Générale dément toute "théorie du complot"

Jérôme Kerviel à son arrivée au palais de justice de Paris, le 4 juin 2012, pour son procès en appel, au côté de son avocat David Koubbi

Jérôme Kerviel à son arrivée au palais de justice de Paris, le 4 juin 2012, pour son procès en appel, au côté de son avocat David Koubbi

Crédit : AFP / Martin Bureau

"Les bras m'en sont tombés quand j'ai vu la théorie du complot", a déclaré Daniel Bouton, 62 ans, qui s'est présenté à la cour comme "consultant indépendant dans le domaine des services financiers". "C'est n'importe quoi!", a-t-il lâché. L'ancien PDG de la Société Générale, entendu comme témoin jeudi au procès en appel de Jérôme Kerviel, a fermement démenti tout complot contre l'ancien trader, qu'il a qualifié de "dissimulateur épouvantable".

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Daniel Bouton a balayé cette hypothèse avec virulence devant la cour

Crédit : Mathieu Delahousse

La thèse du complot

La thèse de la machination, selon laquelle l'affaire Kerviel aurait permis à la Société Générale de masquer ses pertes dans la crise des crédits hypothécaires américains "subprimes" en 2008, est devenue le fil conducteur du procès en appel de l'ancien trader.

En première instance, Jérôme Kerviel a été condamné à trois ans de prison ferme et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts pour avoir causé début 2008 une perte du même montant, après avoir pris sur les marchés financiers des positions spéculatives de plusieurs dizaines de milliards d'euros, à l'insu de ses chefs selon la banque.

Kerviel affirme que ses supérieurs l'ont sciemment laissé prendre ces positions démesurées parce qu'il était "couvert" par ailleurs par la banque, qui n'attendait que le moment opportun pour lui faire porter le chapeau des pertes des subprimes.

"Je ne comprends pas le raisonnement"

Plusieurs témoins de la défense sont venus au procès appuyer cette thèse, qu'ils n'ont toutefois pas démontrée. Cette théorie n'a aucune "crédibilité", a estimé Daniel Bouton. D'abord, a-t-il dit, "je ne comprends pas le raisonnement: "je fais un trou pour cacher un autre trou"". Pour lui, par ailleurs, avec cette vision de l'affaire, "nous sommes au même niveau que quand on dit que les images des avions qui rentrent dans les tours (du World Trade Center, le 11 septembre 2001) sont des images fausses". Et en plus, "c'est idiot", a-t-il dit, au vu de l'organisation de "la chaîne des opérations sur les taux et sur les dérivés actions" de la banque. 

Lorsque la "fraude" de Jérôme Kerviel est découverte, en janvier 2008, "le monde s'écroule", avait auparavant raconté en préambule l'ancien PDG de la banque. Quand il apparaît que le trader a pris pour 50 milliards d'euros de positions spéculatives, "le ciel nous tombe sur la tête", a-t-il poursuivi, racontant comment la banque s'était alors trouvée en danger de "mort". Il s'agissait d'un "risque létal", a-t-il répété.

Or, il s'est avéré que Jérôme Kerviel, alors qu'il était en voie d'être démasqué, n'avait toujours rien dit à sa hiérarchie qui cherchait à identifier les anomalies détectées dans ses comptes, a déploré l'ancien PDG. "On savait alors que Jérôme Kerviel était un dissimulateur épouvantable", on ne pouvait lui faire "aucune confiance". La banque avait alors dénoué ("débouclé") le plus vite et discrètement possible les positions prises par le trader, alors que le marché était très défavorable. La perte finale sera de 4,9 milliards.

"Enfoncé dans un système"

Interrogé ensuite sur les motivations possibles de Jérôme Kerviel, Daniel Bouton a estimé qu'il s'était "enfoncé dans un système dans lequel il ne peut pas s'avouer à lui-même (avoir) fait cela pour obtenir quelques milliers d'euros supplémentaires" de bonus. "Il ne peut pas le dire à lui-même, à sa famille, aux Bretons (Jérôme Kerviel est breton, ndlr), à tous ceux qui croient à cette théorie" du complot, a analysé le témoin.

Daniel Bouton, qui a dirigé pendant onze ans la Société Générale, dont il avait contribué à faire l'un des fleurons de la finance mondiale, avait quitté la banque fin avril 2009, après une série de scandales liés notamment aux rémunérations de ses dirigeants. Son audition se poursuivait jeudi en fin d'après-midi.

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5commentaires
Signaler un abus top deet le 22/06/2012 à 21h20 une question...qui peux me dire la différence entre Mr Kerviel, qui joue avec notre argent et les politiques qui font la même chose ?? L un va en prison et pas les autres...
Signaler un abus top pepere91 le 21/06/2012 à 22h52 des"kerviel" y en a plein dans les banques et les banques le savent bien.
Signaler un abus top Robespierre01 le 21/06/2012 à 20h14 Une chose est sûr!
Pour moi qui est un compte à la SG il y à une faute de la part de la direction.
Peut on nommer un garçon comme traider alors qu'il connaissait au niveau informatique tout les codes d'accès pour contourner les contrôle.
Pour moi La Direction savait et elle attendait qu'il se refasse !
Signaler un abus top nicky36 le 21/06/2012 à 19h58 les bras nous en tombent lorsque vous voulez démontrer que mr Kerviel était seul, dans cette affaire; à qui voulez vous faire croire cela ....

Signaler un abus top milouf le 21/06/2012 à 19h18 monsieur Bouton vous avez été obligé de demissionner en 2009 après plusieurs scandales.
Essayeriez vous de vous refaire une "virginité sur le dos de Monsieur kerviel?
Cela ne m'étonnerai qu'à moitié !!!
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