
Le Lot, département de 170.000 habitants, n'a qu'une maternité, à Cahors
Crédit : AFP/G.JulienCrédit : Patrick Isson
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Crédit : Tony Cousin
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Le Lot, département de 170.000 habitants, n'a qu'une maternité
Résidant dans le village de Lacapelle-Marival, dans le nord-est du Lot, la jeune femme enceinte de 7 mois et son mari ont dû choisir entre Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron, Cahors et Brive, trois maternités distantes de plus d'une heure de route. Le Lot, département de 170.000 habitants, n'a qu'une maternité, à Cahors, depuis la fermeture de celle de Figeac, passée sous le cap des 300 accouchements par an, et fermée en 2009.
Au lendemain du drame, la jeune femme était en état de choc au centre hospitalier de Cahors. Le président François Hollande a aussitôt demandé une enquête administrative pour connaître les circonstances de la mort du nouveau-né, une petite fille, qui devait être le premier enfant du couple. "Le drame (...) nous appelle une nouvelle fois, encore, à ne rien accepter en matière de désert médical", a déclaré le chef de l'Etat à Nice. "Et en même temps je prends l'engagement, celui que j'avais déjà énoncé avant l'élection présidentielle, et que je rappelle ici comme chef de l'Etat: aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence", a ajouté François Hollande.
"Dégradation globale de la périnatalité"
De son côté, le président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens français Syngof s'est ému de "la dégradation globale de la périnatalité". "Le drame de ce couple qui s'est retrouvé dans un isolement total" est "une conséquence de la politique de démobilisation et de concentration des moyens (de services de santé, ndlr) autour des capitales régionales", a déclaré Jean Marty. Le bilan de la fermeture de maternités privées et publiques est mauvais, assure-t-il, "sur le plan économique, car on a déplacé les accouchements vers des lieux où c'est plus cher, mais aussi en termes de sécurité".
Le président PS de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, s'est entretenu avec le patron de l'Agence régionale de santé (ARS) de Midi-Pyrénées qui l'a assuré qu'une enquête serait diligentée. "Pourquoi ce drame s'est-il produit ? Ce drame se serait-il produit s'il y avait eu une maternité plus proche ?" s'est interrogé M. Malvy, engagé il y a trois ans contre la fermeture de la maternité de Figeac, ville dont il a longtemps été le maire.
Tirer les enseignements de la fermeture de la maternité de Figeac
Lors de la fermeture de la maternité de Figeac en 2009, de nombreux médecins et agents hospitaliers du Lot avaient alerté contre les risques liés à la désertification médicale. Ils avaient alors dénoncé un arbitrage budgétaire dangereux. M. Malvy relate un autre accouchement qui aurait pu tourner au drame. Une femme vivant près de Figeac aurait pu elle aussi perdre ses jumeaux. Comme elle ne pouvait pas se déplacer, un hélicoptère décolle de Toulouse pour la prendre en charge. A cause du brouillard, il ne peut pas se poser et c'est finalement une ambulance qui va chercher la femme enceinte pour la conduire à Toulouse. Mais en route, le véhicule est dérouté vers Bordeaux, où elle accouche finalement, à plus de 300 kilomètres de chez elle.
Il faut selon lui tirer les enseignements de la fermeture de la maternité de Figeac. "Il faut maintenir les petits hôpitaux en allant vers la mutualisation des moyens", préconise l'ancien ministre. Pour la Coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité, cet accouchement illustre "l'aspect néfaste des regroupements de maternité" et elle exige un moratoire sur les fermetures de maternités.
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10/04/2013 - 09h48
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