Crédit : Olivier Geay
Crédit : Olivier Geay
"Je suis content, j'ai envie de pleurer"
Le retraité de 79 ans jugé pour avoir frappé à mort sa femme, en phase finale d'Alzheimer, a été condamné à cinq ans de prison avec sursis, mercredi, par la cour d'assises du Val-de-Marne.
"Je suis content, j'ai envie de pleurer", a déclaré Gabriel Armandou, très ému, à la presse, à la sortie de la salle d'audience.
L'avocat général avait requis six ans d'emprisonnement à l'encontre de l'accusé, qui comparaissait depuis mardi pour violences ayant entraîné la mort de Paulette, sa compagne depuis 48 ans, le 13 septembre 2008 à Fresnes (Val-de-Marne). Il encourait vingt ans de réclusion.
Tout en reconnaissant "une explosion de violence", l'avocat de Gabriel Armandou avait réclamé "la clémence" des jurés pour "une situation en dehors des normes". "Je demande (...) de le laisser ruminer ses regrets et ses remords. C'est un carcan qui va aller jusqu'à la fin de ses jours", avait plaidé Me Arnaud Richard.
Agée de 75 ans au moment des faits, Paulette avait été retrouvée par les secours presque nue, le visage tuméfié, couverte de traces de coups, sur le sol du salon de son petit pavillon. Atteinte d'Alzheimer depuis 2000, son état s'était beaucoup dégradé depuis trois mois et elle était devenue incontinente.
"Et pourtant je l'aimais"
"Je ne conteste rien du tout. J'assume. (...) Elle m'aimait, on s'aimait. Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça. Je reconnais mes torts, mes erreurs", a déclaré Gabriel Armandou à l'ouverture de l'audience. Il a affirmé avoir "craqué" parce qu'il ne supportait plus ses fugues à répétition.
"La rancœur, c'est une réalité. C'est une réalité, comme les marques de coups sur le corps de la victime. La rancœur, il s'est enfoncé dedans jusqu'à haïr celle dont pourtant il était amoureux", a estimé Aline Emptaz dans ses réquisitions.
"Nous pouvons tous comprendre le désarroi de l'accusé (...), nous pouvons tous comprendre la colère qui est la sienne (...). Mais la colère, elle ne blesse pas, elle ne laisse pas d'ecchymoses, elle ne tue pas", a-t-elle martelé.
L'avocat général a appelé les jurés à s'interroger sur les "conditions de vie" du couple, qui "si elles ne justifient pas, n'excusent pas, pour autant le passage à l'acte criminel".
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