VIDEO - Sur RTL, Malek Boutih juge "sage de décaler la réforme sur le droit de vote des étrangers"

Le député socialiste de l'Essonne répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Malek Boutih a déclaré que c'est plutôt "sage de décaler la réforme sur le droit de vote des étrangers dans le contexte de crise". et d'ajouter : "Pour ceux qui pourraient être tentés de mettre la réforme dans le débat public, c’est un contexte qui mettrait le feu au pays".

Malek Boutih était l'invité de RTL le 24 octobre 2012
Crédit : RTL.fr
Malek Boutih était l'invité de RTL le 24 octobre 2012
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Le député socialiste de l'Essonne : "C’est impossible d’entamer ce genre de sujet dans un pays qui est déchiré par le chômage, par les difficultés" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Malek Boutih.

Malek Boutih :
Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud Belkacem, a émis, hier, je la cite  "quelques doutes sur la possibilité de faire la réforme accordant le droit de vote aux Etrangers avant les élections locales, avant les élections Municipales de 2014". Vous êtes député socialiste, Malek Boutih ; vous êtes engagé par les promesses du Président de la république, comment réagissez-vous ?

Moi je pense que c'est plutôt sage de décaler cette réforme dans le contexte qu'on connaît. On vient sur votre antenne d'entendre un tableau quand même difficile politiquement pour : et le Président de la république, et le gouvernement ; mais au-delà de leur propre comportement, notre pays traverse une crise extrêmement difficile ; et je pense que tout doit être mis - mais 100% de l'effort du gouvernement-  à sortir de cette crise économique et sociale. C'est impossible, je dirais d'entamer ce genre de sujet dans un pays qui est déchiré par le chômage, par des difficultés.

Mais ça, vous le saviez, avant l'élection présidentielle. Engagement 50 du Président de la république : "J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis 5 ans." On le savait avant l'élection présidentielle.

Absolument.

Mais la position du Président de la république, c'est d'avoir mis 60 propositions. Il y a un calendrier sur 5 ans. Je ne pense pas que la vie politique se réduise à quelques mois ; on verra après, même si moi, à titre personnel, même sur le fond de la réforme, je peux avoir quelques doutes  ; mais je pense que de toute façon, le calendrier et le choc économique dans lequel on est, fait qu'on ne peut pas aujourd'hui se disperser.

"Je pense que c'était le choc économique !"


Non parce que je pense que ...

Cette réforme, on nous en parle depuis 30 ans.

Oui, mais ...

François Mitterrand en 1981 ; chaque candidat socialiste a dit : On va le faire, on va le faire, on va le faire ; mais jamais fait !

Mais moi ...

La crise économique, c'est un prétexte !

Oui, ce n'est pas qu'un prétexte parce que je dirais que pour ceux qui pourraient être tentés de mettre la réforme dans le débat public, c'est un contexte qui mettrait le feu au pays. Bon, donc, soyons sincères !

Donc, elle ne se fera pas alors !  Alors si on est sincère jusqu'au bout, elle ne se fera pas avant 2014, elle ne se fera pas après 2014. Elle ne se fera pas.


Mais peut-être même qu'en terme d'opportunité ... il n'y a pas que l'opportunité, il y a aussi le fond. Moi, à titre personnel, j'avais émis des doutes même quand il avait été mis dans le programme  ...

(rire)


... du Parti Socialiste, avant même des problèmes de calendrier parce que je pense que c'est une revendication qui avait beaucoup de sens dans les années 70. Je veux dire : même dans ma famille, on pensait qu'un jour on repartirait au pays, et puis la vie a évolué, et puis la société française s'est transformée, et puis l'immigration n'est plus la même que dans les années 70. Est-ce qu'il faut continuer au forcing parce que ce serait une sorte de long remords de pousser cette réforme, à mon avis, ce n'est pas de l'intelligence.

Mais pourquoi François Hollande l'a fait ?

Je pense que François Hollande l'a mis dans son programme parce qu'il n'a pas dirigé le Parti Socialiste avant l'élection présidentielle, il faut quand même s'en souvenir. Ce n'est pas lui ...

Oui, c'était Martine Aubry qui dirigeait le Parti Socialiste.


Absolument.

Donc, il a fait une synthèse en essayant de prendre un minimum.

Sans conviction ?


Je ne crois pas ...

tout en sachant que ça ne se ferait pas ?


Non, je ne sais pas s'il était sûr que ça ne se ferait pas mais je ne crois pas que c'était le cœur de son engagement et qu'il pensait que c'était une réforme si importante que ça.

Et à votre avis, Malek Boutih, si on vous écoute bien, au fond le Président de la république n'y tient pas à cette réforme ?


Je ne sais pas s'il y tient ou s'il n'y tient pas, je vous dis sincèrement ...

Vous avez plutôt dit que non dans les phrases d'avant mais ..

Je ne crois pas que ce soit le cœur de la préoccupation de François Hollande depuis qu'il se prépare à l'élection présidentielle, quand même été l'économie, beaucoup moins que les sujets de société. Je dirais : il y a chez les Socialistes toujours deux cultures : ceux qui se sont beaucoup penchés sur les phénomènes sociaux et sociétaux et lui est plutôt de l'école ancienne, je dirais, où il pense que quand même la structure politique c'est l'économie.

On peut considérer que la réforme est enterrée, Malek Boutih ?


Non, je ne crois pas encore.

Vous ne croyez pas ?


Ecoutez Noël Mamère et ce qu'il en dit :

"Si cette loi ne passe pas avant 2014, elle sera repoussée aux calendes grecques. Je trouve ça indigne et scandaleux".

Vous lui répondez quoi  à Noël Mamère ?


J'ai vu ! D'autres responsables Verts ont dit ça. Ca fait partie du jeu politique mais ...

C'est du jeu ? Il n'y a pas de députés .... Vous, vous dites, là, bon voilà, il faut passer par pertes et profits la réforme. Tous les députés socialistes sont de votre avis ?

Non, il y en a beaucoup qui sont très attachés à cette réforme ; mais la Politique c'est aussi l'épreuve des faits et la réalité. D'un certain point de vue, peut-être qu'un certain nombre de responsables politiques à Gauche découvrent ce que c'est que l'exercice du Pouvoir parce que jusque là, pour une génération, c'était un fantasme le Pouvoir ; mais ce n'est pas comme diriger une mairie, ce n'est pas comme diriger une région, quand on est à la tête de la France, dans un tel contexte mondial et dans une telle bataille et qu'on est de Gauche, et isolé sur le Plan international, parce qu'on a une bataille face à des Libéraux, partout en Europe. Eh bien, c'est comme ça dans les batailles : parfois on ne peut pas mener tous les fronts et gagner ; et en plus, avoir je dirais les beaux côtés. Il y a des sacrifices, il y a des moments difficiles, il y aura des reculades, même sur d'autres sujets, il faut s'y attendre. Mais il ne faut pas céder à la pression et pas céder à l'affolement.

Sur d'autres sujets, vous pensez au mariage homosexuel, par exemple ?


Non, je n'ai pas pensé spécialement ...

Parce qu'on pourrait appliquer au mariage homosexuel les raisonnements que vous appliquez au droit de vote des Etrangers : la crise économique ... On ne va pas diviser la société là-dessus ?

Parce que vous pensez que tout ce qui est dans les pages Société se ressemble mais une naissance, ou un décès, un crime ou quelqu'un qui gagne le Loto, ce n'est pas la même chose. Je pense que les étrangers, dans les périodes de crise, sont des bouc-émissaires. Moi je regarde ce que la Droite fait depuis qu'on est arrivé aux responsabilités. Il n'y en a que sur les étrangers ; que quand ils se battent, entre deux responsables de Droite, pour prendre la tête de l'UMP, la surenchère se fait sur qui ? Sur les étrangers. Il y a une force d'Extrême Droite qui depuis que la crise existe, elle prospère sur quel thème ? Qui connaît le Front National sur un autre thème que sur les étrangers ! Attention, les étrangers c'est la tête à claque parfait quand tout va mal ...

Mais vous avez dit vous-même ...


C'est une manière aussi de les protéger. Il faut quand même intégrer ça que ce serait un peu trop facile de livrer les Etrangers à l'opinion publique comme un jeu de bataille alors même que depuis des mois et des mois, ils en prennent (excusez-moi) plein la figure.

Et vous avez dit vous-même : la crise économique a une telle intensité qu'il faut se consacrer à 100% là-dessus. 100% moins le mariage Homo ?

Non, je pense qu'on pourra quand même placer d'autres choses. On aura d'autres réformes aussi sur d'autres domaines, voilà.

D'accord.


Je voulais donner une vision de ce qui devrait être la priorité du gouvernement.

Vous êtes député socialiste, Malek Boutih, vous avez voté lundi un abaissement du droit de visa à la charge du demandeur d'un titre de séjour. Ces droits de visa étaient de 110 euros. Ils ont été baissés à 50. Tout augmente sauf les droits de visa pour les étrangers. Comment vous expliquez ce qui est un amendement du groupe socialiste soutenu par le gouvernement ?

Mais parce qu'ils avaient été surévalués auparavant, c'est-à-dire que vous aviez une Politique avant qui ...

Qui les avait surévalués ?

Le gouvernement précédent. Alors, ce n'est pas pour des raisons de recettes parce que ça ne rapporte pas autant que ça. Ce n'est pas une question d'argent. C'est que -on l'a vu- il y a eu une politique extrêmement oppressive contre les étrangers et je parle de ceux qui sont réglo, parce que ceux qui demandent un visa, c'est ceux qui ne viennent pas clandestinement en France, voyez-vous.

Oui.
Tout augmente ; ça, ça va baisser  ...

Non, mais il y a d'autres choses qui vont baisser. C'est un peu trop facile de les mettre comme ça ...

La liste de ce qui va baisser, elle est pour quand ?

... de les jeter en pâture à l'opinion publique à travers cette mesure. Je trouve que ce n'est pas tellement juste comme remarque.

D'accord.

Malek Boutih, député socialiste qui a fait un sort au droit de vote des étrangers, était l'invité de RTL, ce matin. Bonne journée.


par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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2012-10-24 08:44:00
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