1 min de lecture Laurence Parisot

VIDEO - Sur RTL, Laurence Parisot juge "scandaleuse" la menace de nationaliser Florange

La présidente du Medef répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. La menace brandie par le gouvernement de nationaliser le site sidérurgique d'ArcelorMittal à Florange "est tout simplement et purement scandaleuse", a estimé Laurence Parisot. "Il faut raison garder", a-t-elle affirmé. Avant d'ajouter : "Je ne doute pas que le président de la République soit beaucoup plus raisonnable que le ministre (Arnaud) Montebourg" qui a proposé cette nationalisation pour sauver les hauts-fourneaux de Florange dont le géant de l'acier veut se débarrasser.

Laurence Parisot sur RTL le 29 novembre 2012
Laurence Parisot sur RTL le 29 novembre 2012 Crédit : RTL
La rédaction de RTL et Jean-Michel Aphatie

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait annoncé mercredi avoir trouvé un repreneur pour la totalité du site mosellan et avait dit que le gouvernement était "prêt" à aller jusqu'à sa nationalisation provisoire si les négociations n'aboutissent pas d'ici vendredi, veille de la date-butoir fixée par ArcelorMittal pour la fin des négociations.

"Cette déclaration est purement et simplement scandaleuse", a dit Laurence Parisot jeudi au micro de Jean-Michel Aphatie. "Envisager une nationalisation, lancer simplement le débat sur un tel principe, est vraiment scandaleux."

"C'est une expropriation", a ajouté la présidente de la première organisation patronale française. "Ébranler le principe du droit de propriété comme ça, à la va-vite, c'est très grave et en plus c'est très coûteux."

"Je ne doute pas que le président de la République soit beaucoup plus raisonnable que le ministre Montebourg", a ajouté Laurence Parisot. "Il faut laisser les entreprises dans le cadre du dialogue social interne à l'entreprise faire les ajustements nécessaires."


L'interview en intégralité :


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Laurence Parisot,

Laurence Parisot :
Bonjour, 

La situation est simple : si d'ici vendredi soir minuit, Lakshmi Mittal refuse de vendre la totalité du site sidérurgique de Florange, les hauts fourneaux qu'il veut fermer parce qu'ils ne sont pas rentables et les activités de transformation de l'acier qu'il veut garder parce qu'elles sont rentables, s'il refuse donc de vendre, le gouvernement l'exproprie et nationalise Florange. Soutenez-vous le gouvernement, Laurence Parisot ?

Cette déclaration est tout simplement et purement scandaleuse.
   
A ce point ?
   
Oui. Envisager une nationalisation, lancer tout simplement le débat sur un tel principe est vraiment scandaleux.
   
En quoi ?

C'est scandaleux pour des raisons de fond.
   
Oui.

Et probablement aussi pour des raisons de méthode. Je commencerai tout d'abord par la méthode parce que s'il s'agit par de tels propos, tout simplement d'exercer une pression, de faire du chantage dans le cadre d'une négociation, c'est inadmissible.
   
C'est scandaleux pour des raisons de fond parce qu'il faut bien rappeler ce qu'est une nationalisation ; et d'ailleurs vous l'avez fait dans votre introduction, Jean-Michel Aphatie : c'est une expropriation. Il faut bien que tout le monde comprenne ou se rappelle parce que finalement on l'oublie, que toute notre société est construite sur un principe essentiel qui est celui du droit de propriété.
   
Vous êtes propriétaire de votre appartement, c'est à vous.
Ébranler ce principe, comme ça, à la va-vite, c'est très grave. Et en plus,
   
A la va-vite parce que ...

... Et en plus, ne l'oublions pas, c'est très coûteux. Une expropriation, une nationalisation, cela coûte de l'argent. Et là, nous sommes en train de parler d'un site qui emploie plusieurs milliers de personnes ...
   
... 2500 personnes...

... mais dans le cadre d'une entreprise qui, elle-même,  emploie en France 20 000 personnes.
   
20 000 personnes.

Mais dans le site même, seules 500 personnes, un peu plus ...
   
... Oui, 600 à peu près...

.... 550, 600 sont concernées. Et ces propos sont tenus avant même qu'on connaisse les propositions de reclassement de Mittal.

Alors, la situation est quand même assez particulière parce que Mittal veut fermer les hauts fourneaux, ils ne sont pas rentables, donc c'est 600 emplois qui sont menacés. Et le gouvernement dit : nous, nous avons un repreneur pour les hauts fourneaux  -activité déficitaire- à condition que les activités bénéficiaires sur le site puissent aussi être rachetées par ce repreneur.

Arnaud Montebourg a dit, hier, à l'assemblée nationale qu'il avait un repreneur et qui était prêt à investir même 400 millions d'euros pour moderniser le site et demander à Mittal de vendre l'ensemble parce que les hauts fourneaux, seuls, ne peuvent pas être vendus n'est pas forcément illégitime ; sinon, c'est 600 personnes qui perdent leur emploi.

Non. Vous ne savez pas à l'heure qu'il est, vous ne savez pas ...
   
... S'il les reclassera ou pas ?

... Eh bien forcément, qu'il ferait quelque chose.
   
Pour l'instant, vous le dites vous-même : on ne le sait pas.

Mais attendez, on va dire une chose très simple  qui rend encore plus scandaleux d'ailleurs les propos du ministre sur la nationalisation. Ces propos sont tenus avant même que Mittal n'ait engagé un processus de Plan Social, avant même ...

... C'est-à-dire que nous avons des outils en droit social que nous utilisons dans le fonctionnement de l'économie de notre pays, ces outils quoi qu'il arrive si le groupe Mittal veut fermer cette entité-là, cette activité-là, cet outil il le mettra en œuvre. Donc, il y a des propos avant même qu'une fois encore, le droit social puisse même, je dirais, être mis en oeuvre comme c'est prévu.

Sur le plan industriel, Mittal veut fermer les hauts fourneaux ; et le gouvernement ne veut pas laisser fermer ces hauts fourneaux. Le gouvernement a tort ou a raison ?
   
Seul l'entrepreneur peut savoir ce qui est rentable ou pas.
   
Et le gouvernement est toujours passif ; il ne peut pas orienter l'économie dans un sens ou dans un autre. Vous ne lui reconnaissez pas cette légitimité d'intervention ?
   
Non. Non, certainement pas. Ce n'est pas à l'Etat, aux Pouvoirs Publics de commencer à dire à chaque entreprise de France, voilà votre stratégie.
   
A chacune, non ; mais dans des activités importantes, peut-être !

Mais est-ce qu'Arcelor Mittal veut fermer toutes ses activités en France ?
   
Non, il veut fermer les hauts fourneaux.
   
Est-ce qu'Arcelor Mittal ferme son activité essentielle à Dunkerque ...
   
... Non...

... Dans lequel il y a également des hauts fourneaux ? Non. Mais simplement, est-ce que .... Tout le monde comprend bien que cette activité est aujourd'hui en difficulté parce que le secteur automobile est en difficulté alors que c'est un des premiers clients de l'activité de la sidérurgie, qu'il y a partout en Europe une chute des carnets de commande et une surcapacité de production. Il faut laisser les entreprises dans le cadre du dialogue social, interne à l'entreprise, faire les ajustements nécessaires.
   
Avez-vous eu l'occasion, Laurence Parisot, de dire à François Hollande votre position très radicale au projet du gouvernement de nationaliser Arcelor Mittal du site de Florange ?
   
Vous savez, en tout cas, parce que ça a été rendu publique que j'ai eu une conversation assez claire avec Arnaud Montebourg sur le sujet alors que j'étais en déplacement à Hong Kong où je vous le dis, en passant, les investisseurs ne savent plus lire la France, ne comprennent plus ce qui se passe en France ; et ça me semble très important que tout le monde entende ça.
   
Et à l’Élysée, évidemment, notre position est très connue. Et je crois qu'il faut -raison gardée- et je ne doute pas que le Président de la république qui est quelqu'un qui, aujourd'hui, soutient, encourage le pacte de compétitivité et j'ai dit que c'était vraiment la bonne direction qui était prise, je ne doute pas que le Président de la république soit beaucoup plus raisonnable que le ministre Montebourg.

Vous pensez que la nationalisation ne se fera pas ?
   
Je n'en sais rien. Je dis simplement que c'est très grave et que, par ailleurs, on ne peut pas tolérer qu'on puisse continuer comme le fait Arnaud Montebourg, à s'attaquer aux familles entrepreneuriales. Nous avions été tous été très choqués de chaque patron de TPE à chaque patron de Grande Entreprise des propos qui avaient été tenus à l'égard de la famille Peugeot et nous avons encore du mal à nous en remettre de ce qui avait été dit à l'époque. Comment peut-on accepter des propos qui ont été tenus à l'égard de la famille Mittal ?

C'est une déclaration très hostile vis-à-vis d'un ministre, vous aimeriez qu'il ne s'occupe plus du dossier ministériel qui est le sien ?
   
Non, il ne m 'appartient pas de tirer des conclusions de ce type. C'est un ministre avec lequel, par ailleurs, paradoxalement nous avons des terrains d'entente sur un certain nombre de sujets, par exemple sur l'énergie ; mais il y a des lignes à ne pas franchir. Là,  c'est vraiment inacceptable.

Laurence Parisot qui a dit les choses nettement ce matin, c'était sur l'antenne de RTL. Bonne journée.
   
Merci à vous !

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La présidente du Medef répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie jeudi matin. La menace brandie par le gouvernement de nationaliser le site sidérurgique d'ArcelorMittal à Florange "est tout simplement et purement scandaleuse", a estimé Laurence Parisot. "Il faut raison garder", a-t-elle affirmé. Avant d'ajouter : "Je ne doute pas que le président de la République soit beaucoup plus raisonnable que le ministre (Arnaud) Montebourg" qui a proposé cette nationalisation pour sauver les hauts-fourneaux de Florange dont le géant de l'acier veut se débarrasser.
http://www.rtl.fr/actu/video-sur-rtl-laurence-parisot-juge-scandaleuse-la-menace-de-nationaliser-florange-7755275445
2012-11-29 07:55:00
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