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Valérie Pécresse : "Malgré les perturbations, l'année universitaire est récupérable" (vidéo)

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Valérie Pécresse a assuré que l'année universitaire était "récupérable" grâce aux rattrapages de cours ou à "quelques décalages d'examens".

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL

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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Valérie Pécresse.

Valérie Pécresse : Bonjour.

Malgré vos reculs ou vos concessions, le mouvement de fronde universitaire se poursuit. Une nouvelle journée d'action des professeurs de l'Enseignement supérieur est programmée pour jeudi prochain, 2 avril. Pourquoi ne parvenez-vous pas Valérie Pécresse à ramener le calme dans les universités ?

Ah je crois quand même que le gouvernement a répondu à une série de préoccupations qui sont exprimées dans la communauté universitaire. Vous saviez, nous étions dans l'étape 2 après la loi-autonomie. L'étape 2, c'était un nouveau statut pour les enseignants-chercheurs...

Passe pas bien, l'étape 2 !

C'était aussi toute une série de réformes qui sont absolument essentielles. Une allocation des moyens, d'avantages à la performance des universités, la réforme de la formation des enseignants du premier et du second degré à Bac + 5 avec un diplôme de Master. Donc, toute une série de réformes qui ont fait...

... Qui suscitent, visiblement, beaucoup, beaucoup, beaucoup de contestations, Valérie Pécresse.

... Qui ont causé des crispations et nous sommes en train de répondre à chacun des motifs de préoccupations des enseignants-chercheurs ; et je crois qu'aujourd'hui...

Ca va durer combien de temps ?

Je crois qu'aujourd'hui la tendance est à la reprise des cours, est à la baisse des perturbations.

Ah, vous avez ce sentiment ?

Oui parce qu'il y a toute une série d'universités qui ont repris leurs cours ; mais surtout parce que le gouvernement apporte les réponses ; et qu'aujourd'hui, il y a de moins en moins de sujets de tensions qui concernent l'université. Alors, il y a évidemment un mouvement qui se poursuit ; mais un mouvement qui a des sujets de contestations qui sont bien au-delà des simples sujets universitaires... A Strasbourg, j'ai entendu manifester "contre l'OTAN".

A Strasbourg, c'est autre chose, aujourd'hui.

Ah oui, non mais attendez c'est à l'université de Strasbourg dont je vous parle qui était bloquée et où les manifestants disaient "non à l'OTAN".

Nous entrons dans la neuvième semaine de contestations. Beaucoup de cours ont été annulés, supprimés. Des retards importants sont pris. Les examens sont-ils menacés, Valérie Pécresse ?

Aujourd'hui, l'année est tout à fait récupérable avec notre objectif qui est un objectif de qualité des diplômes.

Vraiment ? Ils peuvent manquer deux mois de cours, et la qualité des diplômes n'est pas entamée, Valérie Pécresse ?

La situation est très disparate selon les universités. Vous avez des universités qui ont été perturbées de manière sporadiques, vous avez des universités dont une partie des cours a été perturbée pendant plusieurs semaines. Donc, il faut faire du sur-mesure. Il faut répondre à la situation des étudiants en fonction des perturbations qu'ont subies leurs unités de formation. C'est ce que nous allons faire dès cette semaine. Je reçois les présidents d'universités. Nous sommes en train de travailler au rattrapage ; et je vous le dis : la situation est tout à fait récupérable dès lors que les rattrapages se mettent en place dès cette semaine.

Les rattrapages ? Ca veut dire qu'il ne faut pas faire les vacances de Pâques, par exemple ? Il faut travailler pendant les vacances de Pâques ?

Alors, il y aura des possibilités de rattrapage pendant les vacances. Il y aura aussi des mises en ligne de cours. Il y aura aussi, sans doute, quelques décalages d'examen pour permettre aux étudiants de rattraper les cours. Notre objectif : c'est la réussite des étudiants mais c'est aussi la qualité de la formation. Nous ne voulons pas que les diplômes n'aient pas la même qualité cette année parce qu'il y a eu des perturbations ; donc, nous organiserons les rattrapages avec les présidents d'université.

Une année universitaire, c'est six-sept mois. Deux mois de perturbations. Vous pensez que la qualité des diplômes ne sera pas entamée. Il faut être optimiste, Valérie Pécresse ?

Ecoutez, monsieur Aphatie, si vous dites que l'année c'est six-sept mois, je comprends mal les revendications de certains syndicats étudiants qui, eux, demandent dix mois d'aide sociale. Non, je crois qu'une année universitaire...

Ca commence en octobre, ça finit en mai !

... Non, une année universitaire, c'est neuf mois. C'est une année qui est effectivement entrecoupée d'un certain nombre d'inter-sessions. Nous allons organiser les rattrapages et je crois que les étudiants, et les enseignants ont à cœur de faire de cette année, une année de réussite sans dégrader la qualité des diplômes.

Certains examens, en juillet ? C'est ce que vous avez sous-entendu, Valérie Pécresse ?

Non. Décalage des examens ? Pour l'instant, c'est de quelques semaines... Je vous le dis : on va faire du sur-mesure, on va faire ça unité de formation par unité de formation, et université par université.

Est-il vrai, Valérie Pécresse, que vous souhaitez succéder à Rachida Dati au ministère de la Justice ? Le ministère sera libre le 7 juin.

Aujourd'hui, ça ne vous a pas échappé, j'ai un certain nombre de sujets qui sont importants à porter dans mon ministère. L'autonomie est en marche. Il y a vingt universités qui sont autonomes aujourd'hui. C'est un accompagnement de tous les instants. J'ai toute une série d'universités qui envisagent de prendre l'autonomie l'année prochaine. J'ai aussi toute une série de réformes. L'opération Campus qui doit changer le visage de nos universités mais qui est une opération très complexe à mettre en œuvre pour des universités qui ne savent pas, qui n'ont pas la compétence immobilière nécessairement, le plan réussi en licence et la formation des maîtres. Donc, si vous voulez là, en ce moment, je suis toute à ma tâche.

Mais on a l'impression que vous n'avez plus assez d'autorité, peut-être, pour mener toutes ces tâches, Valérie Pécresse, qu'autant de contestations tout de même, elles ont bien un effet : elles vous affaiblissent, Valérie Pécresse ?

Je pense que mes interlocuteurs de la concertation, c'est-à-dire mes interlocuteurs syndicaux reconnaissent la direction et le sens dans lequel va le gouvernement. Quelle est cette direction ? C'est de mettre l'université au cœur de notre système d'Enseignement supérieur.

Bien sûr. Je vous parlais de votre autorité ?

Ah écoutez, pour l'instant, j'ai quand le sentiment qu'ils savent que je suis déterminée à poursuivre cette réforme et qu'ils savent aussi qu'ils peuvent compter sur moi pour des négociations qui sont parfois longues et qui nous conduisent à trouver des voies de passage de la réforme.

Vous ne m'avez pas répondu non plus pour votre intérêt pour le ministère de la Justice ?

Si, si. J'ai dit que j'étais toute à ma tâche, ministre de l'Enseignement supérieur et que j'avais beaucoup à faire. Et donc, ça ne me permet pas de regarder ailleurs.

Le journal "Le Parisien" a brossé votre portrait, hier, puisque vous êtes candidate pour les élections régionales de mars 2010 dans la région Ile-de-France, candidate UMP. Alors, il était écrit dans ce portrait que votre mari est dirigeant d'entreprise et RTL, ce matin, pose la question à ses auditeurs : les dirigeants d'entreprise sont-ils devenus des bouc-émissaires un peu commodes ? Que répondez-vous, Valérie Pécresse ?

Je crois que dans une situation de crise, les questions éthiques et les questions de règles du jeu de Justice sont absolument essentielles.    

Et les dirigeants d'entreprise y dérogent. Ils y dérogent ?

Non, ils doivent faire preuve de la même éthique et de la même logique de Justice que celle qu'ils demandent à leurs propres salariés. Donc je crois que cette  question de : être rémunéré à la performance ; quand la performance de l'entreprise baisse, renoncer à sa part de rémunération à la performance, ne pas s'accorder des rémunérations à une période où le cours de l'action est très bas parce qu'effectivement, ça permet de se préparer des bonus pour la suite. Je crois que les chefs d'entreprise doivent s'appliquer les mêmes règles de bonne conduite que celles qu'ils demandent à leurs salariés de s'appliquer à eux-mêmes.

Il faut de l'éthique ?

Il faut de l'éthique, et il faut aussi que les entreprises qui sont aidées par l'Etat n'en profitent pas pour effectivement mieux rémunérer leurs cadres dirigeants.

Ethique toujours. Si vous êtes élue à l'issue des élections régionales, présidente de la région Ile-de-France. Cumulerez-vous cette fonction, Valérie Pécresse, avec une fonction ministérielle, une fonction parlementaire ?

Vous savez bien, monsieur Aphatie que je suis une militante anti-cumul. Donc, pour moi, le ministère c'est une étape de ma vie, c'est un défi à relever, c'est une réforme essentielle que je veux mener ; et la région Ile-de-France, c'est un autre défi, un autre temps de ma vie politique.

Valérie Pécresse qui était encore ce matin, ministre de l'Enseignement supérieur, était l'invitée d'RTL.

Mais j'espère encore pour longtemps !

Merci !

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La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Valérie Pécresse a assuré que l'année universitaire était "récupérable" grâce aux rattrapages de cours ou à "quelques décalages d'examens".
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2009-03-30 07:50:00