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Sur RTL, Ségolène Royal tend à nouveau la main à Martine Aubry

La présidente socialiste de Poitou-Charentes répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. A la question des rapports qu'elle entretient aujourd'hui avec Martine Aubry, son ex-adversaire lors de la désignation du premier secrétaire du PS, elle a répondu : "La France n'a jamais autant eu besoin de la Gauche et d'un Parti socialiste rassemblé qu'aujourd'hui... Et la Gauche n'a jamais parue aussi absente et même aussi divisée qu'aujourd'hui. C'est la faute à tout le monde. Y compris la mienne. [...] La réconciliation est aujourd'hui nécessaire. J'ai fait avec Martine ce que j'aurai voulu qu'elle fasse si j'avais été dans sa situation. [...] Je suis allée la voir, lors du Congrès (de Reims, Ndlr) et je lui ai dis que les Français ont besoin d'unité des socialistes et aujourd'hui nous devons nous réconcilier, travailler ensemble".

Jean-Michel Aphatie
Jean-Michel Aphatie
Journaliste RTL



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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Ségolène Royal.

Ségolène Royal : Bonjour.

Quels sont vos rapports aujourd'hui avec Martine Aubry ?

D'abord, je voudrais vous dire que les évènements qui ont le plus choqué les français au cours de ces derniers jours, et je rebondis sur ce que vient de dire Alain Duhamel sur la question des droits de l'homme dont nous fêtons le soixantième anniversaire demain. C'est qu'en France, des personnes puissent mourir de froid. Et la seconde chose qui m'a beaucoup choqué en allant à Florange, c'est que des entreprises qui font des profits profitent de la crise pour continuer à délocaliser. Et si j'ai dit cela c'est que je pense que la France n'a jamais eu autant besoin de la Gauche et d'un Parti socialiste rassemblé qu'aujourd'hui.

Et la Gauche n'a jamais paru aussi absente qu'aujourd'hui...

Et la Gauche n'a jamais paru aussi absente

A qui la faute ?

C'est la faute à tout le monde, d'une certaine façon...

Y compris la vôtre ?

Y compris bien sûr, y compris la mienne. Je veux dire par là qu'il est temps maintenant d'ouvrir une nouvelle page de notre Histoire. Comme je l'ai proposé aux militants socialistes, qu'il y a des bonnes idées des deux côtés, et qu'aujourd'hui la réconciliation est absolument nécessaire. C'est ce que j'ai fait, j'ai fait avec Martine ce que j'aurais voulu qu'elle fasse si j'avais été dans sa situation. J'ai fait avec Martine ce que j'aurais voulu ce que les leaders socialistes fassent lorsque j'ai été désignée candidate à l'élection présidentielle. J'ai fait avec elle ce que j'aurais voulu qu'ils fassent lorsque ma motion est arrivée en tête lors du congrès. C'est-à-dire que je suis allée la voir, et je lui ai dis, voilà, les Français ont besoin d'unité des socialistes. Aujourd'hui,  nous devons nous réconcilier, travailler ensemble. 50% - et sans doute un peu plus - des militants sont venus sur mon nom et je mets cette force au service des socialistes et nous devons aujourd'hui nous rassembler.

Et elle a refusé...

Et en effet, il n'y a pas eu de réponse positive donnée à cette proposition puisqu'elle a organisé une direction en excluant toutes celles et ceux qui s'étaient rassemblés autour de moi. Et je pense que c'est très dommage...

C'est un refus que vous jugez définitif ou bien c'est un refus dont vous pensez que Martine Aubry doit aujourd'hui le dépasser et recomposer sa direction. Qu'attendez-vous d'elle ?

J'attends d'elle ce que les militants et les français attendent. Et je vais vous le dire... Si Martine Aubry ne fait pas le rassemblement des socialistes, ce sont les français qui vont l'exiger, parce que les temps sont extrêmement durs, on voit aujourd'hui surgir des vieilles idées comme le travail le dimanche qu'on prétend facultatif. On sait bien qu'un jour il deviendra obligatoire parce que les gens n'auront pas le choix pour gagner un peu plus que travailler le dimanche. C'est-à-dire de mettre en péril leur vie de famille. On voit aussi par rapport à ce travail le dimanche des artisans et des commerçants qui sont très inquiets dans la France entière. On voit un plan de relance qui a laissé de côté le pouvoir d'achat avec des gens qui s'inquiètent à la fin de cette année pour savoir comment ils vont payer leur énergie pour l'hiver. Donc on voit tout cela et donc les militants et les Français ont besoin d'une Gauche forte et d'un PS rassemblée.

Si Martine Aubry ne fait pas ce rassemblement, les Français l'exigeront tôt ou tard. Et moi, je me dis toujours disponible. J'ai fait des propositions pour exercer des responsabilités dans le PS qui est la maison commune. J'ai proposé que la plupart de l'équipe que j'ai rassemblée avec les talents qui sont là entrent dans la direction du PS. Dans les responsabilités qui doivent être les leurs compte tenu du mouvement de rénovation que nous avons représenté, que nous avons défendu, dans ce congrès. Laissons passer la fin de l'année. Chacun va un peu se reposer. Les choses vont se calmer. Et j'espère qu'en début d'année prochaine, les choses se remettront en place pour que les socialistes puissent être réconciliés.

On entend votre appel à Martine Aubry pour qu'elle reprenne de dialogue avec vous, qu'elle modifie son équipe de direction. C'est cela, on l'entend, et il y a peu de chances que ça se fasse pourtant, vous le savez. La politique, c'est impitoyable. Vous n'avez pas gagné la compétition au sein du PS, peut être avez vous réuni plus de 50% des voix mais vous ne l'avez pas gagnée. Les choses sont faites maintenant...

Je vais vous dire une chose très claire, parce que c'est la dernière fois que je veuille parler du PS, je pense qu'il y a d'autres choses, d'autres préoccupations à faire, mais là j'ai décidé de répondre à l'ensemble de vos questions, et ensuite je tournerai la page. Il n'y a ni perdant ni gagnant. Si certains socialistes considèrent qu'il y a des perdants au PS, alors tout le monde est perdant. Et si les socialistes sont perdants, les Français sont perdants. Parce que les Français ont besoin d'une opposition forte, constructive, qui sache s'opposer, mais qui sache aussi proposer, qui prenne ses responsabilités, et comme je le répète, qui sache être à la hauteur des défis qui nous sont posés aujourd'hui...

Qu'est ce qui vous oppose à Martine Aubry aujourd'hui ? Ce sont des questions de fond et qui sont importantes, ou bien c'est une animosité personnelle entre vous et elle ?

Je n'ai aucune animosité personnelle vous ne m'avez jamais entendue dire, émettre la moindre critique d'un quelconque responsable politique socialiste. Je n'ai pas reçu le même traitement, mais ce n'est pas grave. C'est la conception morale de l'exercice des responsabilités politiques et je tiens à rester absolument à ce niveau...

A l'inverse, pensez-vous que Martine Aubry a une animosité personnelle envers vous ?...

Vous êtes suffisamment fin observateur pour regarder les déclarations des uns et des autres. Et je ne m'abaisserai pas à ce niveau, parce que je pense que ma responsabilité, ayant été candidate à l'élection présidentielle, ayant rassemblé plus de la moitié des militants socialistes sur mon nom, être aujourd'hui en responsabilité de dire à Martine qu'elle est en situation et que donc c'est à elle d'accepter la main tendue et de faire l'unanimité des socialistes. Ce n'est pas facile ma démarche, elle n'a pas été simple pour mon équipe non plus ça n'a pas été simple de dire : "Bon bah aujourd'hui, les jeux sont faits. Ils ont été mal faits mais les jeux sont faits". Donc aujourd'hui il faut tourner la page et se rassembler. Ca n'a pas été simple de faire cette démarche mais je l'ai faite dans l'intérêt général des socialistes et dans l'intérêt général des Français, c'est ma responsabilité que j'ai assumée. J'ai du convaincre les jeunes qui sont autour de moi, ça n'a pas été facile...

Les gens qui vous entourent... Si cette main tendue n'est pas saisie, pensez-vous que vos partisans, vous même peut être, pourriez quitter le PS ?

Le PS est la maison commune de nous tous. Comment voulez vous...

Ca le resterait pour vous...

Mais écoutez, plus d'un militant socialiste est venu, et puis il y a de nombreux élus de territoires aussi qui en ont assez de ces zizanies. Donc je pense que vous savez, sur le terrain lorsque nous avons en tant que responsables des collectivités territoriales à faire voter nos budgets. Lundi, je fais voter le budget de la région Poitou-Charentes. Ce n'est pas facile de ne pas augmenter les impôts, de continuer à investir pour lutter contre la crise. Et je vais augmenter de 20% des investissements dans ma région pour développer la croissance verte avec un plan photo voltaïque unique en France ; des logements sociaux que j'ai visités hier, des logements sociaux avec 400 euros de loyer par mois avec des énergies renouvelables qui permet aux gens de gagner du pouvoir d'achat parce qu'on leur met de l'énergie solaire et des pompes à chaleur. Voilà l'action concrète qui prouve qu'un autre modèle de développement est possible...

Un peu d'humour pour terminer dans cette première sélection pour le prix de l'humour politique. Une phrase de Bertrand Delanoë a été retenue :"Le vrai changement au parti socialiste, ce serait de gagner".

C'est très dole... Il a raison, en plus...

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La présidente socialiste de Poitou-Charentes répondait mardi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. A la question des rapports qu'elle entretient aujourd'hui avec Martine Aubry, son ex-adversaire lors de la désignation du premier secrétaire du PS, elle a répondu : "La France n'a jamais autant eu besoin de la Gauche et d'un Parti socialiste rassemblé qu'aujourd'hui... Et la Gauche n'a jamais parue aussi absente et même aussi divisée qu'aujourd'hui. C'est la faute à tout le monde. Y compris la mienne. [...] La réconciliation est aujourd'hui nécessaire. J'ai fait avec Martine ce que j'aurai voulu qu'elle fasse si j'avais été dans sa situation. [...] Je suis allée la voir, lors du Congrès (de Reims, Ndlr) et je lui ai dis que les Français ont besoin d'unité des socialistes et aujourd'hui nous devons nous réconcilier, travailler ensemble".
http://www.rtl.fr/actu/sur-rtl-segolene-royal-tend-a-nouveau-la-main-a-martine-aubry-2717665
2008-12-09 07:50:00