Marc Fievet : "J'ai été lâché par un incompétent", assure l'ancien agent infiltré des Douanes

INVITÉ RTL - Marc Fievet était un "aviseur" pour les Douanes Françaises, infiltré dans les plus gros réseaux de narcotrafic. Lâché par sa hiérarchie, il se bat aujourd'hui pour obtenir sa totale réhabilitation.

Marc Fievet sur RTL le 6 septembre 2013
Crédit : RTL
Marc Fievet sur RTL le 6 septembre 2013

C'est une histoire époustouflante. Celle d'un ex-inspecteur des Douanes françaises lâché par les autorités françaises. Arrêté dans le cadre d'une de ses missions par la police canadienne, il a purgé 11 ans de prison.

Son destin a inspiré le personnage de Marc Duval, campé par Gilles Lellouche dans Gibraltar, au cinéma à partir du 11 septembre prochain. Au micro de RTL, l'ancien agent de la République est revenu sur son étonnante trajectoire.

>
Gibraltar - Bande-annonce

"Je n'ai jamais consommé de cocaïne"

Marc Fievet était donc aviseur des douanes. Son nom de code : agent NS55. "La qualification d'aviseur que j'ai reçu après quelques semaines ou quelques mois, je ne la connaissais pas", se souvient-il. "On s'est approché de moi et on m'a demandé dans un premier temps de remonter des informations sur les bateaux et sur les trafics. À l'époque les autorités françaises n'arrivaient pas à se faire communiquer par les autorités gibraltariennes les entrées et sorties du port de Gibraltar."

Dans toutes ses activités pour les douanes françaises, il assure qu'il n'a jamais vendu un gramme de cocaïne pour son propre profit. "Absolument pas. Je ne sais même pas ce qu'est un gramme de cocaïne dans le nez puisque je n'en ai jamais consommé et je n'ai jamais transporté ni vendu de cocaïne à mon compte", certifie l'ancien informateur.

Mais il en a transporté des tonnes en infiltrant les pires voyous. "Surtout le dernier réseau de Pasquale Claudio Locatelli (un baron de la drogue de la Camorra, ndlr), qui est considéré comme le Copernic de la distribution du trafic de drogue dans le monde par Roberto Saviano (l'auteur de Gomorra, ndlr) lui-même."

Considéré comme le numéro 2 mondial du narcotrafic

L'affaire fonctionne à merveille. Marc Fievet s'impose comme un informateur hors pair. Il livre aux autorités françaises une tonne de renseignements et peut revendiquer à son tableau de chasse l'arrestation d'une centaine de trafiquants et la capture de plus de vingt bateaux. Mais tout déraille en 1994 lorsque la police canadienne intercepte un cargo bourré de cocaïne dans le cadre de l'une des missions de l'agent français.

On me condamne à perpétuité mais je ne réagis pas, je ne prends pas d'avocat

Marc Fiévet, ancien aviseur de l'État français

Vu de l'extérieur, il est alors considéré comme le numéro 2 mondial du narcotrafic. "On me condamne à perpétuité au Canada. Mais je ne réagis pas, je ne prends pas d'avocat puisque les autorités françaises viendront en délégation de Paris et de Washington accompagnées du consul général de France au Canada, pour me dire 'Marc, dans cette affaire tu plaides coupable, tu ne fais pas chier', textuellement, les autorités canadiennes. 'On te ramène en France, et on aura les moyens, à ce moment-là, d'arranger tes affaires'."

Lâché par l'État français

Mais la promesse restera lettre morte. "Il y a eu un changement de directeur général. Le nouveau, François Auvigne, qui est un inspecteur des finances, ne connait pas les douanes et n'a pas l'esprit douanier, n'est passé que six mois. Et malheureusement, ma seule solution était d'obtenir une grâce présidentielle. J'ai été lâché par un incompétent caractérisé et je n'ai pas été soutenu par un ministre qui me soutenait régulièrement, Michel Charasse", regrette l'ancien agent des douanes.

Une volte-face qu'il a du mal à encaisser. Mais ne s'est-il pas laissé grisé par la fonction ? "Il y avait une griserie certaine qui déclenche de l'adrénaline. Mais ils m'ont bourré le mou. Devenir honorable correspondant alors qu'on a déjà un esprit de baroudeur, c'est grimper dans la hiérarchie. Devenir l'agent en place sur Gibraltar, c'est représenter les douanes, et surtout rencontrer régulièrement le ministre. Il est même venu même me voir à Marbella avec un avion qu'on avait tapé aux trafiquants", se souvient Marc Fievet.

Aujourd'hui, Il publie avec le journaliste Olivier-Jourdan Roulot, Infiltré au cœur de la mafia, pour raconter son histoire. Un parcours qui a déjà inspiré le cinéma, avec Gibraltar, dans les salles à compter du 11 septembre. Mais l'ancien informateur ne veut pas entendre parler de tentative de réhabilitation. "Absolument pas", corrige Marc Fievet. "C'est une façon de mettre en exergue l'anomalie et la catastrophe juridico-administrative, et la dérive judiciaire qui a suivi cette affaire. Et de la non-intervention, et de Charasse et de François Auvigne, qui a refusé d'intervenir au nom d'un principe 'Je ne veux plus en entendre parler, ce n'est pas mon problème'."

Marc Fievet sur RTL le 6 septembre 2013 >
Marc Fievet : "Je ne me suis jamais senti indic" Crédit Image : RTL | Crédits Média : RTL | Durée : | Date :
1/
La rédaction vous recommande
VOUS AIMEREZ AUSSI
PLUS DE VIDÉOS
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7764328366
Marc Fievet : "J'ai été lâché par un incompétent", assure l'ancien agent infiltré des Douanes
Marc Fievet : "J'ai été lâché par un incompétent", assure l'ancien agent infiltré des Douanes
INVITÉ RTL - Marc Fievet était un "aviseur" pour les Douanes Françaises, infiltré dans les plus gros réseaux de narcotrafic. Lâché par sa hiérarchie, il se bat aujourd'hui pour obtenir sa totale réhabilitation.
http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/marc-fievet-j-ai-ete-lache-par-un-incompetent-assure-l-ancien-agent-infiltre-des-douanes-7764328366
2013-09-06 11:55:00
http://media.rtl.fr/cache/Gh4kK5ChcF0f7c20Wk5o3A/330v220-2/online/image/2013/0906/7764337469_marc-fievet-sur-rtl-le-6-septembre-2013.jpg