Les mensonges des criminels face caméra

REPLAY - Le beau-père d’Antoine Dupont vient d’avouer l’assassinat de l’adolescent qui avait disparu le 28 janvier 2015. A cette époque il n’avait pas hésité à témoigner devant les caméras et participer activement aux recherches.

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Les mensonges des criminels face caméra Crédit Média : Jacques Pradel Télécharger

L'édito de Jacques Pradel

Une émission spéciale de l’heure du crime, après les aveux, mardi dernier, du beau-père d’un lycéen de 15 ans, qui, depuis plus d’un an, participait pourtant aux recherches et lançait des appels dans les médias.

A la Une de l’heure du crime aujourd’hui, ces assassins qui mènent l’enquête et s’expriment à la radio et à la télé pour lancer des appels bouleversant alors qu’ils connaissent la terrible vérité.

On pense tout de suite à Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, qui a inventé l’enlèvement de sa fille, alors qu’elle était morte sous les coups de son compagnon. Et Patrick Henry, il y a 40 ans, assassin du petit Philippe Bertrand, qui avait dit à la télévision qu’il faudrait guillotiner l’auteur de cet enlèvement.

Avec les experts psychiatres Daniel Zagury et Roland Coutanceau, dont le travail est de plonger dans les méandres des cerveaux criminels, et avec des journalistes d’RTL, qui ont rencontré ces assassins comédiens, nous revenons sur les grandes affaires de ces dernières années…

Et d’abord sur l’histoire du beau-père d’Antoine Dupont, qui, entre deux battues et trois interviews, allait rajouter des parpaings sur le corps de sa victime pour qu’elle ne remonte pas à la surface de la rivière dans laquelle il l’avait immergé….

Quand les tueurs enquêtent sur leurs propres victimes

Jacques Pradel revient avec ses invités sur les mensonges face caméra tels que l’affaire Fiona, l’affaire Typhaine, l’affaire Flactif, l’affaire Patrick Henry ou encore, très récemment, l'affaire Antoine Dupont. Le point commun entre toutes ces affaires ? Chaque fois, les criminels s'investissent dans les enquêtes des crimes dont ils sont les auteurs et communiquent dans les médias.

L'affaire Antoine Dupont

Antoine Dupont avait disparu le 28 janvier 2015. Pendant un an, Marc Demeulemeester avait multiplié les appels à l'aide pour retrouver Antoine, le fils de sa compagne. Une détresse qui avait ému tout le village de Gonnehem dans le Pas-de-Calais. Mais mardi 1er mars, le beau-père a finalement avoué qu'il avait tué l'adolescent en l'étranglant avec du fil de fer. Son corps a été retrouvé le lendemain matin dans le canal de Beuvry, près de Béthune.Marc Demeulemeester a été mis en examen mercredi 2 mars au soir pour assassinat et placé sous mandat de dépôt criminel.

L'affaire Patrick Henry

Beaucoup d’entre nous se souviennent encore du journal télévisé du 18 février 1976 sur TF1 à 20h, et des premiers mots du présentateur, Roger Gicquel : "La France a peur !"

La veille les policiers qui traquaient depuis plusieurs semaines Patrick Henry, soupçonné d’être le ravisseur du petit Philippe Bertrand, venaient de découvrir le corps de cet enfant de 8 ans, étranglé et enroulé dans un sac de couchage, dissimulé sous un lit, dans la chambre d’hôtel louée sous un faux nom par celui que la France entière va désormais appeler "le monstre".Quelques temps avant son arrestation, après une garde à vue de 48h, alors qu’il se savait soupçonné par les policiers, Patrick Henry donnait pourtant une interview à un journaliste de TF1 pour clamer son innocence.

Crédit : AFP / Archives, Mychèle Daniau
Patrick Henry le 22 août 2002, près du tribunal correctionnel de Caen

Le procès de Patrick Henry s’était ouvert le 18 janvier 1977. Il est resté l’un des plus célèbres de l’histoire judiciaire française. "Le monstre" avait échappé à la guillotine grâce à Robert Badinter, qui avait fait de ce procès celui de la peine de mort. Patrick Henry a été condamné le 20 janvier suivant à la réclusion criminelle à perpétuité. Il a été libéré en janvier 2002, mais est retourné en prison quelques mois plus tard pour possession de cannabis. Sa demande de libération conditionnelle est à nouveau étudiée actuellement, il sera fixé sur son sort le 31 mars.

L'affaire Fiona Bourgeon

Le 12 mai 2013, Fiona, 5 ans, disparaît alors qu'elle jouait avec sa sœur âgée de deux ans, dans un parc très fréquenté de Clermont-Ferrand, le parc Monjuzet. La mère des enfants, Cécile Bourgeon, enceinte de 6 mois, s’était assoupie, dira-t-elle, 15 à 20 minutes sur un banc. A son réveil, Fiona avait disparu. Le parc, d’une superficie de 25 ha est assez escarpé par endroits, ce qui a pu faire penser au départ à un accident. Mais, très vite, l’enquête s’est orientée sur la piste d’un enlèvement.

La police ne lance pas d’alerte enlèvement, mais un appel à témoin. 48 heures après la disparition de Fiona, une information judiciaire est ouverte pour enlèvement et séquestration. Le 16 mai 2013,  Cécile Bourgeon lance des appels à témoins dans tous les médias du pays. Dans la presse, elle raconte son quotidien depuis la disparition de Fiona, et la façon dont elle passe ses jours et ses nuits en l’absence de sa fille aînée. 

Crédit : AFP / THIERRY ZOCCOLAN
Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona, à Clermont-Ferrand, en mai 2013 (Archives).

Mais le 26 septembre 2013, quatre mois après la disparition de Fiona, c'est le coup de théâtre : Cécile Bourgeon, qui seulement quelques jours auparavant se plaignait de la lenteur de l'enquête, avoue. Elle raconte que Fiona serait morte sous les coups de son compagnon…

Le corps de Fiona n'a jamais été retrouvé. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf  sont mis en examen et incarcérés en octobre 2013 pour des "violences volontaires sur mineur de moins de 15 ans par ascendant ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner". Le procureur de la République de Clermond-Ferrand a requis un renvoi devant les assises de la mère de Fiona et son compagnon. Cécile Bourgeon est finalement poursuivie pour coups et blessures mortels en réunion, elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L'affaire Typhaine Taton

Le 18 juin 2009, à Maubeuge dans le Nord, la disparition de Typhaine Taton, 5 ans, est annoncée par sa mère Anne-Sophie Faucheur. Une information judiciaire est ouverte pour enlèvement.  Dès l'annonce de la disparition, d'importants moyens de recherches sont mobilisés : la Sambre est sondée, les trains et les bus sont fouillés. Le lendemain, Anne-Sophie Faucheur et son compagnon sont placés en garde à vue, mais libérés le soir-même. Le 24 juin 2009, la mère de Typhaine et son compagnon organisent une conférence de presse pour faire part de leur inquiétude et relayer l'appel à témoins. 

Anne-Sophie Faucheur, mère de Typhaine Taton

Mais le 30 novembre 2009, Anne Sophie Faucheur est à nouveau placée en garde à vue et finit par reconnaître sa responsabilité dans la mort de sa fille. Anne-Sophie Faucheur affirme que Typhaine est morte suite à une punition qui aurait mal tourné, le 10 juin 2009. Le 1er décembre, elle est mise en examen pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, puis pour meurtre. Le 2 décembre, son concubin, Nicolas Willot est mis en examen, il reconnaît avoir enterré la fillette en Belgique. Le corps est retrouvé dans une forêt dans la banlieue de Charleroi, et l'autopsie confirme que la fillette est morte suite à des coups violents. Anne-Sophie Faucheur et Nicolas Willot sont tous les deux condamnés à 30 ans de prison dont 20 de sûreté par la cour d'assises de Douai le 25 janvier 2013.

L'affaire Flactif

Le samedi 12 avril 2003, un garçon de 14 ans, Mario, découvre la maison de sa mère Graziella et du nouveau compagnon de celle-ci, Xavier Flactif, vide, comme abandonnée à la hâte. Pas de trace non plus de ses trois demi-frères et sœurs, Grégory, 7 ans, Laetitia, 9 ans et Sarah, 10 ans. Pendant plusieurs mois, les équipes spécialisées de la gendarmerie nationale mènent l’enquête, sans qu’on retrouve la trace des disparus.

David Hotyat

Le 17 septembre 2003, coup de tonnerre dans l’enquête qui semblait piétiner : on apprend ce jour-là que le mystère est en passe d'être élucidé. Un suspect vient en effet d'avouer le meurtre de la famille Flactif. Il s'agit de David Hotyat, le voisin de la famille. Quelques temps auparavant, l'homme que l'on présentait comme la dernière personne à les avoir vus vivants, témoignait à la télévision, avec sa compagne Alexandra Lefevre.David Hoytat a été condamné en juin 2006, à la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

Nos invités

Daniel Zagury, expert psychiatre ; Roland Coutanceau, expert psychiatre ; Franck Antson, correspondant RTL à Lille ; Frédéric Perruche, correspondant RTL à Clermont-Ferrand.

Vous pouvez à tout moment soumettre une affaire à Jacques Pradel. Laissez votre message avec les principales informations nécessaires à l'équipe de l'émission pour programmer, peut-être prochainement, ce fait-divers dans L'Heure du Crime.

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2016-03-11 11:16:00
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