L'énigme du vol MH 370

REPLAY - Depuis le 8 mars 2014, on a perdu tout contact avec le vol MH 370 de Malaysia Airlines reliant Kuala Lumpur à Pékin, avec 239 personnes à bord. L’avion a-t-il été détourné vers la base américaine de Diego Garcia ? Les américains l’ont-ils abattu ? L’avion est-il caché au Kazakhstan et ses passagers retenus en otages ?

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L'énigme du vol MH370 Crédit Image : AFP Crédit Média : Jacques Pradel Télécharger

L'édito de Jacques Pradel

Deux ans après la disparition mystérieuse du vol MH 370 de la Malaysia Airlines, l’enquête d’une journaliste du Monde relance l’affaire avec une nouvelle hypothèse : Cet avion affirme-t-elle, n’a pas disparu !

Au matin du 8 mars 2014, on apprenait que le Boeing 777, assurant la liaison Kuala Lumpur-Pékin, avait subitement disparu des écrans radar, avec ses 239 passagers. Quinze jours plus tard, les autorités Malaisiennes privilégient l’hypothèse d’un détournement qui aurait mal tourné. L’avion se serait crashé à bout de carburant, quelque part dans l’océan indien. On évoque aussi la possibilité d’un suicide ou d’un coup de folie du commandant de bord.

Puis des rumeurs, toutes plus extraordinaire les unes que les autres, prennent le relais. L’avion aurait été détourné sur la base militaire américaine secrète de Diego Garcia, au large de Madagascar. Des témoins l’auraient vu survoler les Maldives à basse altitude…

Mon invitée, la journaliste Florence de Changy, correspondante du Monde et de RFI en Asie-Pacifique, a mené l’enquête, pour en arriver à la conclusion qu’il s’agit d’une immense entreprise de désinformation, et que le lieu du crash est parfaitement connu et tenu secret par plusieurs États qui maintiennent le secret de cette vérité qui dérange. On se retrouve dans un instant.

Le boeing 777 de Malaysia Airlines s'est volatilisé le 8 mars 2014

Le 8 mars 2014, le vol MH 370 de Malaysia Airlines, qui devait effectuer une liaison entre Kuala Lumpur et Pékin disparaît, en pleine nuit, des radars. Les contrôleurs aériens ont perdu le contact avec l'appareil, un boeing 777 transportant 239 personnes, dont une majorité de Chinois et quatre Français, alors qu'il survolait l'espace aérien du Vietnam. 

Crédit : TENGKU BAHAR / AFP FILES / AFP
Des avions de la Malaysia Airlines, le 26 février 2007, à Kuala Lumpur. (archives)

Très vite, l'hypothèse du détournement est privilégiée. On s'aperçoit que deux passagers, des ressortissants iraniens, voyageaient avec des passeports volés. Mais la thèse de l'acte terroriste s'effondre rapidement : les deux voyageurs ne semblent avoir aucun lien avec le terrorisme.

Cette première piste s'éloigne tandis que des éléments troublants viennent étayer le mystère de cette disparition : lorsque les proches des passagers composent leurs numéros de portable, une sonnerie retentit au bout du fil. On en conclut finalement qu'il s'agit d'un phénomène qui n'a rien d'anormal. Le 9 mars, un bateau vietnamien pêche ce qui semble être des débris d'avion. Fausse piste. Le 13 mars, un satellite chinois repère de nouveaux objets flottants. Fausse piste

Le 15 mars, on apprend que l'avion n'a pas suivi sa trajectoire prévue. Il aurait même changé de cap par deux fois. La piste du détournement volontaire est de plus en plus privilégiée, d'autant plus que le New York Times affirme trois jours plus tard qu'un ordinateur à bord a été programmé longtemps à l'avance pour permettre ce changement de trajectoire. Mais pourquoi les personnes à l'origine de ce détournement auraient-elles voulu enfoncer l'avion au cœur de l'océan Indien, éloigné de toute terre ?

Crédit : AFP PHOTO / US NAVY / MASS COMMUNICATION SPECIALIST 1ST CLASS PETER D. BLAIR/RELEASED
Le robot sous-marin à la recherche de l'avion disparu de Malaysia Airlines.

20 mars. De nouveaux débris repérés par un satellite, australien cette fois. Mais les débris sont impossibles à localiser exactement : c'est une aiguille dans une botte de foin. 

24 mars. Le premier ministre malaisien annonce officiellement, dans une conférence de presse, que le vol MH370 s'est bien abîmé en mer. On croit le dossier définitivement clos. 

9 avril. On n'a toujours pas retrouvé de débris de l'avion, mais cette fois un navire australien détecte des signaux acoustiques dans l'océan Indien. Ils pourraient provenir d'une boîte noire de l'avion. Aucune boîte noire ne sera pourtant retrouvée. 

Fin mai, l'hypothèse retenue, selon laquelle l'avion a coulé au fond de l'océan Indien, dans sa zone sud, est réfutée. Retour à la case départ.

Mais seize mois après la disparition du boeing, un débris est enfin retrouvé, sur l'île de la Réunion. L'enquête confirme qu'il appartient bien à l'avion de la Malaysia Airlines.

Crédit : RICHARD BOUHET / AFP
La police escorte le fragment d'aile d'avion qui pourrait être un débris du vol MH 370 à l'aéroport Roland-Garros de La Réunion, le 31 juillet 2015.

La semaine dernière, un deuxième morceau a été trouvé sur un banc de sable entre le Mozambique et Madagascar. On ne peut encore dire avec certitude s'il s'agit bien d'un débris de l'avion, ou s'il ne s'agit là que d'un emballement médiatique, à quelques jours du deuxième anniversaire de cette mystérieuse disparition.

A propos du livre "Le vol MH 370 n'a pas disparu"

Qu'est-il arrivé au vol MH370 de Malaysia Airlines ? Comment un Boeing 777, bourré d'électronique, avec à son bord 239 passagers et au moins autant de téléphones, a-t-il pu se volatiliser à l'insu des radars et des satellites dans l'une des zones les plus stratégiques de la planète ?

Deux ans plus tard, les proches des disparus attendent toujours une explication plausible. Sur la foi de savants calculs mathématiques, on leur affirme que l'avion s'est abîmé dans l'océan Indien. Mais aucune preuve tangible n étaye cette version officielle.

Le Boeing transportait-il des passagers suspects ? Une cargaison secrète ? En marge des investigations au large de l'Australie, le monde entier s'est lancé sur les traces de l'avion : services secrets, enquêteurs privés, scientifiques et passionnés de toute sorte. Des millions de dollars ont été engloutis. En vain. Le mystère est devenu thriller.

Correspondante du Monde et de RFI en Asie-Pacifique, Florence de Changy a démonté les rumeurs une à une, exploré toutes les pistes, de Kuala Lumpur aux Maldives. Au fil de recherches fascinantes, elle a eu accès à des documents confidentiels, rencontré des témoins capitaux.

Sa conviction : le vol MH370 n'a pas disparu. Des gens savent. Des États occultent certains faits. La vérité dérange.

Nos invités

Florence de Changy, journaliste, correspondante à Hong Kong pour Le Monde, RFI et France Info. Auteure du livre Le vol MH370 n’a pas disparu (Editions Les Arènes / à paraître le mercredi 9 mars) ; Pierre Julien, journaliste à RTL, spécialiste aéronautique et défense.

Le vol MH370 n'a pas disparu

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http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/l-enigme-du-vol-mh-370-7782232018
2016-03-07 12:12:00
http://media.rtl.fr/cache/ISc6EJm6oKFwhD0I9hsGkA/330v220-2/online/image/2015/0308/7776927272_un-memorial-pour-marquer-les-un-an-de-la-disparition-du-vol-mh370-de-la-malaysia-airlines.jpg