"Il oublie qu'il oublie" : Chirac souffrirait d'anosognosie

Un nom sur ce mal qui l'empêche de se "souvenir". La défense de Jacques Chirac a transmis au tribunal de Paris un rapport médical privé sollicité par sa famille et qui affirme qu'il n'est pas apte à répondre aux questions à son procès qui s'ouvre lundi. Selon son gendre, il "n'a plus la mémoire pour cela". Selon le Journal du Dimanche, il s'agirait en fait de l'anosognosie, un trouble neuropsychologique. Le tribunal devra débattre demain, à l'ouverture de l'audience, des suites à donner à cette démarche.

"Il oublie qu'il oublie"

Ainsi, selon le Journal du Dimanche, Jacques Chirac souffre d'anosognosie, une forme de maladie d'Alzheimer. Le journal explique ainsi que la maladie est le fait de ne pas être conscient des difficultés que l’on a. On oublie qu'on oublie en quelque sorte. Le JDD cite également une source proche de l'ancien président de 78 ans : "En un an, son état s’est considérablement dégradé. Plus rien ne l’amuse, il n’est plus capable de soutenir une conversation, il peut vous demander 'qui est Fillon ?' et se lever brutalement parce qu’il a envie de partir…"

Anosognosie
Un AVC en 2005

Les symptômes invoqués par les avocats et les proches de Jacques Chirac pour qu'il n'assiste pas à son procès pourraient résulter des suites d'un AVC, de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou d'une "démence vasculaire", selon des spécialistes.

Plusieurs années après un accident vasculaire cérébral - Jacques Chirac avait été hospitalisé pour un AVC en 2005 -, peuvent apparaître des troubles de mémoire ou des anomalies dans d'autres régions du cerveau, concernant par exemple le langage.

Certaines zones du cerveau sont mal irriguées et manquent d'oxygène de façon répétée lors d'une telle succession de petits accidents de la circulation dans les vaisseaux sanguins. Il peut en résulter une "démence vasculaire". La démence vasculaire représente 30% de toutes les démences, précise le Pr Forette.

Pertes de mémoire, language ou fonctions cognitives

Selon les zones du cerveau touchées, cela peut entraîner des pertes de mémoire, affecter le language ou plus globalement les fonctions cognitives, autrement dit les capacités de raisonnement. L'âge entre en jeu : la capacité de régénération du cerveau, c'est-à-dire sa plasticité, diminue en vieillissant. Les structures qui avaient pris le relai après un AVC peuvent ne plus être capables de le faire, parce que chaque jour on perd un peu plus de neurones, dit le professeur Yves Dauvilliers, neurologue au CHU de Montpellier.

Les lésions dues à un AVC ou une démence vasculaire peuvent coexister avec une maladie neurodégénérative. Si la maladie d'Alzheimer, que le grand public associe généralement aux problèmes de mémoire, est la plus connue et la plus fréquente, il existe au moins "une demi-douzaine" de maladies neurodégénératives, selon Mme Forette.

Jacques Chirac n'a "plus l'entière capacité de participer" à son procès, selon ses avocats et ses proches. Une personne le fréquentant régulièrement, a fait état des "pertes de mémoire" de l'ex-chef de l'Etat, évoquant aussi "une parole mal maîtrisée".

Retour sur le procès Chirac

Le procès Chirac : comprendre en images

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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