Eric Besson : "Le bonus écologique s'appliquera aux voitures commandées jusqu'au 31 décembre"

Le ministre chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Eric Besson a annoncé que le bonus écologique pour l'achat d'une voiture neuve plus propre s'appliquerait aux voitures commandées avant le 31 décembre, et non plus à celles qui auront été livrées avant cette date.

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Eric Besson, ministre chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique : "Le bonus écologique s'appliquera aux voitures commandées jusqu'au 31 décembre" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Ecoutez aussi sur RTL.fr : Automobile : une rallonge pour le bonus 2010


Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Eric Besson.

Eric Besson : Bonjour, Jean-Michel Aphatie.

Le système de bonus instauré par le Grenelle de l'Environnement, qui favorise l'achat de voitures propres, coûte cher au budget de l'Etat : 500 millions d'euros en 2010. C'est pour cette raison, par souci d'économie, que le gouvernement a décidé de baisser, l'année prochaine, les seuils de déclenchement de ces bonus. Mais ceci pourrait fragiliser l'industrie automobile française, notamment. Et c'est pour éviter un plongeon, Eric Besson, que vous avez pris une décision que vous allez nous annoncer.

Je voudrais dire les choses autrement, si vous voulez bien.

Ah, bien sûr !

D'abord, le système de bonus-malus a connu un formidable succès. Nous avons modifié nos comportements écologiques, nous avons acheté plus de voitures propres. Ca a eu un coût incontestablement...

... 500 millions d'euros en 2010.

... Plus élevé que ce qui avait été prévu au départ. Mais surtout, ça a influé sur le marché de l'automobile. Il est donc normal qu'il évolue, ce bonus-malus. Il sera, vous avez raison de le dire, moins avantageux l'année prochaine. Le gouvernement a décidé puisque le Premier ministre a arbitré de modifier la date de référence pour l'octroi de ce bonus. Actuellement, c'est la date de livraison qui compte. Nous avons décidé que ce serait désormais la date de commande, ce qui fait effectivement un coup de pouce, une bonne nouvelle, comme vous l'avez pré-annoncée pour les automobilistes qui vont acheter une voiture. Et ça veut dire pour les Français, vos auditeurs qui nous écoutent, pour les Français plus globalement, que le fait d'acheter sa voiture avant le 31 décembre, permettra de bénéficier du bonus le plus avantageux, c'est-à-dire aux conditions de cette année, année 2010 et non pas de l'année 2011.

Vous avez très bien expliqué la chose. La mesure a un coût, Eric Besson ?

Oui, elle coûte de l'argent. Ca dépendra évidemment du résultat des commandes, mais c'est au moins...

... Quelle est la prévision ?

Au moins 50 millions d'euros, oui.

Ca a été difficile à la prendre puisque le Premier ministre disait, mardi dernier, il le répétera sans doute aujourd'hui, que sa priorité absolue c'était la réduction des déficits. Donc, dans la vague des déficits, 50 millions d'euros ce n'est pas grand chose ; mais enfin, on continue de le dépenser. On n'économise pas en faisant ça.

Le Premier ministre a, à la fois, la préoccupation de la croissance, de l'emploi, donc du maintien de l'activité ; et en même temps, vous avez raison, celle de la réduction des déficits. Il arbitre en fonction de ces deux critères principaux.

Ca a été dur d'arbitrer ?

Non, non, non ce n'est jamais dur. C'est une discussion.

Alors c'est toujours harmonieux ! Ca signale quand même une industrie automobile, notamment française, qui va mal. On redoute un début de l'année prochaine notamment très difficile pour les constructeurs français. Vous le confirmez, Eric Besson ?
   
Je ne sais pas.

Il y a des notes qui ont circulé.

D'abord, actons que les années 2009 et 2010 ont été deux bonnes années. Ce qui vient confirmer l'impact du plan de soutien à l'industrie automobile qui avait été arrêté au plus fort de la crise. 2009 a été une très bonne année ; 2010 a été une bonne année. Je ne sais pas ce que sera l'année 2011 ? Nous verrons.

La prévision est assez pessimiste !

Ca dépend quand même énormément du taux de croissance, du taux d'activité, du moral des ménages. Vous connaissez tout ça par cœur !

Restons optimiste !

Reste une donnée très importante : nous bénéficions - c'est René Ricol qui gère cela, et je vais travailler main dans la main avec lui - des fonds structurels de ce qu'on a appelé le Grand Emprunt, c'est-à-dire les investissements d'avenir. N'oubliez pas que nous avons mobilisé 750 millions d'euros qui peuvent aller, par exemple, aux véhicules du futur, aux véhicules propres. Donc, l'Etat s'est déjà doté d'instruments pour continuer son action structurelle en faveur de l'automobile.

Qui a dit, Eric Besson : "Une voiture française destinée à être vendue en France doit être produite en France. C'est la position du Président de la République". Qui a dit ça ?

Vous me posez une colle. Je ne sais pas.

Votre prédécesseur.

Mon prédécesseur, Christian Estrosi.

Vous rediriez ça, vous ?

Je ne le dirais pas exactement sous la même façon, parce que nos constructeurs automobiles sont européens, sont mondiaux. En revanche, il avait Christian Estrosi, comme nous tous, la préoccupation que nous produisions davantage en France, c'est une préoccupation bien légitime. On ne s'offusque pas quand dans d'autres pays, il y a cette préoccupation de production nationale.

Mais ce qui m'intéressait dans la phrase, c'était le "c'est la position du Président de la République", parce qu'on n'a jamais entendu le Président de la République dire ça, alors on ne sait pas.

Ecoutez, Christian Estrosi a œuvré beaucoup ; n'attendez pas de moi que je le critique a posteriori, d'autant que c'est un ami.

Ca n'était pas du tout mon objectif ! Vous êtes aussi en charge, Eric Besson, de l'industrie nucléaire. Et on attend à ce propos, les spécialistes attendent une décision importante concernant Eurodif. C'est une usine d'Areva située sur le site du Tricastin qui enrichit de l'uranium pour le compte d'EDF. Le contrat entre les deux sociétés Areva et EDF se termine le 31 décembre ; et on redoute, du coup, qu'Areva ne soit obligée de fermer son site. Avez-vous une position, une proposition à ce sujet, Eric Besson ?

Oui. Très clairement. D'abord d'un mot, la France peut s'énorgueillir, peut avoir la chance d'avoir deux grands champions mondiaux en matière de nucléaire. Elle a d'autres champions : GDF-Suez, Total mais en la circonstance, EDF et Areva. Il faut conforter leur position. Ce sont, en plus, des clients et fournisseurs ; donc, ça veut dire qu'au-delà de leurs relations commerciales, nous devons faire, l'Etat doit faire qu'il y ait un véritable partenariat stratégique.

Alors, il y a un certain nombre de difficultés, de pierres d'achoppement et vous avez raison : l'avenir de ce qu'on appelle "Georges Besse 1" - l'usine d'enrichissement  par diffusion gazeuse - était une pierre d'achoppement. L'Etat, sous l'autorité du Premier ministre, vient de rendre son arbitrage. Nous avons écrit aux deux entreprises. Le site verra son activité prolongée jusqu'à la fin de l'année 2012, c'était ça notamment sur le plan industriel, sur le plan humain, sur le plan social qui était attendu, et l'Etat a arbitré en matière de prix de fourniture d'électricité, un prix que nous croyons juste et équilibré.

Il faut conforter notre filière nucléaire. Nous avons besoin du nucléaire, nous avons besoin de mettre en œuvre ce qu'on appelle le Grenelle de l'Environnement, c'est-à-dire diversifier le bouquet énergétique mais le nucléaire civil reste un atout extraordinaire de compétitivité et d'attractivité de notre territoire.

Vous forcez la main au P-DG d'EDF, Henri Proglio, qui ne va pas être content de votre arbitrage ?

Non, non, on ne force pas la main, c'est quand même normal que l'Etat actionnaire à un moment, constatant une divergence d'analyse entre deux grandes entreprises qui relèvent du secteur public, disent : voilà le cap. Voilà la ligne. Ca se fait évidemment après discussions approfondies, concertations approfondies avec les deux entreprises en question.

Vous n'êtes plus ministre de l'Immigration, Eric Besson. C'est un soulagement ?

Vous l'avez noté !

C'est un soulagement ?

Non, ça n'est pas un soulagement...Enfin, dire que je serais soulagé, ça voudrait dire que je renie ce qui a été l'action du gouvernement pendant deux ans et la mienne. Je crois que la régulation des flux migratoires est indispensable dans une grande démocratie, dans un espace ouvert qui est l'espace Schengen et je crois que la régulation des flux migratoires est le complément indispensable de l'intégration. A titre personnel, revenir sur des sujets qui ont historiquement toujours été les miens, je suis un amoureux de l'industrie, je n'ai jamais cru aux sociétés post-industrielles. Je crois que les économies fortes ont besoin d'une industrie forte. Oui, à titre personnel, je suis très heureux d'être en charge d'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique.

Vous n'avez pas été remplacé parce que vous êtes irremplaçable ?

Non, je ne le dirais pas comme ça parce que le Président de la République et le Premier ministre ont décidé de recréer le grand ministère de l'Intérieur et de l'Immigration qui existait mais ça ne change rien au cap qui a été fixé.

Oui, Brice Hortefeux va faire son travail d'avant plus votre travail d'avant !

Il a des capacités de travail extraordinaires, Brice Hortefeux.

Impressionnantes !

Absolument.

Voilà. N'allons pas penser que personne ne veut plus être ministre de l'Immigration !

Ah détrompez-vous ! Je me souviens lorsque la rumeur disait que j'aurais pu quitter le ministère de l'Immigration, je me souviens de plusieurs candidatures ; et si demain, il advenait que le Président de la République le propose, rassurez-vous, il y aurait beaucoup de candidats.

Voilà. Vous allez le signer ce contrat, Vincent ?

Vincent Parizot : Avant le 31 décembre ! Avant le 31 décembre 19 heures. Je peux encore rentrer à 7 heures moins 5 dans la concession signer le contrat, et ça y est j'ai le bonus !

Banco !

Pour l'année 2010.

Voilà, c'était l'annonce d'Eric Besson, ce matin, sur RTL. Bonne journée.

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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Eric Besson : "Le bonus écologique s'appliquera aux voitures commandées jusqu'au 31 décembre"
Eric Besson : "Le bonus écologique s'appliquera aux voitures commandées jusqu'au 31 décembre"
Le ministre chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie mercredi matin. Eric Besson a annoncé que le bonus écologique pour l'achat d'une voiture neuve plus propre s'appliquerait aux voitures commandées avant le 31 décembre, et non plus à celles qui auront été livrées avant cette date.
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2010-11-24 10:00:00