Automobile : pas de nouvelle prime à la casse, mais un soutien aux véhicules propres

Le plan d'aide à la filière automobile passera par un "soutien massif" aux véhicules "innovants et propres", mais le gouvernement exigera des "contreparties" des constructeurs, a annoncé mercredi le ministre du Redressement productif. Arnaud Montebourg, qui doit présenter son plan d'aide le 25 juillet, s'est déclaré "très tenté" d'accentuer les mesures qui concernent le bonus-malus écologique. En revanche, il a dit "tirer les leçons de l'échec" de la prime à la casse versée entre fin 2008 et 2010.

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Le plan d'aide à la filière automobile passera par un "soutien massif" aux véhicules "innovants et propres", annonce Arnaud Montebourg Crédit : Christophe Bourroux

Il n'y aura plus d'aides publiques à la filière automobile sans contrepartie : c'est l'avertissement lancé mercredi matin par Arnaud Montebourg.

"On n'a rien sans rien, on donne des aides publiques, les contribuables sont aux côtés d'une entreprise pour l'aider à se redresser, à se sauver et à réussir, eh bien il y a des contreparties", a prévenu ministre du Redressement productif.

Ce plan n'est "pas prêt" et "encore en discussions au sein de l'exécutif", mais Arnaud Montebourg en a déjà dévoilé certaines grandes lignes. "Nous écartons la prime à la casse et nous nous dirigeons vers des formes de soutien massif vers les véhicules innovants et propres, hybrides et électriques", a-t-il ainsi expliqué. "Nous sommes très tentés d'accentuer les mesures liées au bonus malus écologique", a-t-il ajouté.

"Nous avons là un avantage compétitif et comparatif très fort en France, chez nos constructeurs français", a expliqué Arnaud Montebourg. Renault a fait de l'électrique un axe majeur de son développement, tandis que PSA Peugeot Citroën privilégie l'hybride. "Nous souhaitons pousser cet avantage donc finalement favoriser les constructeurs qui travaillent sur le territoire français", a-t-il dit.

Il a attaqué le gouvernement précédent sur les prêts accordés aux constructeurs, "sans aucune contrepartie" selon lui. En 2009, le gouvernement avait prêté 6 milliards d'euros à taux préférentiels à Renault et PSA Peugeot Citroën, mais avec pour contrepartie le maintien de tous leurs sites en France.

Arnaud Montebourg dit aussi "tirer les leçons de l'échec" de la prime à la casse versée entre fin 2008 et 2010. Au départ fixée à 1.000 euros, puis progressivement réduite à 700 euros puis 500 euros, elle s'était révélée beaucoup plus lourde pour les caisses de l'Etat que les 220 millions d'euros prévus au départ, avec un coût final de plus d'un milliard d'euros.

Elle avait stimulé les ventes de voitures de l'ensemble des constructeurs, particulièrement en 2010, mais le marché était reparti à la baisse l'année suivante.

Pour Arnaud Montebourg, une telle prime revient "en quelque sorte à financer avec de l'argent que l'on n'a pas la fabrication de voitures qu'on ne fabrique plus ou qu'on ne fabrique pas".

Le ministre a violemment mis en cause la stratégie du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën, dont il reçoit le numéro un en fin d'après-midi. "Nous avons un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l'alliance avec General Motors, le comportement de l'actionnaire", a lancé Arnaud Montebourg.

par La rédaction numérique de RTL
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