Syrie : pour intervenir, le "vote du Parlement n'est pas une obligation" selon Claude Bartolone

INVITÉ RTL - Le président de l'Assemblée nationale a estimé que François Hollande était légitime pour engager une intervention en Syrie, même sans l'aval du Parlement.

Claude Bartolone invité de RTL le 2 septembre 2013
Crédit : Damien Rigondeaud / RTL.fr
Claude Bartolone invité de RTL le 2 septembre 2013

Un vote n'est pas nécessaire, selon Claude Bartolone. Contrairement à de nombreux députés de tous bords, le président de l'Assemblée nationale, défend les "pouvoirs régaliens" de François Hollande dans le dossier syrien.

Selon le socialiste, le président est tout à fait "légitime" pour décider d'une intervention contre le régime de Bachar el-Assad, et cela, même sans obtenir l'aval du Parlement. Députés et sénateurs se contenteront de débattre la possibilité ce mercredi : ils ne seront appelés à voter que dans le cas où une intervention se prolongerait plus de quatre mois.

Et Claude Bartolone de tacler l'UMP, qui réclame un vote sur la question. "En 2008, la droite dans l'opposition a réformé la Constitution", rappelle-t-il au micro de RTL. "Ils se sont dits, non, il ne peut pas y avoir d'obligation de vote (...) Je ne crois pas qu'on ait à se poser la question de savoir à chaud, alors que Bachar el-Assad nous regarde et nous écoute, s'il faut réformer la Constitution."

Etats-Unis et Royaume-Uni face au fantôme de l'Irak

Avec le retrait de David Cameron d'une possible intervention, après le refus du Parlement britannique de s'engager, Barack Obama a décidé de chercher le soutien du Congrès américain.

Rien à voir avec la France, balaye immédiatement Claude Bartolone. "Les États-Unis et le Royaume-Uni payent les mensonges de la guerre en Irak", estime-t-il. A l’époque, une intervention avait été décidée sur la base de la détention, par Saddam Hussein, d'armes de destruction massive. La France s'y était opposée.

Avec cette opposition, l'Hexagone a gagné en crédibilité, juge le président de l'Assemblée nationale. "Nous sommes dans une situation différente" par rapport à nos alliés américains et britanniques, explique-t-il. Et le socialiste de saluer la concertation autour de l'intervention française au Mali. "Jamais l'Assemblée nationale n'avait été autant tenue au courant", affirme-t-il.

En jeu, la place de la France dans le monde

Dans le cas présent, la situation exige une réaction de la France, réagit Claude Bartolone. "Nous sommes dans une confrontation avec un dictateur qui alors que l'utilisation des armes chimiques est interdite depuis 1926 a gazé 1.600 personnes", affirme-t-il. "L'objectif de la France aujourd'hui, c'est de dire que ce genre d'actes sera toujours condamné par la France."

Après une intervention viendra le temps de trouver une "solution politique", poursuit Claude Bartolone. "Mais avant d'arriver là, il faut sanctionner un acte que la démocratie ne peut pas accepter." Et le socialiste d'invoquer "l'image de la France dans le monde", la "France des droits de l'homme".

Jean-Michel Aphatie >
Claude Bartolone : "C'est au chef de l'Etat de décider si la situation exige ou non un vote parlementaire sur la Syrie" Crédits : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
1/
La rédaction vous recommande
par La rédaction numérique de RTL
Suivez La rédaction numérique de RTL sur :
Vous aimerez aussi
Commentaires Avec Bell & Ross

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous