Stéphane Le Foll : "Prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze !"

L'eurodéputé socialiste, directeur de campagne du socialiste François Hollande, répondait par téléphone aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Stéphane Le Foll a conseillé "de prendre la plaisanterie de Corrèze, pour une plaisanterie de Corrèze", après les déclarations de Jacques Chirac affirmant qu'il voterait en 2012 pour l'ancien premier secrétaire du PS. "J'ai l'impression que Jacques Chirac a envoyé un message surtout à Nicolas Sarkozy", a-t-il lancé. Il a souligné que les déclarations de l'ancien chef de l'Etat avaient été faites "dans un contexte très particulier, qui était celui d'une exposition dans le musée de Jacques Chirac en Corrèze". Et Stéphane Le Foll de préconiser : "C'est Jacques Chirac lui-même qui a dit que c'était une plaisanterie de Corrèze, prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze".

Stéphane Le Foll, le 16 janvier 2008 au Mans
Crédit : AFP Archives - Jean-François Monier
Stéphane Le Foll, le 16 janvier 2008 au Mans
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Stéphane Le Foll, directeur de campagne de François Hollande : "Prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze !" Crédit Média : Jean-Michel Aphatie Télécharger

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Stéphane Le Foll.

Stéphane Le Foll : Bonjour.

Vous êtes avec nous au téléphone depuis Le Mans, dont vous êtes l'élu. On l'a compris, samedi, Jacques Chirac va voter François Hollande. C'est le genre de soutien dont vous vous seriez bien passé ?

Ecoutez, j'ai l'impression que Jacques Chirac a envoyé surtout un message à Nicolas Sarkozy dans un contexte très particulier qui était celui, je crois, d'une exposition dans le musée de Jacques Chirac en Corrèze. Donc, voilà, moi je n'y prête pas plus ni d'attention, ni je ne lui donne pas plus de signification que celle-là. Je crois qu'il faut garder un peu de retenue et puis surtout éviter d'en tirer des conclusions définitives.

Vos amis - mais néanmoins concurrents - du Parti socialiste peuvent avoir envie d'utiliser ça en disant : "Tiens, voilà, François Hollande est soutenu par la Droite maintenant, tiens ?"

Peut-être qu'ils essaieront. Peut-être que certains l'ont déjà fait. Mais je ne crois pas que... Tout ça, les Français regarderont tout ça, à mon avis, avec un peu plus de recul. C'est Jacques Chirac lui-même qui a dit que c'était une plaisanterie de Corrèze. Prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze.

 Jacques Chirac ne sera pas électeur des Primaires au Parti socialiste ?

Je ne le crois pas.

Mais s'il le veut, il le peut ?

Ah, s'il le veut, il le peut. Oui. Mais il sera reconnu quand même !

Il y a des chances. François Hollande, du fait du retrait de Dominique Strauss-Kahn, est devenu un petit peu le favori de l'élection primaire. C'est embêtant ? C'est difficile à gérer pour vous, Stéphane Le Foll ?

Ca change les choses, c'est vrai. On était plutôt dans la situation d'outsider qui montait tout doucement face à Dominique Strauss-Kahn qui était effectivement en tête, lui, des sondages. On voit qu'aujourd'hui après ce qui s'est passé, les Français se tournent vers celui aujourd'hui qui apparaît comme en capacité de rassembler le plus largement possible les Français dans cette élection présidentielle.

Et donc, vous espérez gagner la primaire ?

Nous espérons, bien sûr, gagner la primaire. Mais c'était déjà le cas avant même que cet événement avec Dominique Strauss-Kahn se passe... Nous sommes partis pour gagner.

C'est vrai. Vous avez toujours été optimiste. Est-ce que François Hollande a fait une bêtise en disant : "Je serai un Président normal" ?

Non parce que je pense  que dans sa tête derrière cette expression, il y a quatre éléments majeurs pour lui.

Quatre ?

Oui.

Allez-y !

- Le premier... Présider et ne pas être hyper-Président.   

Oui.
 
Il ne s'agit pas de tout décider. Ca, c'est le premier point.

- Le deuxième, c'est d'agir mais de ne pas être hyper-actif, c'est-à-dire : dire tous les jours qu'on va changer tout, et puis on change rien au bout du compte.

- Le troisième point, c'est rester constant et pas être inconstant. Je rappelle, en particulier, la position de la France par rapport aux pays arabes, il n'y a pas si longtemps. On avait invité Bechar al-Assad au 14 juillet.

- Et puis, dernier point  : c'est être ouvert au dialogue, à l'écoute et pas être sectaire. Je pense que ces quatre points là, ça fait partie d'une normalité, d'un Président de la République qui doit être retrouvée après 2012.

Il y a des gens qui n'y croient pas du tout à François Hollande - président normal ou pas. Vous avez sans doute noté cette phrase de Laurent Fabius, mi-avril, devant des étudiants d'une école de commerce à Bordeaux. "Vous voyez François Hollande Président, a dit Laurent Fabius,  mais on rêve !"

Moi j'ai noté, là pour le coup, que Jacques Chirac dans son livre, avait souligné la dimension d'homme d'Etat de François Hollande. Je retiens surtout ça moi de Jacques Chirac.

Oui, mais l'hostilité de Laurent Fabius, ça présage une campagne interne difficile ?

Ah, je crois qu'elle ne date pas de la Primaire, voilà. Et donc, je n'ai pas beaucoup plus de commentaires à faire sur ce que peut dire Laurent Fabius ou François Hollande. J'imagine qu'il aura l'occasion de s'exprimer à nouveau.

Ca présage d'une campagne interne difficile, Stéphane Le Foll ?

Eh bien, on essaiera justement, nous, d'être au-dessus de tout ça. Et on a essayé depuis le départ, d'ailleurs. Et on continuera sur cette ligne, d'éviter de tomber dans ce bisbille interne. C'est, je crois que les militants, les sympathisants et d'ailleurs plus largement les Français, ils en ont un peu marre. Donc, soyons à la hauteur de l'enjeu. Faisons en sorte d'expliquer ce qu'on veut faire. Pourquoi François Hollande est candidat et pourquoi il peut rassembler pour pouvoir gagner en 2012.

Savez-vous si Martine Aubry sera candidate, Stéphane Le Foll ?

A l'instant où l'on parle, je sais pas. Elle n'a toujours pas indiqué de souhait même si elle a dit qu'elle prendrait toutes ses responsabilités ; mais moi je ne peux pas avoir d'autres informations que celles qu'elle a elle-même données ; donc, pour l'instant, il faut attendre.

Vous n'avez pas d'information particulière ?

Non.

Sinon, vous nous les donneriez ?

Sinon, je vous les donnerai, bien sûr, sans aucun problème, surtout à RTL il y a Jean-Michel Aphatie, ça va de soi.

C'est trop gentil ! Je voudrais vous soumettre un cas un peu particulier, c'est celui du sénateur socialiste, Jacques Mahéas. Il est élu de Seine-Saint-Denis, maire de Neuilly-sur-Marne, et sénateur. Il a été condamné en mars 2010 par la Cour de Cassation de manière définitive à 10.000 euros d'amende pour des agressions sexuelles sur une ex-employée municipale. Et il dit ceci puisqu'il risque d'être exclu du Parti Socialiste. Je cite, Jacques Mahéas : "Mon affaire n'aurait jamais pris cette ampleur si le scandale Dominique Strauss Kahn n'avait pas éclaté et puis, il y a peut-être aussi le fait que je suis un soutien de François Hollande qui est un ami." Qu'est-ce que vous pensez de cette affaire ; et Jacques Mahéas condamné pour agressions sexuelles doit-il être exclu du Parti socialiste ?

Moi je ne fais pas de lien entre sa position dans la primaire et ce qui lui est arrivé dans le cadre judiciaire. Je veux dire là-dessus, moi je suis  très clair. Le Parti socialiste, à partir de ce qui s'est passé, va le convoquer dans ce qu'on appelle la commission nationale des conflits, c'est-à-dire ce qui est l'instance qui gère les exclusions du Parti socialiste. Il aura l'occasion d'expliquer ce qu'il a envie de dire mais en même temps, le Parti socialiste aura à prendre la décision qui lui semblera la plus juste ; et c'est vrai que cette condamnation, elle est là.

Alors, elle est... Comme vous l'avez dit, je crois que c'est une amende de 10.000 euros. Je n'ai pas regardé ce qui était les faits exactement. Il y a eu une condamnation à 10.000 euros ; donc, il y a une commission nationale des conflits qui est chargée de statuer. Elle va le faire rapidement. A partir de là, moi je n'ai aucune mansuétude et je ne ferais surtout pas le lien entre cet aspect judiciaire et le soutien qu'il pourrait apporter, ou qu'il a apporté à François Hollande.

Le fait qu'il se déclare ami de François Hollande, ne vous amène pas à avoir envie de le défendre ?

Ah non ! Chacun assume les responsabilités qui sont les siennes ; et je ne ferai pas de liens ni de rapport entre les choses. Il faudra qu'on regarde ce qui a été fait et qu'en conséquence, une décision soit prise en fonction des frais.

On a vu François Hollande - une photo dans "Le Parisien" - qui a fait beaucoup parler en scooter. Il paraît que vous lui conseillez de ne plus prendre son scooter... ?C'est vrai ?

Ah ça, je peux toujours lui conseiller de ne plus prendre son scooter. Aujourd'hui, il considère que pour se déplacer à Paris, il vaut mieux se déplacer en scooter. Ca fait déjà plusieurs années qu'il le fait.

Electrique ou pas, le scooter ?

Non, pas électrique. Non, non, c'est un trois roues.

Pas électrique ! Ah, ce n'est pas terrible ça !

Les scooters à trois roues parce qu'il faut quand même un peu plus de stabilité pour pouvoir tourner ...
 
Allez, on ne va pas dire la marque !

Et on ne va pas dire la marque à l'antenne.

Stéphane Le Foll invité de RTL ce matin.                             
2012 et vous

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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Stéphane Le Foll : "Prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze !"
Stéphane Le Foll : "Prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze !"
L'eurodéputé socialiste, directeur de campagne du socialiste François Hollande, répondait par téléphone aux questions de Jean-Michel Aphatie lundi matin. Stéphane Le Foll a conseillé "de prendre la plaisanterie de Corrèze, pour une plaisanterie de Corrèze", après les déclarations de Jacques Chirac affirmant qu'il voterait en 2012 pour l'ancien premier secrétaire du PS. "J'ai l'impression que Jacques Chirac a envoyé un message surtout à Nicolas Sarkozy", a-t-il lancé. Il a souligné que les déclarations de l'ancien chef de l'Etat avaient été faites "dans un contexte très particulier, qui était celui d'une exposition dans le musée de Jacques Chirac en Corrèze". Et Stéphane Le Foll de préconiser : "C'est Jacques Chirac lui-même qui a dit que c'était une plaisanterie de Corrèze, prenons la plaisanterie de Corrèze pour une plaisanterie de Corrèze".
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2011-06-13 09:51:00
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