Serge July : "Les erreurs de Nicolas Sarkozy"

Du lundi au vendredi à 18h25, le fondateur de "Libération" et grand observateur de la vie politique depuis trente ans, propose un billet d'humeur. L'occasion de livrer son regard sur une actualité qui l'a marqué.

Serge July
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Serge July : "Les erreurs de Nicolas Sarkozy" Crédits : Serge July | Durée : | Date :
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Plusieurs sondages donnent le Président candidat en baisse par rapport à son adversaire à 4 jours du 1er tour. Ce n’est pas conforme au scénario décrit par le chef de l’état, c’est votre avis ?

D’abord ce ne sont que des sondages, c’est à dire des photographies. Ces instantanées montrent une baisse d’autant plus frappante que Nicolas Sarkozy était la recherche d’une dynamique qui devait le mettre 4 à 5 points au-dessus de François Hollande pour espérer déjouer les prévisions sur le 2e tour. Alors que tous les présidents sortants ont toujours été en tête au 1er tour, les deux candidats seraient à égalité au 1er tour, le socialiste restant intouchable pour le second. Nicolas Sarkozy ne serait pas parvenu à changer la donne de cette élection, alors  qu’il partait déjà avec le handicap commun à tous les chefs d’état ou de gouvernement aux affaires depuis la crise de 2008 : tous sans exception été battus.

Quels sont les facteurs propres à Nicolas Sarkozy ?

D’abord un énorme sentiment de supériorité l’a poussé à la faute : non seulement il a sous-estimé son adversaire, qu’il pense nul, mais il l’a fait surtout de manière agressive, jusqu’à hystériser sa campagne, soulignant un aspect, qui n’est vraiment pas le meilleur  de sa personnalité. Il s’éloignait lui-même de la posture du président protecteur et rassembleur. Ensuite le changement perpétuel de stratégie : il est passé du modèle allemand dont il a fait son projet pour la France, à une campagne occidentaliste, ultra droitière,  flirtant avec des thèmes du Front National, il a surenchéri dans le souverainisme en devenant le candidat du non à l’Europe, il y a ajouté des accents sociaux pour suggérer que François Bayrou pourrait être 1er ministre. Je défie quiconque de trouver une cohérence à cette campagne.

Il n’a pas su trouver un discours unificateur entre les électeurs du FN et ceux du Modem?

Oui. Alors qu’il en avait trouvé un en 2007. Patrick Buisson a extrêmisé Nicolas Sarkozy, le mettant souvent en porte à faux avec lui-même. Et çà résume très bien la difficulté de sa situation : pour espérer l’emporter, il lui faut obtenir des reports de voix majoritaires tant des électeurs de marine le Pen, que de ceux de François Bayrou. Mais les uns font fuir les autres, sans compter les abstentionnistes et ceux qui préfèrent Hollande. In fine, cette campagne boiteuse, injouable ou mal jouée, fait le jeu de l’alternance.

Votre carnet de notes : 9 sur 20 à Serge July ?

Evoquant les ralliements à François Hollande, j’ai parlé hier de Hugues Ranson qui avait été le conseiller social  de Jacques Chirac à l’Elysée. J’ai dit qu’il travaillait à la fondation Jacques Chirac. C’est inexact, mais il collabore avec l’ancien président à son bureau privé. Et il votera Hollande, c’est vrai.

par Serge JulyJournaliste RTL
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