Ségolène Royal sur DSK : "Je retiens l'envie de tourner la page"

La présidente socialiste de Poitou-Charentes, candidate aux primaires du PS, répondait lundi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Ségolène Royal a dit retenir de l'intervention de Dominique Strauss-Kahn, la veille sur TF1, "l'envie de tourner la page", ce qu'elle-même juge souhaitable comme téléspectatrice. "Cette émission a permis de clore quelque chose qui nous a beaucoup trop occupés", a-t-elle poursuivi. Pourrait-il siéger dans son gouvernement si elle accédait à l'Elysée ? "Je pense que ce n'est plus d'actualité", a répondu la présidente de Poitou-Charentes. "C'est non".

Ségolène Royal sur RTL le 19 septembre 2011
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Ségolène Royal sur RTL le 19 septembre 2011
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Ségolène Royal, présidente socialiste de Poitou-Charentes, candidate aux primaires du PS : "Je retiens l'envie de tourner la page" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Ségolène Royal.

Ségolène Royal : Bonjour.

Dominique Strauss-Kahn s'est exprimé hier soir sur TF1. Que retenez-vous de son intervention ?

Je retiens l'envie de tourner la page.

L'envie de retourner dans la vie politique ?

L'envie de tourner la page, à la fois il l'a laissé entendre, mais l'envie pour le téléspectateur, la téléspectatrice que j'étais, de tourner maintenant la page, de permettre aux Français de passer à autre chose, d'essayer maintenant d'élever le débat politique, puisque nous sommes historiquement dans une phase historiquement très importante, qui va définir ce que sera l'avenir du pays. Et je pense que cette émission a permis de clore quelque chose qui nous a beaucoup trop occupés.

Pourrait-il siéger dans votre gouvernement, si vous étiez élue à l'Élysée ?

Je pense que ça n'est plus d'actualité.

Donc, c'est non ?

Donc, c'est non.

Il a confié, hier soir, avoir voulu être candidat à la présidence de la République. Vous avez d'ailleurs dit vous-même publiquement, il y a quelque semaines, qu'il vous avait fait cette confidence à la fin du mois d'avril, lors de l'un de ses derniers passages à Paris, avant l'affaire new-yorkaise ; et Dominique Strauss-Kahn a aussi évoqué, et c'était la première fois, un pacte avec Martine Aubry, au sujet de cette candidature, ce qui fait apparaître la candidature de Martine Aubry, comme une candidature par défaut. Peut-on être candidat à la présidence de la république par défaut, Segolène Royal ?

C'est à elle de le dire !

Ca l'affaiblit ?

C'est à elle de le dire ! Moi, je ne veux pas interpréter les motivations des uns et des autres. Chacun est dans son objectif aujourd'hui. Moi, j'ai mon objectif devant moi. Donc je ne me disperse pas sur les motivations des autres candidats, ou des autres candidates, parce que je suis aujourd'hui au milieu des Français, tournée vers eux du matin au soir. Je prends d'ailleurs beaucoup de plaisir. Et en même temps, je vois aussi leurs difficultés, leurs souffrances et leur soif de savoir si la politique va leur apporter quelque chose de neuf.

Qui a été le meilleur jeudi soir sur France 2, Ségolène Royal, des six prétendants à l'investiture du Parti socialiste ?

Je pense que chacun pense avoir été le meilleur ou la meilleure.

Le pensez-vous ?

Mais comme je viens de vous le dire, je ne porte pas de jugement sur les autres candidats ou sur les autres candidates, je ne me disperse pas.

Mais sur votre prestation. Elle a été assez critiquée. On a dit : "Elle n'a pas été très bonne, Ségolène Royal"...

Mais qui a dit cela ?

La presse. Vous savez, la presse qui dit beaucoup de choses fausses, on le sait. La presse l'a dit.

La presse. La presse a le droit de penser cela.

Mais quand vous avez lu ça, vous vous vous êtes dit : "Ils se trompent" ?

Moi, j'écoute les gens, j'écoute les Français.

Donc vous convenez que votre prestation n'était pas forcément réussie?

Je n'ai pas entendu hier à Caen, avant-hier à Rennes, le jour précédent à Dunkerque, le jour précédent à Roubaix, cet après-midi je serais à Reims. Donc je rencontre énormément de gens, et en tête à tête. Parce que je fais des dialogues dédicaces avec mon programme. Ca me permet d'entendre chaque Français, chaque citoyen qui vient me voir. C'est très enrichissant, sur ce qu'est devenue la situation de la France aujourd'hui. Des gens qui souffrent des bas salaires, qui s'angoissent sur la suppression de la retraite à 60 ans.

Et dans ce contact-là, je puis vous dire que je n'ai entendu aucune critique, au contraire, les citoyens que j'ai rencontrés, m'ont dit "continuez comme ça", "on a bien compris ce que vous nous expliquiez, vous avez été la plus claire, celle qui a dit les choses les plus concrètes, on sent que vous avez vous, un programme cohérent, et on a envie d'avancer avec vous". Donc je vais continuer.

Les bas salaires, avez-vous dit. Vous étiez samedi à la Fête de l'Humanité. Jean-Luc Melenchon propose de porter le Smic, qui est à 1.365 euros bruts aujourd'hui, à 1.700 euros brut. Est-ce que vous reprenez à votre compte ce type de propositions, puisque vous dîtes que les bas salaires sont en progrès en France ?

Je pense qu'il est difficile de fixer un seuil, qu'on fixe un seuil. Pourquoi, parce que tous les salaires qui sont justes au dessus du Smic, se disent et nous, qu'est ce qu'on devient ? Et donc, la vraie solution, c'est la hausse globale des bas salaires. Le Smic est à 1.070 euros net. Et quand hier j'ai rencontré une femme qui travaillait dans une usine agro-alimentaire à la chaîne depuis plus de 35 ans et qui est toujours à 1.070 euros net. Un ouvrier du bâtiment mutilé de la main qui est toujours à 1.070 euros net au bout de quarante ans de cotisations, à qui on vient de supprimer l'accès à la retraite à 60 ans, je me dis que dans notre pays, il y a un problème très grave de justice dans la répartition des revenus et dans la répartition des salaires.

Et ce que je ferai, c'est une conférence salariale régulière, pour qu'il y ait des politiques dynamiques salariales parce qu'il y a des entreprises qui pourraient augmenter les bas salaires, et qui ne le font pas, parce que tout simplement qu'en France, certains patrons, lorsqu'ils ne sont pas obligés de faire quelque chose, ils ne le font pas.

Mais pas d'augmentation du Smic ?

Mais il faudra augmenter le Smic et les bas salaires. Mais dans un contexte économique difficile, c'est-à-dire que moi, je tiens les deux piliers ensemble. D'un côté, je veux faire de la France, un pays d'entrepreneurs, et donner aux entreprises, les moyens de se développer en mettant à leur disposition les crédits bancaires, et la banque publique de financement ; et en contrepartie, je leur demanderai d'avoir des politiques salariales dynamiques. C'est-à-dire au fur et à mesure de l'année, lorsque les entreprises ont des bons résultats, elles doivent engager des négociations salariales dynamiques, pour permettre une plus juste répartition des profits.

Cette dynamique salariale, qui existe en Allemagne, qui existe dans les pays du Nord de l'Europe, n'existe pas en France. Et nous sommes le pays d'Europe, où les bas salaires sont les plus bas, c'est à dire où en travaillant dur, on est quand même dans la misère. Et ça, ça n'est pas acceptable.

Vous avez eu des mots très durs contre les banquiers, Ségolène Royal. Michel Pébereau, président du conseil d'administration de BNP-Parisbas, la première banque française, sera demain à votre place, l'invité de RTL. Qu'avez-vous envie de lui dire ?

J'ai envie de lui dire, qu'il cesse de faire un chantage qui consiste à expliquer aux dirigeants politiques qu'il n'est absolument pas possible de réformer les banques.  J'ai envie de lui dire, qu'il cesse de faire le chantage aux licenciements.  Ou qu'il cesse ne nous raconter que si le gouvernement français réforme les banques, c'est impossible, parce qu'il faut que les banques restent compétitives par rapport aux autres pays européens.

J'ai envie de lui dire qu'il serait bien que les banques prennent enfin une initiative pour cesser de racketter les Français en leur faisant payer des tarifs bancaires exorbitants. Les banques ont d'ailleurs été condamnées par la Commission européenne. Elles ont du baisser un certain nombre de tarifs, mais les gens qui ont été rackettés n'ont pas été remboursés.

Les banques françaises sont cupides ?

Oui, les banquiers français sont cupides. Et j'ai envie de lui dire qu'il faut que les banques cessent de spéculer sur la dette des Etats, c'est-à-dire sur la misère des peuples. Et avec moi, les banques seront assujetties à une réglementation, parce qu'elles cesseront de commander, mais elles obéiront.

Vous serez présente au second tour le 16 octobre ?

Bien sûr ?
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par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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2011-09-19 11:23:00
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