Nicolas Sarkozy sur RTL : "Il n'y a plus de risque d'implosion de l'euro"

VIDEO - Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l’élection présidentielle, répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. "Le risque d'implosion de l'euro n'existe plus, mais l'Europe est convalescente, c'est une réalité et nous n'avons pas le droit à l'erreur", a affirmé le président candidat. Selon lui, "à la minute où nous relâcherons la pression sur la réduction des dépenses, la réduction des déficits, de l'endettement, la France connaîtra le sort de l'Espagne". Nicolas Sarkozy a affirmé qu'il fera, s'il est réélu, "trois ou quatre réformes fortes d'ici fin 2012", et qu'il prendra également, avant la fin de l'année, "des initiatives fortes" au niveau international.

Nicolas Sarkozy sur RTL le 20 avril 2012
Crédit : C.Doutre Abacapress / RTL
Nicolas Sarkozy sur RTL le 20 avril 2012
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Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la Présidentielle, vendredi sur RTL : "Il n'y a plus de risque d'implosion de l'euro" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean Michel Aphatie : Bonjour Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy : Bonjour.

Vincent Parizot : Nicolas Sarkozy, Président de la république, candidat à l'élection présidentielle, qui voulait vous prendre vos fiches.
   
Mais il ne l'a pas fait !

Non, non, je ne veux rien prendre, à monsieur Aphatie. Je ne suis pas comme monsieur Mélenchon qui dit : "Si vous croisez un riche, faites-lui les poches".

Ca vous a choqué ?

Ca me choque toujours quand on désigne à la vindicte des gens et ça me toque toujours quand des gens qui disent qu'il faut rassembler ce qu'on porte de façon si sectaire, comme m'a choqué d'ailleurs les propos de monsieur Hollande sur Eric Besson. On ne traite pas les gens de traître. Moi, je n'ai pas eu que des satisfactions avec monsieur Hirsch et madame Amara ; mais quand les gens ne sont pas élégants, il est inutile de les insulter.

Le devoir d'un Président de la République, voyez-vous, c'est de rassembler, d'apaiser, pas d'insulter.

On vous a reproché aussi de beaucoup diviser pendant votre quinquennat.

Oui, des reproches, on m'en a faits mais des réalités, on n'en a pas vues, bien au contraire. Je me suis astreint à quelque chose qui est le devoir du Président de la République c'est d'élargir sa Majorité, de s'ouvrir à des gens différents, de nommer à des postes importants des gens qui n'ont pas ses idées justement pour apaiser la France.

Quand monsieur Hollande dit qu'il ne nommera que des Socialistes et ne parle qu'à la Gauche et qu'il se débarrassera, sic, de tout fonctionnaire, de tout magistrat qui auraient travaillé avec la Majorité présidente, c'est exactement le contraire de l'esprit et du devoir du Président de la République.

Moi, je n'ai pas eu que des satisfactions avec "l'ouverture", bien sûr ; mais je reste convaincu que le rôle du Président c'est d'être Président de ceux qui ont voté pour lui et aussi de ceux qui n'ont pas voté pour lui. La France est un pays éruptif qui peut être violent, qui a besoin d'être apaisé ; et je suis très étonné de ces mots si violents : le "traître", les "riches" dont il faut faire les poches. Madame Joly qui ne dit pas un mot d'écologie. Ce triumvirat Mélenchon-Joly-Hollande, mon Dieu, on a l'impression que si on n'est pas avec eux, on n'aura pas beaucoup d'espérance de pouvoir trouver une place.

François Hollande a dit : "Si je suis élu à l'Elysée, je ne serais pas chef de tout, je serais chef de l'Etat ; mais je ne serais pas chef de gouvernement et pas chef de parti". En creux, c'est une forme de critique par rapport à ce que l'on vous a reproché, notamment au début de votre quinquennat, Nicolas Sarkozy. Si vous êtes réélu, serez-vous seulement chef de l'Etat ?

Je crois qu'il faut le croire lorsque pendant dix ans, il a été chef du Parti socialiste, il n'était pas chef de grand chose. Ca, c'est vrai. Ce sera dans sa  tradition. Il a essayé de composer avec toutes les différentes oppositions. Moi, j'ai une autre vision des choses. J'ai travaillé pendant cinq ans avec un Premier ministre qui s'appelle François Fillon, pas les mêmes, on n'est pas forcément d'accord sur tout ; mais je me suis appuyé sur lui et je pense qu'on a un devoir d'engagement.

L'une des choses qui m'ont le plus choquées dans ma vie politique, c'est lorsque j'avais entendu monsieur Jospin au nom du gouvernement socialiste dire à Vilvord, "Je ne peux rien". Je pense que si j'avais dit aux salariés d'Alstom, "J'y peux rien" ; à ceux de Pétroplus, "J'y peux rien" ; à ceux de Lejaby, "J'y peux rien" ; à ceux des Fonderies du Poitou, "J'y peux rien", on ne les aurait pas sauvés ; à ceux de Photowatt, "J'y peux rien" ; on ne les aura pas sauvés. Je pense que quand on vend...

... Ca n'était pas tout à fait ma question !

... Mais c'est tout à fait ma réponse !

Eh oui, je peux reposer ma question ?
 
Oui. Je pense que quand on est chef de l'Etat, on a un devoir d'engagement ; on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. Ca ne veut pas dire s'occuper de tout, monsieur Aphatie mais ça veut dire s'engager de toutes ses forces sur tout. Et ce qui est très difficile quand on chef de l'Etat, et j'ai cette expérience, c'est que ce n'est pas forcément les plus gros dossiers en termes financiers ou en termes politiques qui provoquent le plus de difficultés, le plus d'exaspération des Français. Donc, quand on est chef de l'Etat, de la première seconde de ce mandat jusqu'à la dernière, on doit être totalement engagé.

Laisserez-vous davantage de place dans un éventuel deuxième mandat, votre Premier ministre ? C'était ça ma question.

Vous savez, si vous regardez François Fillon et si vous le comparez avec les autres Premiers ministres de la Vème République, il n'y a pas eu de drame entre nous, il n'y a pas eu de clash. Souvenez-vous de Mitterrand et de Rocard ! Vous trouviez que Mitterrand lui laissait beaucoup de place ?

Souvenez-vous de Giscard et de Chirac ! Giscard laissait beaucoup de place ? Souvenez de tous les exemples qu'on a connus ?

Avec François Fillon, nous avons travaillé ensemble ; il est vrai que je considère qu'un deuxième mandat  forcément doit tirer les conséquences du premier. Je prendrais des initiatives avant la fin 2012, fortes en matière internationale. Et j'ai trois ou quatre réformes auxquelles je tiens beaucoup ; et donc, il est normal que le gouvernement puisse se déployer dans la limite des règles institutionnelles.

Vous avez dit que vous connaissez le nom de votre Premier ministre ; que peut-être, vous le direz entre-les-deux-tours ?

Oui, je le connais, bien sûr.

Ca sert à quoi de dire le nom du Premier ministre entre les deux tours, si vous êtes qualifié comme Président ?

L'élection présidentielle, ce n'est pas une élection en tandem mais je crois que c'est un moment historique, voyez-vous  pour la France. La France n'a pas le droit à l'erreur. Il faut que les Français aient tous les éléments pour choisir. Qu'ils puissent choisir sur les projets, sur les personnes, j'irais le plus loin possible en la matière.

Je voudrais d'ailleurs dire une chose ; on verra qui les Français mettront en tête au premier tour et qui ils choisiront pour être les deux candidats du deuxième tour. Mais il y a des choses qui m'étonnent. J'ai proposé qu'il y ait deux débats.
- François Hollande, au moment des primaires socialistes, a proposé trois débats. Et voilà que s'il est qualifié pour le deuxième tour, il n'en veut qu'un.

Il faut plus de débats quand on est socialiste pour parler aux socialistes que quand on est pour parler aux Français ? Quelle curieuse opinion !

Ces règles de la campagne dont parlait Alain Duhamel tout à l'heure, sont extraordinaires. Ca a été pendant cinq semaines : neuf contre un. Il y a des gens qu'on n'a jamais vus avant, qu'on ne verra jamais plus après qui se sont offert un petit festival de Cannes, une fois tous les cinq ans, qui sont venus parler de Mars ou de choses extravagantes. Les Français n'ont pas été au bout du débat sur les projets et sur les personnes.

Qu'essayez-vous de dire : que ce premier tour ne vous a pas permis de vous faire comprendre, de vous expliquer ?

Non, pas du tout, pas du tout ; moi je ne me plains pas.

Vous avez mené la campagne que vous vouliez mener au premier tour ?

Oui. Je ne me plains pas ; je fais campagne selon les règles qui sont fixées ; mais je pense qu'il y a un appétit de la part des Français  pour aller plus loin sur les projets, par exemple lorsqu'on propose d'augmenter le Smic et qu'on présente ça comme une grande avancée pour les plus modestes, et qu'on oublie de dire qu'on va augmenter les cotisations salariales  pour les retraites - parce qu'on remet en cause la réforme des retraites que j'ai faite - ça nécessite un débat, qu'on aille au fond des choses. Il y a un monde qui existe, il y a une Europe. On ne peut pas faire comme si on s'extrayait de la réalité du monde.

Bon. Je vous avais demandé : Premier ministre entre-les-deux-tours ? Mais bon, on ne va pas revenir là-dessus.

Oui, mais monsieur Aphatie...

Non, non. Vous connaissez son nom, vous avez dit ?
 
Mais bien sûr, c'est la première décision du Président de la République...

... Mais quel intérêt de le dire entre les deux tours, c'était ça ma question ? Pourquoi le ferez-vous ?

Je n 'ai pas dit que je le ferai. J'ai dit que c'était une possibilité dans un souci de transparence et de clarté.

D'accord.
 
Avec qui allons-nous gouverner ? Comment allons-nous gouverner ? Pour cela, il faut attendre ce que les Français diront au premier tour.

Les Bourses européennes sont toutes orientées à la baisse. Paris a perdu 2% hier.Vous aviez dit que la crise de l'euro était terminée. En êtes-vous sûr, ce matin, Nicolas Sarkozy ?

Disons, le risque d'implosion de l'euro n'existe plus mais l'Europe est convalescente, c'est une réalité. Et nous n'avons pas le droit à l'erreur. C'est ce que je viens de vous dire, monsieur Aphatie. Donc, à la minute où nous relâchons la pression sur la réduction des dépenses, la réduction des déficits, la réduction de l'endettement, eh bien la France connaîtra le sort de l'Espagne.

Savez-vous que la France a levé 8 milliards d'euros avant-hier pour financer sa dette ! Elle l'a fait à un taux historiquement bas, en-dessous de 3%. L'Espagne, à la même minute, emprunte pour financer sa dette au double du prix de la France. Les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Je vous rappelle que madame Royal quand elle était candidate face à moi en 2007, vantait l'exemple espagnol et que monsieur Hollande a été reçu par un seul Premier ministre, monsieur Zappatero, le Premier ministre espagnol. Je ne sais plus si l'exemple espagnol est toujours d'actualité.

"Nicolas Sarkozy affirme que la crise financière est derrière nous. C'est gros comme l'Arc de Triomphe." C'est François Bayrou qui parle.

Non, la crise financière, la crise de l'euro, la crise de l'implosion de l'euro, parce qu'il n'y avait pas de gouvernement économique...
 
... Elle est derrière ?

C'est derrière nous.

Mais François Bayrou ne vous croit pas.

Mais ça ne veut pas dire... Je peux les comprendre, vous savez. Ils n'ont pas participé à un sommet de chefs d'Etat et de chefs de gouvernement européens depuis des années, des années.

Je parle de François Bayrou.

J'ai participé... Oui.

Vous mettez un pluriel, mais moi je parle de François Bayrou.

Ils n'ont pas... Oui, je vous le dis ! J'ai participé à toutes les réunions de crise depuis quatre ans. J'ai cette expérience. Je sais ce qui se passe et ce qui ne se passe pas. Je vous dis une chose. Il n'y a plus de risque d'implosion de l'euro et c'est une très bonne chose parce qu'on a fait le gouvernement économique, parce qu'il y a eu le traité du 2 mars, parce que la Banque centrale est rentrée dans la bagarre en prêtant à 1% aux banques nationales, mais l'Europe est convalescente. Si demain, on veut échapper à la tyrannie des marchés, il faut rembourser ses dettes.

Les marchés, c'est quoi ? C'est des gens qui prêtent de l'argent. Si vous ne remboursez pas votre dette, vous êtes obligé d'aller vers eux ; et s'ils ne vous font pas confiance parce que vous dépensez trop, à ce moment-là, ils vous font payer l'argent qu'ils vous prêtent plus cher.

Vous espérez que François Bayrou vous ralliera au second tour, Nicolas Sarkozy ?

François Bayrou fera ce qu'il pense devoir faire, si je suis moi-même au second tour. Attendons ce que décideront les Français. Je veux dire juste une chose.

Je considère que l'objectif de zéro déficit pour la France en 2016 est un objectif absolument central. Je considère que nous n'avons pas le choix, qu'il faut doper la croissance mais qu'il faut réduire nos dépenses.

Lorque je vois que la proposition du candidat socialiste, c'est d'embaucher 61.000 fonctionnaires comme première décision, je me demande juste une chose : Quel est le pays au monde - même pas d'Europe, au monde ! -, qui choisit une stratégie pareille ? Est-ce qu'on n'a pas assez de fonctionnaires ? Y a-t-il un pays au monde ?

Deuxième décision : on remet en cause la réforme des retraites qui a permis à notre régime d'assurance-vieillesse d'être parfaitement équilibré : d'actualiser les pensions de retraite et de faire que le 1er juillet, je ferai  qu'elles seront payées le 1er de chaque mois et non pas le 8. Mais quel est le pays au monde qui conteste l'allongement de la durée de la vie ? Il n'y en a pas un seul !

Dernière question, Nicolas Sarkozy, puisque notre de temps de parole est terminé. Vous avez dit, hier matin, que vous ne seriez pas choqué que  les estimations de résultats soient rendus publics dès 18h30 ; et hier soir, le procureur de Paris a dit : "Si quelqu'un le fait, je le poursuis". Ce matin, quelle est votre position ?

Mais parce que nous ne sommes pas dans le même rôle. Le procureur de Paris s'adresse aux médias français. Moi en tant que chef de l'Etat et candidat, j'ai dit qu'on ne va pas brouiller les messages sur les ordinateurs pour que les Français ne puissent pas accéder aux résultats. Je n'ai pas dit...

Le Procureur de Paris dit : "Il faut respecter la loi".

Non, non... Mais il a raison.

Et vous aussi ?

Monsieur Aphatie, je dis la même chose : ça veut dire... Je dis que RTL n'a pas le droit, en fonction de la loi, d'annoncer ; mais qu'on ne va pas interdire aux  gens d'aller sur le site du "New York Times" pour connaître les résultats. Voilà ce que j'ai dit. Ca me semble assez naturel. Et je ne suis pas candidat au poste de Procureur de la République de Paris.

Non, mais que le chef de l'Etat dise : "Il faut respecter la loi", ça ne serait pas surnaturel, non plus !

Oui, mais un chef de l'Etat  doit aussi tenir compte des réalités. Tout le monde a un ordinateur ; tout le monde est sur ...

Donc la loi est dépassée ?

... Oh, elle est dépassée sur ce plan parce que : on va mettre une barrière numérique ? On va brouiller les ordinateurs ? On vit dans quel monde, enfin ! On va poursuivre les gens qui regardent une télévision à l'extérieur ? On va empêcher les gens qui ont un abonnement sur le cable de regarder la BBC ou une chaîne étrangère ? C'est ça qu'on va faire ? Ce n'est pas la France que je veux ; moi je veux une France qui fasse confiance aux talents, une France qui s'inscrive dans le monde moderne, une France où les journalistes peuvent faire leur travail...

... Ah, ça c'est bien !

... Et ne soient pas condamnés à donner le même temps à des gens qu'on voit une fois de temps en temps, qui vont disparaître et qui feront "Coucou !" dans cinq ans.

Allez, les journalistes ont respecté la loi aussi sur le temps de parole pendant cette campagne présidentielle.

Merci, monsieur Aphatie.

8h30, Nicolas Sarkozy devant les auditeurs (voici ici).
2012 et vous OK

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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Nicolas Sarkozy sur RTL : "Il n'y a plus de risque d'implosion de l'euro"
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2012-04-20 07:54:00
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