Education : Hollande pratique une "démagogie extravagante"

VIDEO - Nicolas Sarkozy, candidat à l’élection présidentielle, était l'invité exceptionnel de la "Matinale" de RTL. Après avoir répondu aux questions de Jean-Michel Aphatie et Alain Duhamel, et avant de dialoguer avec les auditeurs de RTL, le chef de l'Etat sortant était l'invité d'Yves Calvi et Jean-Michel Aphatie pour aborder les questions sur l’Éducation et l'Immigration. Il en a notamment profité pour dénoncer la "démagogie extravagante" du candidat socialiste François Hollande en matière d’Éducation, qui propose de créer 60.000 postes supplémentaires.

Nicolas Sarkozy sur RTL le 27 février 2012
Crédit : C.Guibbaud / Abacapress – RTL
Nicolas Sarkozy sur RTL le 27 février 2012

"L'école appartient au peuple de France"

"L'école appartient au peuple de France, l'école n'appartient pas aux seuls enseignants, aux seuls représentants des enseignants. L'école appartient à tout le monde et le discours sur l'école doit être un discours général", a affirmé M. Sarkozy.
  
"Que voulons-nous faire de notre école?", s'est-il interrogé, ajoutant: "Je suis effaré qu'on puisse dire, avant même de commencer la discussion sur l'école, qu'il faut créer 60.000 postes en plus, avant même d'obtenir la moindre réforme".
  
"C'est vraiment la démagogie dans ce qu'elle a de plus extravagante", a-t-il affirmé, faisant allusion, sans le nommer, au candidat PS à la présidentielle, qui propose de créer 60.000 emplois dans l'éducation nationale s'il est élu.
  
"Revaloriser d'urgence la profession d'enseignant"

"Il y a un peu plus de 400.000 élèves de moins dans l’Éducation nationale depuis dix ans, et il y a 45.000 professeurs de plus. S'il suffisait d'embaucher des profs pour que l'école fonctionne et que les profs soient heureux, on devrait avoir l'école qui fonctionne le mieux au monde et les professeurs les plus heureux du monde", a-t-il dit.
  
M. Sarkozy a réaffirmé qu'il fallait "revaloriser d'urgence la profession d'enseignant", en dénonçant "la paupérisation" de ce métier. "Je ferai des propositions sur le sujet", a-t-il dit.

*** Le texte de l'interview :

Jean-Michel Aphatie : Nous allons vous interroger, avec Yves, sur l'Education, mais on n'a pas eu le temps dans le premier passage, de vous soumettre la proposition de loi que François Hollande et le groupe socialiste vont déposer demain à l'Assemblée Nationale, c'est toujours lié au site de Florange en Moselle, cette proposition de loi, voudrait forcer les industriels qui ne veulent plus utiliser leur site, à les céder à un repreneur. Est-ce que c'est une proposition de loi qui vous parait juste, et que le parti politique qui est le vôtre, pourrait soutenir ?

Non, je ne vois pas l'intérêt de cette proposition. Parce qu'une fois, on a obligé Monsieur Mittal à vendre, vend à qui ?

JMA : Mais c'est un repreneur...

Bon parfait, pour tomber encore dans les mains d'un financier. Moi, je préfère une autre solution, ça c'est défensif, je préfère une autre solution : que l'Etat avec les instruments qui sont les siens, notamment le Fonds Souverain, le FSI, décide d'investir au côté du propriétaire, ou d'un autre pour donner du travail, pour moderniser le site. Faire vendre par quelqu'un qui trouve que le site n'est plus rentable pour le donner à qui, à un autre ? A qui, six mois après sera dans la même situation. Ca n'a pas de sens. Ce qui a du sens, c'est d'investir, ce qui a du sens, c'est la compétitivité. Ce qui a du sens, c'est d'alléger les charges sur le travail. Avec ça, on peut sauver Florange. Une fois que vous avez obligé, Monsiseur Mittal à vendre, et si vous ne dîtes pas à qui, qui le rachète ? Et pourquoi celui qui le rachète serait dans une meilleure situation que Monsieur Mittal ?

JMA : Il y a des cas où des industriels laissent leurs sites péricliter, n'investissent pas...
 
Non, c'est pas vrai, ce ne sont pas des industriels qui font ça. La caractéristique d'un industriel, c'est de respecter les salariés et d'aimer l'industrie. Ca ce sont des financiers qui font ça. Donc si c'est obliger un industriel à vendre, pour mettre dans les mains d'un financier, je ne vois pas ce qu'on a fait.
En revanche, dire "la sidérurgie, c'est pas fichu", à condition qu'on investisse, parce que qu'est-ce qui ne marche dans la sidérurgie, il faut dire les choses comme elles sont, c'est l'acier de base. Tout ce qui a de la plus-value, tout ce qui met de l'intelligence, de la compétitivité dans le produit qui est fabriqué, ça marche. Et c'est ça l'avenir, à Florange, comme à Fosse, comme à Dunkerque..

Yves Calvi : Monsieur le Président, une récente enquête montre que vous êtes particulièrement impopulaire chez les enseignants. Vous commencez une semaine consacrée à l'Education, diriez-vous "J'ai raté les profs ?".

Non, d'abord vous savez ce que je pense de toutes ces enquêtes, de tout ceci, on me dit populaire chez les agriculteurs, ça ne m'empêche pas de travailler une minute encore davantage pour les agriculteurs, ou impopulaire chez les profs, je ne vois pas la France comme ça. Je vois les professeurs comme des citoyens, les agriculteurs comme des citoyens, et j'essaie de parler aux Français dans leur ensemble.

Quel est le problème :  l'Ecole appartient au peuple de France. L'Ecole n'appartient pas aux seuls enseignants, eux seuls représentants des enseignants. L'Ecole appartient à tout le monde. Et le discours sur l'Ecole doit être un discours général. Que voulons nous faire de notre Ecole, est-ce que tout va bien, est-ce qu'il n'y a rien à discuter ? Je suis effaré qu'on puisse dire, avant même de commencer la discussion sur l'Ecole, qu'il faut créer 60.000 postes de plus, avant même d'obtenir la moindre réforme. C'est vraiment la démagogie dans ce qu'elle a de plus extravagante.

Ecoutez, les chiffres sont intéressants : il y a un peu plus de 400.000 élèves de moins dans l'Education Nationale depuis 10 ans, et il y a 45.000 profs de plus. S'il suffisait d'embaucher des profs pour que l'Ecole fonctionne et que les profs soient heureux, on devrait avoir l'Ecole qui fonctionne le mieux au monde et les professeurs les plus heureux du monde.

YC : Il se trouve que récemment, au Figaro Magazine, vous avez indiqué vouloir "augmenter la présence des adultes", je dis bien des "adultes" à l'école. Est ce que ça veut dire que c'est la fin des suppressions de postes, et qu'est-ce que ça veut dire concrètement "plus d'adultes à l'Ecole" ?

J'aurai l'occasion d'en parler et de faire des propositions fortes.

YC : C'est ce matin qu'il faut nous le dire.

Merci, c'est tellement gentiment présenté, que ça donne envie. Quel est le problème ? Le problème me semble t'il, c'est que jamais on n'a eu autant besoin que l'Ecole intègre et donne un même socle de connaissances à tous les enfants, et en même temps, jamais on n'a eu autant besoin d'une pédagogie différenciée parce que les enfants ne sont pas les mêmes.

Il y a des enfants où la scolarité en classe va suffire parfaitement, parce qu'ils sont dans un milieu favorisé, où il y a de la culture, où il y a des livres, où les parents sont enseignants. La présence en classe suffit.

Et puis, il y a des enfants en classe, ils se noient, ils ont besoin à la sortie de classe d'avoir des adultes qui les accompagnent, qui les aident. Nous avons commencé à le faire avec le primaire, puisqu'on a mis aux orphelins de ces heures, il y a plus d'un million d'enfants qui bénéficient d'études dirigées depuis que je suis président de la République.

YC : Mais donc ces nouveaux adultes, quelles seront leurs fonctions et leurs tâches au sein de l'Ecole ?

Voilà ce que je pense. Je pense qu'il faut revaloriser d'urgence la fonction enseignante, d'urgence.

JMA : Oui, il y une paupérisation. Vous allez augmenter le nombre des enseignants ?

Je vais y venir. Il y a une paupérisation de la fonction enseignante, qui fait que quand l'enseignant rentre dans sa classe, combien y a t'il d'enfants qui se disent, moi demain je vais faire le métier du professeur ? Combien ?

JMA : Très peu.

Parfait, donc il faut repenser le rôle des enseignants et rediscuter du travail des enseignants. Le travail est enseignant est fixé par un décret de 1958, c'est 26 heures de travail pour le primaire, c'est 18 heures d'obligation de service comme on l'appelle pour le secondaire. La question qui se pose aujourd'hui, est-ce qu'on peut pas travailler pour ce paramètre. Je ferais de propositions sur ce sujet, sur la base du volontariat. Il faut plus d'adultes dans l'Ecole, il faut mieux rémunérer les adultes auprès de nos enfants.

JMA : Ca va coûter cher ?

Il faut que les enfants, aient des adultes avec qui discuter. Je prends juste un exemple, ce qui est quand même extravagant : il n'y pas un professeur qui a un bureau dans l'établissement. Si dans sa classe, il y a un enfant qui a un problème, où est ce qu'il discute tous les deux, dans la cour, devant les autres, comment ça fonctionne ? Est-ce qu'on a pensé à cela? Est-ce qu'on ne peut pas comprendre cette chose simple, c'est que dans la classe on enseigne, peut-être qu'en dehors de l'établissement, on participe à l'Education.
Quand un enfant se noie, dans une classe où ils sont 25 ou 30, le professeur n'a pas le temps à confier. Si on ne prévoit pas dans l'emploi du temps du professeur un temps où il est avec la classe, et un temps où il est avec les enfants qui ont du mal à suivre, on passe à côté de la mission de l'Education Nationale.

JMA : Donc l'annonce importante, c'est que vous allez revaloriser le salaire des enseignants ?

J'aurai l'occasion de préciser, très précisément si vous permettez mes propositions sur le sujet.

JMA : Et si je peux vous faire remarquer que vous êtes d'accord sur François Hollande sur ce point : il faut plus d'adultes à l' Ecole, il le chiffre à 60.000 en cinq ans, et vous, vous le chiffrez à combien ?

Non, je pense qu'on ne peut pas augmenter le nombre de fonctionnaires dans notre pays.

JMA : Mais c'est ce que vous dîtes : plus d'adultes à l'Ecole.

Non, ce n'est pas ce que j'ai dit, si vous avez bien entendu, j'ai dit la durée des engagements sur la base du volontariat, on peut en discuter.

JMA : que chacun, à l'Education Nationale soit là plus longtemps, sur la base du volontariat ?

Sur la base du volontariat, on peut parfaitement discuter de ça. Il y a deux façons de

JMA : Vous dites un peu la même chose : il n'y a pas assez de présence à l'Ecole.

Heureusement, qu'entre Monsieur Hollande et moi, il y ait des sujets où on pourrait être d'accord. C'est pas absurde.

JMA : Comme vous disiez que ces 60.000 postes étaient...

Ca c'est vrai, c'est pas ce que je propose. Je propose que ceux qui sont en place, on puisse réfléchir à leur mission, à leur rémunération, et au nombre d'heures qu'ils passent dans les établissements.

Mais si vous voulez, il m'est arrivé de voter des traités négociés par François Mitterrand. L'Acte unique, la monnaie unique, le fait qu'il soit socialiste, ne m'a pas empêché de considérer que sur l'Europe, on devait faire un bout de chemin ensemble. Quand je vois que les socialistes se sont abstenus, abstenus sur le "mécanisme de solidarité", mais le Parti Socialiste, était un grand parti européen. Imaginez ce que peuvent penser aujourd'hui, les électeurs de gauche profondément européens, qui voient le parti qu'ils avaient choisi, ce qui est leur droit, s'abstenir sur l'Europe. Mais c'est une faute considérable.

YC : On clôt le chapitre éducatif. Continuez-vous de penser que "l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur", je vous cite, "dans la transmission des valeurs". Vous conviendrez qu'en France, on choisit ou non sa religion, mais tout le monde va à l'école.

Ce n'est pas ça que j'ai dit. J'ai dit qu'à l'époque, où une minorité, tous les enfants allaient à la primaire, une minorité allait au collège. La France de l'époque, était une France rurale et les enfants allaient à la fois chez l'instituteur, dans l'école du village, et aussi, ils allaient à la catéchèse que les familles soient croyantes ou pas, c'était une toute autre époque. Aujourd'hui la France profonde, c'est la France des quartiers, c'est la France des banlieues, c'est la France des villes. Donc cette partie, là, elle a été complètement occultée.

YC : Une autre phrase précise, à Latran, c'était en 2008 : "Dans la transmission des valeurs, et dans l'apprentissage entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé, et le pasteur".

Non, ce n'est pas, je viens de vous le dire, c'est que la vie est quelque chose d'extraordinaire, et que si on n'apprend pas les valeurs qui sont attachées à la vie, on passe à côté de quelque chose, qui est que la vie n'est pas un bien de consommation comme les autres.

YC : Il n'avait pas aimé.

Non, non, vous l'avez sorti de son contexte. C'était à l'époque, un paragraphe sur ce qu'on appelait le hussard de la République, le rôle des instituteurs. Je dis, l'Histoire a rendu hommage aux instituteurs, dans le rôle qui a été le leur pour faire de bons citoyens, mais a complètement occulté la part dans nos villages de ruralité, qui était à l'époque, celle des curés ou des pasteurs. L'époque a changé, puisqu'au jourd'hui on n'envoie pas les enfants à la catéchèse, on n'est plus dans un village de campagne. Et c'était référence à cette idée de la 3ème République. A ce moment, ils travaillaient ensemble, même s'ils ne s'aimaient pas, meme s'ils s'aimaient pas, les familles les menaient.

JMA : Aujourd'hui l'instituteur peut remplacer le curé et le pasteur dans l'apprentissage entre le bien et le mal ?

Dans l'Education, il n'y a pas que le savoir et le programme, il y a aussi la considération d'un certain nombre de valeurs qui comptent, le bien, le mal, comment on se comporte comme citoyen, comment on respecte la vie, un certain nombre de choses qui font partie de l'éducation

JMA : Vous avez beaucoup parlé pendant votre quinquennat, de l'immigration, on vous a parfois reproché de le faire avec violence, et notamment à Grenoble, le 30 juillet 2010. Regrettez-vous, la tonalité de votre discours de Grenoble sur l'immigration ?

Sur quoi j'ai été violent à Grenoble ?

JMA : Vous avez fait un lien direct entre l'immigration et l'insécurité.

Vous pouvez me citer une phrase, je serai très heureux d'y répondre.

JMA : 50 années d'intégration ont été un échec, et nous ont conduit à la situation difficile que nous connaissons.

Nous n'avons pas un problème d'intégration ?

JMA : Alors vous ne le regrettez pas, certains vous ont reproché ce discours, mais vous ne regrettez pas a posteriori d'avoir prononcé ce discours ?

On regrette toujours quand on n'a pas été suffisamment compris. Mais d'ailleurs quand je n'est pas été compris, ce n'est pas sur cette partie là, c'est sur la question des Roms.

Soyons sérieux, d'abord je conteste l'idée qu'on ne puisse pas parler de l'immigration. L'immigration est un sujet, il faut arrêter, de dire que c'est un sujet interdit, l'immigration est une question. L'immigration peut être un atout, mais c'est aussi, un problème. Et contester cette réalité, c'est passé à côté de la réalité des Français. C'est leur mentir. On ne peut pas continuer, on ne peut pas accepter tout le monde. Et on ne peut pas dire que notre modèle d'intégration est un succès, alors qu'on voit le problème de ghettoïsation que l'on a dans certains nombres de quartiers. J'ai dit cela, en quoi est ce outrageant à l'endroit de qui que ce soit. Deuxièmement, j'ai fait une proposition, qui me semble t'il est forte, c'est que désormais que le contentieux sur l'immigration soit dans la main d'un seul juge, et non pas de deux.

JMA : Et vous voulez faire un référendum à ce sujet ?

S'il y a blocage, parce que ça impose une réforme de la Constitution. Je voudrais que les Français comprennent. Ca n'est pas du tout technique. Le juge de la rétention quand quelqu'un arrive sur notre territoire, c'est le juge judiciaire, c'est celui qui décide qu'il doit rester en rétention, le temps qu'il ait des papiers ou pas. Et le juge de l'expulsion, c'est celui qui dit, s'il faut donner "papier". Le temps que le juge administratif se prononce, le juge d'expulsion a décidé de libérer la personne , Moyennant quoi, on n'a pas le moyen d'exprimer une politique de l'immigration, digne, respectueuse et ferme. Je propose donc que le contentieux de l'immigration soit dans les mains d'un seul juge.

JMA : Très curieusement, vous avez décidé de créer un ministère de l'immigration en 2007, parce que vous jugiez que c'était important, et deux ans après, vous l'avez abandonné. Il n'y a plus de ministère de l'immigration, il est revenu à l'intérieur, alors, ça figure dans le titre, mais il n'y a plus de ministre de l'immigration.

Il y a toujours un ministre de l'immigration, qui est le ministre de l'intérieur, mais je me suis aperçu que ce fut une erreur de séparer les deux ministères, puisqu'en vérité, s'agissant de la lutte contre l'immigration illégale, le ministre en charge, c'est le ministre de l'intérieur. Donc si vous mettez l'immigration dans un autre ministère, le ministre en charge de la lutte contre l'immigration illégale se trouve dépourvu de toutes possibilités d'action.

YC : De façon très concrète, pensez vous que l'immigration pèse sur le financement de la protection sociale en France ?

Ah si on ne maitrise pas l'immigration, il est parfaitement exact que ça posera un problème de financement de notre protection sociale.

YC : C'est déjà le cas aujourd'hui ?

Pourquoi ? En Allemagne, vous avez un système, où quand vous êtes étranger, vous ne gagnez pas la même chose que quand vous êtes Allemand. Si vous allez pas exemple dans les abattoirs en Allemagne. Vous voyez des gens qui sont Polonais, qui sont Turcs, qui sont étrangers à l'Allemagne, et qui ont un salaire inférieur aux Allemands. Ce n'est pas notre conception. Un étranger, Monsieur Calvi, est un être humain comme les autres. Il doit donc payer, avoir une protection sociale, exactement comme les autres.Donc, si nous acceptons tout le monde sur notre territoire, ça pèsera sur le financement de notre protection sociale.

YC :  Une précision : estimez vous qu'il faille réserver certaines prestations sociales aux seuls citoyens français ?

Je ne vois à quoi vous faites allusion.

YC : Ca s’appellerait, la préférence nationale.

Non, je ne vois pas à quoi vous faites allusion. Non, ce n'est pas du tout ma vision des choses. Je suis pour qu'on maîtrise les entrées sur notre territoire. Nous avons fait par exemple sur le regroupement familial, fait une réforme extrêmement importante, qui a fait passer le regroupement familial de 25.000 par an, à 15.000. C'est à dire dorénavant, pour que quelqu'un puisse faire venir sa famille, il ne faut pas simplement qu'il soit de sa famille, mais qu'il justifie de conditions financières et de logement.

Nous allons faire la même chose pour l'acquisition de nationalité par le mariage.  Mais quand vous travaillez, que vous êtes là légalement, que vous cotisez, il est normal que vous ayez les mêmes prestations.

YC : Donc on a compris que la France est généreuse même en période de crise et pas uniquement pour ses citoyens français.

La France est ouverte, et la France traite les êtres humains sur son territoire comme des êtres humains en fonction de leur nationalité ou de la couleur de leur peau.  Mais la France dit "tous ceux qui veulent entrer en France, ne pourront pas le faire. Parce que la France a un système social, parce que la France a des limites, et parce que la France veut une immigration légale.

JMA : Claude Guéant, le ministre de l'intérieur a qualifié le FN de parti nationaliste et socialiste. Il a tort de parler comme ça ?

Non, je n'ai pas de commentaires à faire. D'une manière générale, je trouve que l'on ne doit pas qualifier les uns ou les autres, qu'on les laisse vivre leur vie, ils n'ont pas besoin de nous pour en faire de la publicité.

JMA : Donc Claude Guéant a tort de le faire ?

C'est votre avis.

YC : Monsieur le Président de la république, vous vous êtes arrogé le droit de nommer les présidents de l'audiovisuel public, aucun regret ?

Non, ça n'est pas exact. Soyez précis, monsieur Calvi

JMA : Ah bon ? C'est vous qui nommez les patrons des chaînes publiques.

Non.

JMA : Avec, ensuite l'accord du Parlement.

Mais non, ce n'est pas comme cela que ça se passe. Ce n'est pas moi, Je. C'est le conseil des ministres, donc c'est le gouvernement, premièrement. Les institutions ont un sens. Ce n'est pas Jean Michel Aphatie, c'est RTL.

JMA : Le conseil des ministres ne peut pas s'opposer au président, en tous cas depuis 1968, on n'a ...

Qu'est ce qui se passe après, Monsieur Calvi, après ? Pour la première fois, la proposition du gouvernement adoptée en conseil des ministres et soumise à la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale , qui peut dire non, puis soumise à la commission des affaires culturelles du Sénat, qui peut dire Non. Puis soumise à l'avis du CSA, qui peut dire NON. Jusqu'à présent, c'était quoi ? Les petites combines qui faisaient que dans le secret de petits conciliabules, de ce qui avait donné le scandale, rappelez-vous de la nomination à l'époque de Monsieur Mitterrand, c'était Philippe Guillaume, et à l'époque, ça avait fait un scandale épouvantable.

YC : Donc vous n'avez aucun regret ? Vous trouvez cette formule positive.
JMA : Vous changeriez, si vous étiez réélu ce genre de nomination ?

Non.  Ecoutez, j'ai proposé deux propositions de ce type. Monsieur Pfmilin, il a été validé, sa nomination par la commission de l'assemblée, par la commission au sénat à la quasi unanimité, y compris le vote de l'opposition. Ca ne devait pas être un si mauvais choix.

YC : On ne conteste pas la qualité des hommes ou des femmes, c'est le mode de désignation.

C'est déjà pas si mal monsieur Calvi, qu'on ne conteste pas la qualité des hommes que j'ai choisis. Pour France Inter, Radio-France, j'ai choisi Jean Luc Hesse, j'ai proposé au CSA qui a donné un avis favorable, puis les commissions à l'Assemblée et au Senat, y compris le parti socialiste ont voté pour, et ont donné un avis favorable . En quoi n'est-ce pas démocratique ?

Nicolas Sarkozy RTL

par La rédaction numérique de RTL
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Education : Hollande pratique une "démagogie extravagante"
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2012-02-27 12:05:00
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