"Hollande veut moins de riches, moi je veux moins de pauvres"

VIDEO - Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l’élection présidentielle, répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Interrogé sur l'affaire Bettencourt, il a répondu qu'il fallait laisser faire la justice et il a redit que sa confiance en Eric Woerth était "totale". Il a par ailleurs critiqué le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault pour les "liens entre la CGT et le Parti communiste", tout en estimant que de nombreux adhérents du syndicat n'approuvent pas l'hostilité de la centrale à son égard. Le chef de l'Etat sortant a accusé une nouvelle fois "les permanents" de ce syndicat d'avoir "empêché" la sortie d'un numéro de "Ouest-France" qui comportait une interview de lui.

Nicolas Sarkozy sur RTL le 6 avril 2012
Crédit : F/BUKAJLO – ABACAPRESS/RTL
Nicolas Sarkozy sur RTL le 6 avril 2012
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Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l’élection présidentielle, sur RTL : "Hollande veut moins de riches, moi je veux moins de pauvres" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Bonjour Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy :
Bonjour.

Dans cette campagne, vous êtes combattu par la CGT et soutenu par le Medef. C'est dans l'ordre des choses Nicolas Sarkozy.

Je ne pense que je sois combattu par la CGT, je suis combattu par quelques permanents de la CGT.

Bernard Thibault dit qu'il est nécessaire de vous battre pour que vous ne fassiez pas un deuxième mandat.

Oui, c'est ce que je dis : par les permanents de la CGT. Mais je pense qu'il y a tout un tas de gens qui sont adhérents de la CGT, qui considèrent que le rôle d'un syndicat, c'est de défendre les salariés, pas de participer à la vie politique française.

Et soutenu par le Medef, c'est juste ?

J'ajoute juste un mot pour terminer. Justement, l'autre jour j'étais à Nantes, je donnais un entretien à "Ouest-France" : et quelques permanents de la CGT qui n'étaient pas contents que je donne un entretien au journal "Ouest-France", vous savez ce qu'ils ont fait ?C'est vraiment la démocratie ça, pas le syndicalisme dans ce qu'il y a de ce qu'il y a de plus beau et de plus noble ! Ils ont empêché le journal de sortir.

Alors, ne pas être soutenu par ces personnes, j'en suis heureux. Mais je fais la différence entre ces quelques permanents, qui confondent tout...

... Dont le secrétaire général ?
 
... Qui confondent tout, membre du Parti communiste comme chacun le sait...

... Non, Enfin ce n'est pas très grave...

Comme toujours les liens entre le parti communiste et la CGT sont bien connus. C'est son droit, et il faut qu'ils assument.

Et soutenu par le Medef? Est-ce que c'est gênant d'être soutenu par Laurence Parisot ?

D'abord, elle fait ce qu'elle veut. Je ne pense pas que je sois soutenu, parce qu'ils n'ont pas pris de positions, mais je pense qu'il  a des dizaines de milliers de chefs d'entreprises qui travaillent très dur, qui mettent leur patrimoine dans leurs affaires, qui n'ont rien à voir avec les comportement profondément choquants d'un certains nombres de patrons irresponsables, et je suis heureux si ces gens-là qui créent de l'emploi, qui créent de la croissance, qui donnent un travail à nos compatriotes, et bien je suis heureux si ces gens-là se reconnaissent dans les idées que je défends.

Laurence Parisot a déclaré dimanche : "Le bilan de Nicolas Sarkozy n'est pas un boulet, mais un boulot extraordinaire, il faut continuer le travail effectué ces dernières années".

Eh bien, vous voulez vraiment que j'en veuille à des gens qui disent avec honnêteté que si ça avait été François Fillon au gouvernement et moi, la France aurait pas tenu dans la crise ? Il n'y en a pas tant que ça sur les média qui disent ce qu'ils disent, c'est même assez courageux.

Et je vais même vous dire autre chose : c'est vrai, la France a tenu dans une crise inouïe. Nous sommes le seul pays d'Europe à avoir augmenté le pouvoir d'achat chaque année. Nous sommes le seul pays d'Europe depuis 2009 qui n'a pas connu un trimestre de récession. Vous croyez que les Français ont envie de connaître le sort de la Grèce ou de connaître le sort de l'Espagne ? Vous pensez que ça les tente ? Vous pensez que les Français réfléchissent pas et se disent "tout va bien, on n'a qu'à dépenser un argent qu'on n'a pas !". Quand ils ont entendu monsieur François Hollande, annoncer avant-hier, que sa première année, d'abord c'est curieux de dire, "Voilà, je vais être élu pour cinq ans, mais je dis simplement ce que je fais la première année, le reste je le dis pas".

C'est un florilège de dépenses, allez ! On augmente l'allocation de rentrée scolaire, plus besoin de réforme des retraites, la réforme retraite qui a été faite partout dans le monde, nous en France on n'en n'a pas besoin. On dépense l'argent, mais quel argent ? Le vôtre, et qui paye ? Le contribuable.

"Les Echos", mardi, rendaient compte d'une étude effectuée par l'Institut des études publiques qui est rattaché - ça à l'air très sérieux - à l'école d'économie de Paris. Je vous montre le titre Nicolas Sarkozy : Depuis 2002, les ménages très aisés ont profité des baisses d'impôts six fois supérieures à la moyenne. Vous contestez ce bilan ?

Je le conteste totalement, et je vais vous dire pourquoi. Hier pendant la conférence de presse, un journaliste d'un quotidien économique, "alors expliquez-nous. Avec vous, les impôts n'ont pas baissé, les prélèvements obligatoires ont augmenté". Il faut savoir, soit on a fait des cadeaux aux riches, et dans ce cas-là, les impôts ont baissé. Soit on n'a fait aucun cadeaux aux riches - entre guillemets - sans jamais qu'on définisse qui c'est, et dans ce cas-là, ce procès est un procès injurieux et injuste.

Mais la fiscalité des ménages les plus aisés a baissé en dix ans. Ça a l'air d'être une réalité statistique.

Non, non, c'est parce qu'un organisme Théodule, dont personne ne connait l'intérêt, ni l'importance, ni la crédibilité dit quelque chose, qu'un journaliste fait un titre, que c'est une réalité. Monsieur Aphatie, un mensonge répété ne fait pas une vérité. La question est très simple. Les prélèvements obligatoires,

L'étude disait que les chiffres étaient têtus.

Alors restons sur les chiffres. Les prélèvements obligatoires, ont-ils baissé avec la crise ou pas ? Ils ont augmenté. Si les prélèvements obligatoires ont augmenté, comment peut-on dire qu'on a fait des cadeaux aux plus aisés et que leur fiscalité a progressé. Si les impôts ne baissent pas, il faut choisir. Soit on me reproche de ne pas avoir fait assez baisser les impôts, et je réponds : "dans la crise, il était normal que les plus aisés payent davantage que les autres.

Soit les impôts ont baissé, et dans ce cas-là, sur cette affaire de riches. Ce sont les mêmes qui disent, il ne faut pas stigmatiser, faut stigmatiser les étrangers en situation irrégulière, il faut stigmatiser le délinquant. En revanche, celui qui travaille, paie ses cotisations, paie ses impôts, ne demande rien à la société, celui-là, on peut lui taper dessus à bras raccourcis, matin midi et soir. On veut lui supprimer le quotient familial, ça c'est pas gênant, et on fixe la barre entre les riches et les pauvres à 4000 euros pour un couple, alors il y a une différence entre monsieur Hollande et moi, c'est vrai : il veut moins de riches, moi je veux moins de pauvres.

Puisque vous parlez de François Hollande, on a lu ceci sous la plume de Philippe Ridet, dont le magazine du "Monde". Il vous cite, Nicolas Sarkozy, il y a des guillemets dans la phrase que je vais prononcer : "Je vais gagner, et je vais te dire pourquoi : Hollande n'est pas bon, et ça commence à se voir, Hollande est nul, il est nul, tu comprends, et bien sûr, tu gardes ça pour toi."

Donc c'est la plume de Philippe Ridet. Et bien, invitez Philippe Ridet.

Avez-vous prononcé cette phrase ?

Non.

Vous ne pensez pas que François Hollande soit nul ?

Je vais vous dire, Jean-Michel Aphatie, je connais bien la vie politique, et pour tout dire aussi les journalistes. Et la tentation, parfois de certains de vos confrères, de dire des choses, un peu parfois, fâchées avec la réalité. Si j'ai quelque chose à dire je le dis.

Et donc, vous ne dîtes pas François Hollande est nul ?

Je dis que François Hollande a un problème avec la franchise, le programme qui est le sien, et ce qu'il va faire. Il ne peut pas esquiver le débat dans la campagne, c'est ça que je dis. Pour le reste, maintenant, il faut que je réponde à ce qu'un journaliste écrit sous sa plume avec sa responsabilité.

Je voulais vérifier si vous aviez ou non-dit ces phrases.

Vérification faite !
Nicolas Sarkozy sur RTL le 6 avril 2012
François Bayrou, a dit lui, alors ça il l'a dit, que le maintien en détention de Patrice De Maistre, l'ancien gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, ouvrait, je cite François Bayrou "un champ d'inquiétudes et de suspicions très grands, sur le financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy".J'ai une question simple à vous poser, Nicolas Sarkozy : avez-vous vérifié auprès d'Eric Woerth, qui était le trésorier de votre campagne en 2007, qu'il n'avait accepté aucune somme d'argent liquide de Patrice De Maistre pour financer votre campagne?

Je vais vous dire deux choses, et je souhaite que vous interrogiez monsieur Hollande, qui a été pendant dix ans, premier secrétaire du parti socialiste, dont les trois premières fédérations sont aujourd'hui sous le coup de procédures judiciaires extrêmement graves. Ce qui s'appelle l'équité.

La première, c'est que mes comptes de campagne 2007 ont été vérifiés par la commission des comptes de campagne, vérifiés par le Conseil Constitutionnel...

... Et tous ces comptes ont été validés ?

Ce n'est pas simplement validés, ils ont été vérifiés, ils n'ont fait l'objet d'aucune espèce de contestations, vous m'entendez d'aucune, en cinq ans. Les comptes de monsieur Chirac, les comptes de monsieur Balladur, les comptes de monsieur Mitterrand, on a dit "ah, ils ont dépensé plus", et puis ici ou là, il y a une somme qui était déclarée en liquide.
Pour les miens, monsieur Apathie, c'est une première, personne ne les a jamais contestés. Il se trouve qu'à un mois de l'élection de 2012, on parle de 2007, ça devient un problème extraordinaire.

Donc, il faudra démontrer quelles sommes n'ont pas été légales.  Deuxième chose, si je fais une remarque sur une procédure judiciaire en cours, on va dire que c'est une intervention dans une procédure judiciaire, donc laissez faire la justice, laissez faire la justice, et ma confiance en Eric Woerth, elle est totale.

Ma question c'était, avait vous vérifié, s'il a perçu des sommes pour le compte de votre campagne.

Ma confiance en Erich Woerth est totale.

Donc j'en déduis que la réponse, est que "non, il n'a pas perçu ses sommes en liquide de Patrice de Maistre".

Mais c'est l'évidence, vous en doutez Monsieur Aphatie ?

Non, non, je cherche simplement. Eh bien, je vous ai répondu

Et bien je vous ai répondu aussi simplement monsieur Aphatie. Et j'espère que lorsque vous aurez monsieur François Hollande devant vous, vous lui demanderez pourquoi en dix ans de Parti socialiste, il a pu laisser la fédération des Bouches-du-Rhône avec un système mafieux de financement. Je ne vous ai pas entendu lui poser cette question.

Ensuite, vous lui demanderez la deuxième fédération du Parti socialiste, la deuxième du Pas-de-Calais, pourquoi... Chacun son bilan, il n'y a pas que moi. Moi je n'étais pas trésorier de ma campagne, mais je réponds bien volontiers, mais il y a une chose que je ne comprends, pourquoi deux poids et deux mesures.

Il n'y a pas deux poids et deux mesures !

Le bilan de chacun, quand on a été dix ans secrétaire du Parti socialiste, est ce qu'on sait ce qui se passe au parti socialiste, ou est-ce qu'on ne sait pas ? Imaginez que ce soit à l'UMP que ça se soit passé !

Il n'y a pas deux poids deux mesures !

Est-ce que vous lui auriez posé les questions ?

Oui bien sûr !
Et à lui, est-ce que vous lui avez posé les questions, monsieur Aphatie. C'est un oubli ?

Non pas du tout, je les ai posées parce que François Bayrou parle de "champs d'inquiétudes et de suspicions". C'est ce qui m'a paru, fonder la légitimité de ma question, la question n'est pas légitime ?

Oui, bien sûr. C'est bien votre genre monsieur Aphatie que d'être inspiré par monsieur Bayrou !

On est inspiré. Et les inspirations sont diverses. C'est la vie.

Mais comme si brillant, que vous n'avez besoin d'être inspiré par personne.
2012 et vous OK

par La rédaction de RTLJournalistes RTL
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2012-04-06 11:25:00
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