Nicolas Dupont-Aignan : "Sortir de l'euro pour ne pas être une Nation larguée"

VIDEO - Le candidat souverainiste (Debout la République) à la Présidentielle répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie vendredi matin.

Nicolas Dupont-Aignan sur RTL le 13 avril 2012
Crédit : F.Bukajlo Abacapress / RTL
Nicolas Dupont-Aignan sur RTL le 13 avril 2012
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Nicolas Dupont-Aignan, candidat souverainiste (Debout la République) à la Présidentielle : "Sortir de l'euro pour ne pas être une Nation larguée" Crédits Média : Jean-Michel Aphatie | Durée : | Date :
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Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nicolas Dupont-Aignan.

Nicolas Dupont-Aignan : Bonjour.

La principale mesure de votre programme, on a même l'impression parfois, j'ai lu votre programme, l'unique, en tous cas, vous ne parlez pratiquement que de cela : c'est l'abandon de l'euro, le retour au franc, c'est une solution à tous nos problèmes, Nicolas Dupont-Aignan ?

Ce n'est pas Jean-Michel Apathie, la seule mesure de mon projet, c'est celle dont on parle le plus, mais elle s'inscrit dans un plan global, de relocalisation d'un million d'emplois, avec un protectionnisme pour arrêter l'hémorragie industrielle de notre pays, et sauver nos comptes sociaux, notre modèle social.

C'est la solution à tous nos problèmes, le retour au franc ?

Ce n'est pas la solution, c'est l'une des quatre solutions essentielles que je propose, pour relocaliser les emplois en France. Il y en a quatre, rassurez très très vite : sortie de l'euro, protectionnisme contre la concurrence déloyale d'esclaves, c'est à dire à 50 euros en Chine, contrôle des banques, séparation des banques de détails, des banques d'affaires pour que l'argent des épargnants français servent à l'économie réelle, et baisse massive des charges sur les PME, notamment par la division par deux de l'impôt sur les sociétés, sur les bénéfices uniquement réinvestis sur le sol français. C'est à dire que mon projet, ce qui le synthétise, c'est qu'enfin il y aura un bonus pour ceux qui investissent en France, et qu'il y aura un malus pour ceux qui délocalisent.

C'est-à-dire que je différencie l'attitude de l'Etat vis-à-vis des comportements économiques

La baisse des charges, le protectionnisme, d'autres candidats peuvent le proposer aussi, votre singularité c'est d'abandonner l'euro, de revenir au franc. Marine Le Pen, et Jacques Cheminade, le proposent comme vous. Rapidement, qu'est-ce que ça peut apporter d'après vous, d'abandonner l'euro et de revenir au franc.

Deux choses essentielles, d'abord renforcer la compétitive des entreprises françaises qui pourront davantage exporter, qui délocaliseront moins, et puis surtout, sortir, on le voit aujourd'hui, du piège des marchés financier, car sortir de l'euro, c'est enfin pouvoir financer à nouveau, par la Banque de France à 0% d'intérêts, l'Etat qui remboursera bien sûr, mais qui n'aura pas à payer ces intérêts exorbitants qui vont rentrer les économies européennes, car vous savez que la Banque centrale européenne qui n'a pas le droit de prêter aux états, elles prêtent aux banques à 1% qui répètent à des taux exorbitants aux états, donc c'est sortir de ce piège des marchés financiers pour bénéficier enfin de la capacité d'investir dans le 21ème siècle.

Moi, je ne veux pas sortir de l'Euro pour faire une facilité, je veux sortir de l'Euro pour que nos entreprises, pour que la France retrouve une capacité d'attaque, pour préparer la révolution scientifique, industrielle, environnementale du 21ème siècle, et ne pas être une nation larguée dans les vingt prochaines années.

C'est une question que les auditeurs posent souvent, parce qu'ils se sont endettés pour acheter leur maison, leur appartement : sortir de l'euro, revenir au franc, c'est d'évaluer la monnaie, et connaitre des problèmes pour payer leurs dettes.

Ça ne change rien, du jour au lendemain, comme quand on est passé à l'euro, souvenez-vous quand on est passé à l'euro, du jour au lendemain, à minuit, la conversion s'est faite entre vos dettes en francs, et vos dettes en euros.

Mais les marchés ne vont pas apprécier le franc de la même façons que l'euro ?

Mais les marchés financiers, il y a deux façons de se comporter : soit on est soumis aux marchés financiers, et il ne faut pas se plaindre d'être rackettés par les marchés financiers, soit on décide que la France retrouve sa souveraineté monétaires, comme des pays comme la Suède, pays plus petit que nous, avec un haut modèle social, et à ce moment-là, on remboursera nos dettes, mais elles seront converties, au jour J à minuit.

Mais le franc ne vaudra pas un euro !

Mais au jour J, il vaut un euro...

Et au jour K, il vaudra moins !

Quand Lionel Jospin...

Il faut parler franchement aux gens, il y aura une dévaluation si on revient au franc !

Et alors, vos enfants trouveront du boulot, il y aura de la croissance, les entreprises relocaliseront. Et expliquez-moi, pourquoi tous les pays qui réussissent ont une monnaie pas trop chère, pourquoi la Chine gagne des parts de marché en ayant une monnaie sous-évaluée de 50%, pourquoi monsieur Obama, et les Etats-Unis, ont une relance aujourd'hui et créent de l'emploi et de la croissance, parce qu'ils n'ont pas surévalué leur monnaie, pourquoi l'Angleterre de monsieur Cameron, qui affronté des crises parce qu'ils avaient beaucoup trop financiarisé leur économie, commencent à voir l'industrie revenir, pourquoi la Suède a eu 25% de croissance depuis 2002, tout ça parce qu'ils ont eu l'intelligence de ne pas avoir une monnaie qui les étouffent. Une monnaie c'est un moyen, pas une fin en soi. Les épargnants n'y perdront pas, c'est aujourd'hui qu'ils y perdent.

Donc vous en convenez, dévaluation inévitable si nous revenons au franc.

Au contraire, ce n'est pas mal sain d'avoir une monnaie au bon niveau, ce qui est malsain, c'est d'avoir une monnaie trop chère qui fait que les entreprises s'en vont toutes produire à l'étranger.

Vous dites dans votre programme, Nicolas Dupont-Aignan : cette monnaie nationale, cette nouvelle monnaie nationale sera intégrée à un nouveau système monétaire européen. Oui, si nos partenaires le veulent. Si on défait un système monétaire, ce n'est pas sûr que nos partenaires soient disponibles pour en refaire un autre.

Vous savez, sans la France, il n'y a pas d'Europe.
   
Et bien justement.

Et bien justement, quand le général de Gaulle en 1964 a fait la politique de la chaise vide, immédiatement, on a recréé une belle politique agricole commune, c'est à dire moi j'aime l'Europe quand elle protège, quand elle défend un haut niveau social, parce que c'est l'intérêt de l'Europe, c'est de faire ensemble de belles choses : on a fait Airbus, il y a eu la commission de Bruxelles, on a eu de grandes réalisations ensemble.

L'Europe aujourd'hui, l'Union européenne, est un organisme illégitime qui agit contre les peuples, et qui a été kidnappé par des personnalités non élues, non élues qui décident pour nous.

Le libre-échange, la mise en concurrence systématique par un modèle social totalement déconstruit, va tuer notre pays. Alors je dis aux Français la chose survivante très simple : si vous réélisez Sarkozy, Hollande, Bayrou, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'eux, ils ne vous disent pas la vérité. Parce que la vérité, c'est que dans leur système, dans le cadre qu'ils acceptent, s'en sera fini du salaire minimum, s'en sera fini de la sécurité sociale, s'en sera fini de nos retraites, parce que vous ne pouvez pas être en concurrence avec des esclaves, à un moment, il faut choisir. La France est au pied du mur, soit elle se protège, soit elle laisse aller, et nous verrons en pire ce que nous avons connus depuis cinq ans.

Vous avez souvent dit, Nicolas Dupont-Aignan, que vous pensiez être au deuxième tour de l'élection présidentielle, nous sommes maintenant à neuf jours du vote, vous le direz à nouveau ce matin.

Je n'ai pas dit ça, je l'ai dit de manière plus élégante, j'ai simplement dit qu'il y avait un premier tour de l'élection présidentielle, que les Français avaient le choix, et qu'on ne pouvait pas dès le départ, disqualifier un certain nombre de candidats comme moi, qui avons des projets radicalement différents, alors même que ceux qui nous gouvernent depuis trente ans et qui ont mis la France, vous le savez dans un état piteux, endettement, déficit, désindustrialisation, insécurité, voyez ce qui se passe ce matin à Marseille, c'est ahurissant. Ces gens-là, qui ont gouverné si mal la France depuis trente ans, à tour de rôle, s'arroge le monopole de la vie politique. Je le refuse, et je le dis aux Français : on peut changer les choses, il y a des atouts, ouvrez les yeux, il y a différents candidats, il n'y a aucune raison d'exclure certains du second tour, tout est possible, regardez Quevilly en foot.

Donc tout est possible.

Tout est possible en France, quand les Français se réveillent. Et moi, je les invite à se réveiller.

Une auditrice disait avant que nous entrions en studio : "Nicolas Dupont-Aignan, il faudrait qu'il nous dise, sur ce que pourrait être son choix de second tour. Sarkozy-Hollande, si Sarkozy Hollande font le premier tour".

Et bien je l'ai déjà dit : premièrement, personne ne sait qui sera au second tour, je refuse cela. Deuxièmement, j'ai toujours dit que je ne donnerai jamais de consignes de votes, car je ne suis pas propriétaire des voix. En revanche, j'ai dit vous lirez les programmes des deux finalistes, vous relirez le mien, et vous voterez en âme et conscience, comme moi. En tous cas, je refuse de choisir entre les deux.

Vous ne direz pas pour qui vous voterez ?

C'est deux paquets cadeaux d'une politique désastreuse pour la France.

Vous ne direz pas pour qui vous voterez...

Non, bien sûr puisque je considère que je n'ai pas à faire le rabatteur de mauvaise politique, Monsieur Hollande et Monsieur Sarkozy ce sont des politiques qui vont abimer un peu plus la France demain.

Vous les avez même qualifiés de "'charlatans" ? Les deux ?

Oui, parce que ça fait vingt ans, les deux pareils, ils mènent une politique désastreuse pour le pays. Quand regarderons-nous en face la réalité ? On peut changer, il n'y a aucune fatalité !
Nicolas Dupond-Aignan sur RTL le 13 avril 2012
2012 et vous OK

par Jean-Michel AphatieJournaliste RTL
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2012-04-13 07:50:00
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