Nadine Morano : "La parité, ce ne doit pas être uniquement pour faire beau sur la photo"

L'ancienne ministre UMP de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle répondait vendredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie. Interrogée sur la stricte parité hommes-femmes du nouveau gouvernement de gauche, la candidate aux Législatives à Toul a répondu : "C'est bien si ce n'est pas uniquement pour faire beau sur la photo". "On s'aperçoit que la position de Najat Vallaud-Belkacem, c'était l'opposition à une loi d'interdiction du port de la burqa". Nadine Morano n'a pas aimé que Cécile Duflot (EELV), en charge de l'Egalité des territoires et du Logement dans le gouvernement Ayrault, soit arrivée en jean's jeudi à l'Elysée.

Nadine Morano sur RTL le 15 février 2012
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Nadine Morano sur RTL le 15 février 2012
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Nadine Morano, ancienne ministre UMP de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle : "La parité, ce ne doit pas être uniquement pour faire beau sur la photo" Crédit Média : Jean-Michel Aphatie Télécharger

Jean-Michel Aphatie : Bonjour, Nadine Morano.

Nadine Morano : Bonjour.

Vous êtes avec nous depuis Toul où vous êtes actuellement en campagne pour les élections législatives.

Oui.

Vous apparteniez jusqu'à hier à l'ancien gouvernement ; et le nouveau s'est installé. Dix-sept femmes sur trente-quatre ; vingt-neuf ministres qui ne l'avaient jamais été avant. Comment trouvez-vous cette nouvelle équipe, Nadine Morano ?

Ecoutez, d'abord sur la parité, il serait bon que ça ne fasse pas uniquement beau sur la photo parce que la parité c'est très bien ; mais lorsque je vois Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, en charge du Droit des Femmes, qui était opposée à la loi d'interdiction du port de la burqa, je ne suis pas sûre que ça soit un très bon signe qualitatif pour les femmes. Première remarque.

Deuxième remarque. J'entends que le gouvernement baisse ses indemnités de 30%. Et qu'est-ce qui est important pour les Français ? Ce qui va rentrer dans la poche des ministres en terme d'argent ou ce que ça va leur coûter à eux qui sont des contribuables, eh bien le gouvernement Hollande numéro 1 coûte 35% plus cher que le gouvernement Fillon 1. Donc, le gouvernement de Monsieur Hollande coûte plus cher aux contribuables.

Je ne veux pas vous contrarier, mais c'est un peu des comptes d'apothicaire, ça quand même !
 
Ah non, ce n'est pas des comptes à l'apothicaire, c'est juste la réalité monsieur Aphatie, vous le savez bien.

Mais non, je ne dis pas que ce n'est pas la réalité ; mais...

... Ah, c'est la réalité, voilà. Alors quand on veut faire...

Quand on porte un jugement sur un gouvernement, c'est... Enfin, c'est plus général que ça. C'est dix-sept femmes sur trente-quatre, ce n'est pas mal ! J'entends bien que vous dites : "Ah oui ! mais Najat Vallaud-Belkacem a dit ça, ça, ça..." Mais il y a un fait quand même, non, qui... Ce n'est pas mal quand même la parité absolue ?

Non mais la parité absolue c'est bien, encore une fois monsieur Aphatie, si ce n'est pas uniquement pour faire beau sur la photo. Ce qui est intéressant pour les Français, c'est : qu'est-ce que vont exprimer ces membres du gouvernement ?
 
Oui, bien sûr, bien sûr.

On s'aperçoit que la position de Najat Vallaud-Belkacem, c'était l'opposition à une loi d'interdiction du port de la burqa dans notre pays. C'est le vote des étrangers dans notre pays ; nous y sommes opposés. C'est aujourd'hui, on fait une démonstration pour faire bien, on va baisser nos indemnités de 30%, très bien. Ils baissent leurs indemnités de 30%, c'est ce qui va rentrer en moins dans leurs poches à eux ; mais dans la poche des Français qui vont payer ce gouvernement, il coûte avec le nombre de membres du gouvernement - ils sont trente-quatre-  par rapport au gouvernement Fillon 1, 35% plus cher aux contribuables que ce que ça... Voilà.

D'accord.

Donc, ça, c'est d'abord la première réalité. Deuxième réalité, monsieur Aphatie, vous qui êtes un observateur ; vous savez...

... J'observe que vous êtes en grande forme !

Oui, mais on a observé... Merci ! Vous aussi, je crois ! On a observé l'élégance et la dignité de la sortie de Nicolas Sarkozy qui a fait un contraste absolument incroyable avec l'inélégance de l'entrée de François Hollande à l'Elysée et la manière dont il s'est comporté à l'égard de l'ancien Président de la république ; mais aujourd'hui,  la réalité c'est qu'avant il y avait l'ouverture. Alors, on peut critiquer l'ouverture qui se voulait à l'image de la France toute entière. Aujourd'hui, nous sommes dans un système clanique, un gouvernement qui exprime le sectarisme de Gauche et  je trouve que ça n'est pas rassurant.

Troisième point sur ce gouvernement puisqu'on ne peut pas juger, pour l'instant, les actes on en est à la réalité de leurs nominations. Le premier acte posé par le nouveau Président de la République, c'est d'abord le reniement de ce qu'il avait annoncé. "Je ne m'entourerai pas de personnes condamnées, jugées et condamnées". Il l'a déclaré dans le "Journal Du Dimanche".

Premier acte posé de la première nomination : il nomme Jean-Marc Ayrault, qui a fait état lui-même de sa condamnation en 1997 pour délit de favoritisme ; donc, vous voyez !  Pour l'instant, ce n'est pas grandiose ce premier gouvernement, ces premiers actes du gouvernement.

Et première annonce, Nadine Morano, c'est celle du ministre de l'Education, Vincent Peillon, hier : retour de la semaine de cinq jours dans les écoles primaires. Quand la semaine de quatre jours a été instaurée par Xavier Darcos, alors ministre de l'Education, il avait été très critiqué. Peillon critiqué parce qu'il veut faire la semaine des cinq jours ; alors vous en pensez quoi, vous ?

J'en pense d'abord qu'il s'est fait recadrer par Ségolène Royal, qui lui dit que le jour de la mise en place du gouvernement : "Ne fais pas une annonce avant même d'avoir siégé à la table du Conseil des ministres", puisque ça relève quand même de la concertation.

C'est la première fois que vous êtes d'accord avec Ségolène Royal, là !

Ecoutez, c'est quand même la réalité.

Ah oui, oui.

Mais vous savez, très souvent, les amis socialistes ont bien servi leurs propres amis. Alors moi je reprends ce que dit Ségolène Royal qui n'est pas faux : c'est qu'un ministre ne fait pas d'annonce avant même d'avoir débattu au Conseil des ministres, d'avoir concerté. On voit bien qu'on nous sort le dialogue social. La première décision qui est annoncée c'est de le faire sans le dialogue social...

... Sur le fond ?

... Sans concertation. Sur le fond, je pense qu'il faut aller beaucoup plus au-delà de la réflexion : quatre jours ou cinq jours, parce que quatre jours, il faut savoir que ça correspond aussi à une réalité, un besoin des familles. Après, sur le rythme de l'enfant - et d'ailleurs Luc Chatel avait lancé un groupe de travail sur ce sujet -, parce que sur le rythme scolaire de l'enfant, il faut aller beaucoup plus loin dans la réflexion que de se poser juste la question de quatre jours ou cinq jours, il faut se poser aussi la question de l'étalement sur l'année.

Vous me permettrez de regretter aussi à titre personnel, puisque monsieur Hollande avait dit qu'il mettait la jeunesse au cœur de sa politique, d'avoir supprimé mon ministère qui était en charge de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle. Quel est ce message ?

Le message c'est encore une fois, comme l'avait par tradition le Parti socialiste, le mépris des métiers manuels, le mépris de l'apprentissage, c'est toujours pousser plus par l'Education nationale qui ne réussit que si tu as ton bac et il faut 80% d'une classe d'âge au Bac. La réalité, c'est qu'il faut 100% de jeunes formés, que les politiques que nous avons initiées, à l'instar de l'Allemagne d'ailleurs, puisque le taux de chômage des jeunes est de 8% seulement en Allemagne. Chez nous, il flirte avec les 20%...

... Je peux poser une question ?

Je termine juste là-dessus.

Ah d'accord !

Nous étions presque arrivés à 800.000 jeunes.  Notre objectif, c'était 800.000 jeunes en alternance d'ici à 2015. Notre devoir c'est de les préparer à un métier, ce n'est pas de leur offrir une voie de garage avec les 150.000 emplois jeunes.

Allez, Nadine Morano ! Si l'UMP gagne les élections législatives, qui sera le Premier ministre ?

Ecoutez, d'abord nous avons un devoir, c'est de gagner les élections législatives...

... Mais si vous les gagnez ?

... Et de mettre toutes nos forces dans ce combat. Vous savez très bien que de toute manière, c'est le Président de la République qui décidera qui sera nommé Premier ministre ; ça n'est pas Nadine Morano.

Non, mais c'est le parti auquel vous appartenez ! Qui aimeriez-vous qu'il délègue comme Premier ministre ?

Mais même si j'aime ou si je n'aime pas, ce n'est pas moi qui déciderais et nous avons décidé d'un accord commun, (d'un accord commun), de faire cette campagne avec un comité stratégique, tous ensemble de façon collégiale avec le secrétaire général de l'UMP qui s'appelle Jean-François Copé, qui fait tourner notre organisation, notre mouvement politique...

... Eh bien, ce serait lui le Premier ministre. Pourquoi vous ne le dites pas ?

... Tous ensemble pour gagner.

Pourquoi vous ne le dites pas ? Pourquoi vous ne le dites pas ?

Je n'ai pas à dire.... Mais monsieur Aphatie, je n'ai pas à dire la décision...

... D'accord.

... Qui serait prise par le Président de la République. J'observe que nous avons un secrétaire général qui est, par nature et par naturel...

... Le chef.

... Celui qui organise la campagne avec nous de manière stratégique.

D'accord.

Mais notre objectif...
 
... J'ai une dernière question ?

Oui, allez-y !

Cécile Duflot était en jean sur la photo officielle. Ca vous a gênée ? Choquée ? Ou ça vous a fait marrer ?

Oui, je trouve que quand on représente les Français, il faut faire la différence entre la dilettante du week-end et la tenue du Conseil des ministres, qui est un moment protocolaire de la République où nous représentons tous les Français. Et je pense, à titre personnel, qu'il est bon de faire la distinction entre les moments de détente et les moments où on représente la République.

D'accord.
Mais ce qui me gêne le plus, c'est les positions de la porte-parole du gouvernement qui était contre l'interdiction de la loi sur la burqa. Ca, ça me choque  beaucoup plus même si ce n'est pas élégant de venir en jean.

D'accord. Voilà c'est la troisième fois que vous le dites. Donc ça, on l'a bien enregistré.

Eh bien tant mieux  ! C'est bien ! Parce que c'est important pour les Français, figurez-vous ! Il faut respecter nos valeurs.

Bonne journée. C'était Nadine Morano sur RTL.    
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2012-05-18 08:12:00
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