Municipales à Paris : NKM entame la campagne, en toute discrétion

Tout est en place pour que la campagne parisienne de l'UMP commence, le casting et la règle du jeu sont désormais connus. Samedi pourtant, sur un marché du XIIe arrondissement, c'est à un tout petit tour de chauffe auquel s'est livrée Nathalie Kosciusko-Morizet, postulante à la succession de Bertrand Delanoë.

Voie libre
Le rendez-vous ne tombe pas si mal. La veille au soir, les épées ont été rentrées dans les fourreaux dans un conseil de guerre de l'UMP Paris, et la charte des primaires ouvertes de la droite pour l'élection parisienne amendée, puis acceptée. Retirée aussi l'accusation de "système verrouillé" brandie par trois des candidats UMP, Rachida Dati, Jean-François Legaret et Pierre-Yves Bournazel.
  
Sur le marché d'Aligre, la voie est donc libre pour que "NKM", favorite de cette compétition, célèbre les vertus de "ce système formidable de la primaire ouverte" qui doit permettre à "tous les Parisiens qui ne sont pas satisfaits, pour une raison ou pour une autre", de voter fin mai-début juin pour choisir le champion de la droite parisienne.
  
C'est néanmoins une visite très discrète qu'est venue rendre l'ex-maire de Longjumeau, démissionnaire de ce mandat, et toujours députée de l'Essonne. Rendez-vous a été donné, via Facebook notamment, à ses partisans pour un café politique - une cinquantaine est venue - dans un bar voisin. Auparavant, c'est presqu'incognito que l'ex-porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy en 2012 - pantalon noir et blouson de cuir assorti, écharpe de coton gris - parcourt les allées du marché. I<Télé est priée aimablement de ne pas déployer son matériel, aucun tract n'est distribué au passage de l'ex-ministre de l'Ecologie, accompagnée d'une dizaine de personnes, dont trois élus du quartier.
  
Conquête
Il n'empêche. Bien informés, et munis d'un dépliant anti-Medef (contre l'accord social sur la flexibilité de l'emploi), des militants du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon savent que la candidate doit passer par là. Echange courtois. "Les étoiles filantes, on a l'habitude dans le XIIe : Jean-Marie Cavada, Charles Beigbeder...", ironise ensuite un des leurs.
  
Outre le fait que la campagne des primaires ne s'ouvrira officiellement qu'à compter du 3 avril, voilà sans doute l'une des raisons de la sortie en toute humilité de NKM, la toute première dans le XIIe. L'élue de l'Essonne n'est pas ici chez elle et bien d'autres parachutés avant elle, à droite, ont mordu la poussière. Bien sûr, NKM y a ses soutiens: "vous avez une vie pleine d'avenir, ne vous inquiétez pas, on est avec vous", lui lance une commerçante en produits italiens.
  
Quand bien même l'arrondissement a longtemps été une chasse gardée de la droite, les choses ont changé. "C'est un arrondissement de conquête", selon Alexandre Bauchy, conseiller de quartier. Le XIIe est régulièrement mentionné dans la presse comme l'arrondissement où Mme Kosciusko-Morizet se présenterait pour partir à l'assaut de l'Hôtel de Ville. "Il y a beaucoup d'arrondissements à conquérir. Ce n'est pas le temps pour cette discussion, c'est le temps des primaires", évacue la députée de l'Essonne. Ces primaires que plusieurs responsables de l'UMP avaient durement critiquées quand le PS en avait organisé pour choisir son candidat à l'Elysée.
  
"C'était une erreur", reconnaît NKM. Elle-même, en juin 2011, avait trouvé l'idée "tout à fait intéressante", mais "problématique" au motif que sa réalisation exigerait de constituer des fichiers des votants. Une réticence aujourd'hui balayée. Le site Reflets info soupçonne toutefois ces jours-ci son club "La France droite" de laxisme en  matière de collecte de données personnelles.

par La rédaction numérique de RTL
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