Ménard, Collard, Rosso-Roig... les candidats symboles de la "dédiabolisation" du FN

DECRYPTAGE - En essayant de se rapprocher de personnalités de prime abord éloignées du Front national, le parti de Marine Le Pen poursuit sa stratégie de "dédiabolisation". Retour sur les candidats "symboles".

Le Front national soutient Robert Ménard. Le parti ne présentera pas de liste aux municipales 2014 à Béziers, dans l'Hérault, préférant se ranger derrière le journaliste et candidat.

Robert Ménard ne s'encarte pourtant pas au FN, mais il rejoint la longue liste des candidats symboles de la "dédiabolisation" du parti, souhaitée par Marine Le Pen.

Robert Ménard : le journaliste

"Je suis ravi que le Front national soutienne cette liste", affirme Robert Ménard, sur France Bleu Hérault. "Le FN est un parti qui à Béziers regroupe 20 à 25% des voix selon les élections, vous pensez sérieusement que y'a 20 ou 25% qui sont des fachos ou des nazillons ? Évidemment pas."

Le fondateur de Reporters sans frontières (RSF) affirme que la décision du Front s'est faite sans négociation, ni adhésion de sa part. Le candidat déclare qu'il n'est "pas affilié à un parti", mais il multiplie pourtant depuis longtemps les signes d'ouverture en direction de Marine Le Pen.

Robert Ménard a ainsi publié un livre au titre évocateur, "Vive Le Pen !", en avril 2011. "Dans ce pamphlet, l'ex-patron de Reporters sans frontières part en guerre contre la petite élite qui 'traite les électeurs du FN comme des crétins égarés'", écrivait le Nouvel Obs avant la sortie de l'ouvrage. Robert Ménard n'a semble-t-il pas changé de ligne depuis.

Gilbert Collard : l'avocat des victimes

Quelques mois avant lui, une autre figure médiatique avait sauté le pas. Gilbert Collard, célèbre avocat, avait rejoint Marine Le Pen pour présider son comité de soutien à l'élection présidentielle de 2012.

Dans une interview à Valeurs Actuelles, Gilbert Collard se déclarait alors "mariniste", défendant sa candidate. "Le procès en racisme intenté à Marine Le Pen est totalement obsolète. Marine, je la connais : elle n’est ni raciste, ni antisémite, ni xénophobe ! (…) Je n’ai pas changé, c’est le FN qui a changé".

Un exemple de la stratégie de "dédiabolisation" adoptée par la patronne du Front national. Marine Le Pen lui aurait alors par la suite demandé d'être candidat aux législatives. "Ce serait être faux-cul de ne pas l'être", avait répondu Gilbert Collard sur France 2. "On peut rejoindre Marine Le Pen sans pour autant épouser les idées du FN", avait-il ajouté. Elu député sous la bannière du Rassemblement Bleu Marine, il ne souhaitait pas, lors de son élection, prendre sa carte au Front national.

Anna Rosso-Roig : la communiste

Crédit : Capture d'écran LaProvence.com
Anna Rosso-Roig.

Passée par le PS, longtemps militante CGT, candidate Front de Gauche aux législatives de 2012... le CV politique d'Anna Rosso-Roig est divers, mais il penchait clairement à gauche il y a encore quelques jours.

Changement radical, puisqu'elle postulera aux municipales de l'année prochaine sous les couleurs de "Marseille bleu Marine", révélait le site Marsactu. Anna Rosso-Roig se dit notamment inquiète de "la montée de l'islam" : "Le FN est le seul à défendre cette identité", explique-t-elle dans une interview à La Provence.

L'annonce a provoqué une levée de boucliers du côté de ses anciens camarades : le Parti communiste s'est dit "scandalisé", vendredi, dans un communiqué.

"Les communistes sont profondément scandalisés par le choix d'Anna Rosso-Roig de rejoindre les rangs du Front national", a écrit le secrétaire départemental du PCF, Pierre Dharréville. "L'incompatibilité est totale entre nos valeurs et ce que porte l'extrême droite xénophobe et ultra-conservatrice face à laquelle nous menons un combat sans concession."

Fabien Engelmann : le syndicaliste

Crédit : Lauriane Dervault
Fabien Engelmann avait donné rendez-vous à la presse pour raconter l'accueil qui lui a été réservé.

Le cas d'Anna Rosso-Roig rappelle celui de Fabien Engelmann : "Responsable CGT le jour, militant Front national le soir", comme le présentait Libération dans un portrait.

L'homme s'est présenté aux élections cantonales de 2011 en Moselle sous les couleurs du FN. Un engagement politique incompatible avec ses activités syndicales, estimait la CGT, qui l'a exclu de ses rangs. Lui, défendait "l'évolution" du Front sous l'égide de Marine Le Pen : "Elle défend les services publics, les valeurs républicaines, la laïcité et l’Etat régulateur".

Dans une interview au site Nouvelles de France, relayée par le JDD, l'homme promettait un "coming-out" de dizaines d'adhérents de la CGT : "Comme moi, ils ont compris que le FN n'était pas le diable et que Marine Le Pen a un discours plus social qu'Olivier Besancenot", affirmait-il.

Avec plus de 36% des voix aux législatives de 2012, Fabien Engelmann se prépare lui aussi aux élections municipales de 2014 : il se présente dans la ville de Hayange, en Moselle, comme le rappelle Le Républicain Lorrain, qui le présente comme une "étoile montante" du parti.

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par Mathieu DehlingerJournaliste RTL
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DECRYPTAGE - En essayant de se rapprocher de personnalités de prime abord éloignées du Front national, le parti de Marine Le Pen poursuit sa stratégie de "dédiabolisation". Retour sur les candidats "symboles".
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2013-05-30 15:58:00