Martine Aubry : "Les rumeurs, c'est une affaire entre la justice et moi"

La première secrétaire du Parti socialiste, candidate à la primaire de son parti, répondait mardi matin aux questions de Philippe Corbé. Martine Aubry a déclaré que le problème des rumeurs sur sa vie privée circulant sur internet était une affaire entre la justice et elle-même. Elle a expliqué avoir pris le risque de réagir pour faire "arrêter ce genre de pratiques", qui n'ont selon elle pas leur place en démocratie. La maire de Lille, que la Droite accuse de se poser en victime, a dit avoir "des informations précises sur tout cela".

Martine Aubry sur RTL le 12 juillet 2011
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Martine Aubry sur RTL le 12 juillet 2011
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Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, candidate à la primaire de son parti : "Les rumeurs, c'est une affaire entre la justice et moi" Crédits Média : Philippe Corbé | Durée : | Date :
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Philippe Corbé : Bonjour, Martine Aubry.

Martine Aubry : Bonjour.

Martine Aubry, quand allez-vous porter plainte contre ceux que vous accuser de répondre des rumeurs sur votre compte ?

Vous savez, j'ai dit ce que j'avais à dire. Si ces fausses informations continuent à circuler, je fais confiance à la justice et je porterai plainte, voilà. C'est une affaire entre la justice et moi-même, mais cette question m'ayant été posée...

... A partir du moment où vous porterez plainte ?

Bien évidemment. Mais déjà, j'ai écrit - j'ai fait écrire par un avocat sur l'ensemble des sites. J'ai des informations précises sur tout cela, mais je jugerai ça devant la justice...

Des preuves venant du Président de la République ?

Non, moi je n'ai jamais cité des noms, même si je vois bien d'où ça vient, mais cela ça se passe devant la justice.

Parce que l'UMP vous accuse de vous victimiser si vous ne portez pas plainte, en fait.

Je vous conseille de regarder les sites et vous verrez si je me victimise. Mais, moi, je fais confiance aux journalistes. A la fois pour regarder les faits, et à la justice pour dire que, dans un pays démocratique, on ne fonctionne pas comme cela. Inventer des fausses informations, les faire circuler, au lieu de parler de ce que désirent les français, c'est-à-dire, un vrai débat démocratique où on parle de leurs problèmes, on explique comment on va redresser la France. Moi, c'est ma conception de la politique. Donc, voilà, je ne dirai rien de plus, ce matin.

Juste une chose ! Ce qui est un peu ambigu, c'est que 99% de nos auditeurs n'avaient pas entendu parler de ces rumeurs avant que vous n'en parliez vous-même.

Oui, c'était un risque mais je l'ai pris parce qu'il y a un moment, dans une démocratie, où il faut arrêter un certain nombre de pratiques. Et je pense - et on l'a vu avec l'affaire Strauss-Kahn ou avec d'autres affaires - pour moi, il n'y a que les faits qui comptent. Voilà. Et pour moi, la conception de la politique, elle est noble. C'est une conception morale, c'est une conception éthique qui respecte l'adversaire, même si on peut combattre sur les idées, sur les propositions. En tout cas, moi, c'est ce que je fais. Et les français, croyez bien, c'est ça qu'ils attendre. C'est-à-dire, qu'on leur réponde, qu'on soit sur le fond des choses et moi, je veux continuer ainsi.

Justement, on va aller sur le fond des choses. Le patron de Total l'an annoncé : le prix de l'essence va, à nouveau, augmenter. François Hollande appelle à une stabilité du prix pendant l'été et demande que l'Etat baisse la TIPP. Est-ce que c'est une solution acceptable ?

Il faut aller plus loin, à mon avis...

... Plus loin que François Hollande ?

Non mais...

... Plus loin que la proposition qu'il avance ?

Oui, plus loin que cette proposition. On voit bien ce qui se passe. Aujourd'hui, sur tous les biens essentiels il y a une explosion, au moment où le pouvoir d'achat baisse. C'est vrai sur l'eau, c'est vrai sur le gaz, c'est vrai sur le pétrole. Donc, il faut d'abord dire la vérité aux français : il y a de moins en moins de réserves en pétrole et de plus en plus de demandes, avec l'Inde, la Chine, etc.

Donc, c'est normal que le prix augmente !

Donc, le prix va augmenter. Donc, il faut agir de deux manières et, pour cela, il faut un gouvernement qui gouverne, notamment sur ces biens essentiels pour les français. Sur le moyen et long terme, il faut poursuivre, alors que ça a été arrêté, la politique sur les énergies renouvelables, les transports collectifs. On change nos pratiques. Et sur le court terme, il faut prendre des décisions. Moi, j'ai été très choquée par la décision du président de Total. Je l'ai trouvée, à la fois indécente et même provocante.

Il n'a fait qu'annoncer qu'il allait indexer les prix à la pompe aux prix du marché.

Oui, mais je vous réponds ce que répondent tous ceux qui ont travaillé sur cette question. De début mai à fin juin, le prix du pétrole a baissé de 25%. Et le prix...

... Le baril.

Oui. Le prix du baril, le prix du pétrole...

Oui, c'est ça, le prix du pétrole.

Et, à la pompe, 1%. Voilà. Et quand il y a un gouvernement, et bien, ce gouvernement gouverne...

C'est parce qu'il y a beaucoup de taxes, beaucoup de TIPP aussi. C'est pour ça.

Christine Lagarde avait dit : "Je prendrai des mesures". Aujourd'hui, Xavier Bertrand dit la même chose. Il y a deux taxes : la TVA et la TIPP. Il faut, effectivement, quand le prix augmente, baisser la TIPP - l'Etat reçoit la même chose, mais ça baisse le prix à la pompe, et vice-versa. Et, deuxièmement, il faut taxer les super profits pétroliers. Trois milliards d'euros en un trimestre, pour Total. 10 milliards, l'année dernière. Avec cet argent, on mène une politique sur les énergies renouvelables.

Sauf que ce sont des profits faits à l'étranger, et pas en France !

Et bien, c'est aussi un des problèmes, voyez-vous, c'est qu'effectivement, Total ne paie pas d'impôts en France, mais ses profits...

... 800 millions d'euros.

Voilà. Oui. Mais par rapport aux 10 milliards, si vous voulez, de résultats. Donc, trois politiques : une politique juste en matière de fiscalité, une politique du long terme sur d'autres pratiques de consommation, mais aussi sur le développement des énergies renouvelable abandonné aujourd'hui. Et c'est à court terme, parce que les français, pour aller travailler, quand on a 90 euros de plein et qu'on gagne 1.000 euros par mois. 90 euros par semaine, vous voyez, on ne peut plus aller travailler.

Pour ces vacances et pour beaucoup de gens, aller une journée à la mer, quand on ne prend pas de vacances. Et bien, quand on voit le prix de l'essence, ce n'est pas possible. Là aussi, il faut un gouvernement qui gouverne où, alors, ce sont les puissants qui dirigent. Et, aujourd'hui, sur le pétrole et l'essence, c'est le cas.

Martine Aubry, le Président de la République est en visite surprise en Afghanistan, ce matin. Il vient de confirmer le retrait, d'ici fin 2012, de 1.000 soldats français sur les 4.000 qui sont en poste, en Afghanistan. Si vous êtes élue présidente, dans dix mois, allez-vous accélérer ce retrait ?

Oui, nous, nous le demandons depuis longtemps pour plusieurs raisons. D'abord, parce que, lorsque nous sommes allés en Afghanistan, sur les positions d'ailleurs de l'ONU, nous y sommes allés pour reconstruire une administration, pour améliorer les conditions de vie des habitants à la chute des taliban. Et puis, peu à peu, cette action est devenue uniquement contre Al Qaïda. Et on voit bien que cette action n'est pas efficace dans un pays comme l'Afghanistan. Moi, je pense aux 64 morts français et aux 4.000 soldats qui sont encore là-bas. La vraie réponse, par rapport à Al Qaïda, on le voit bien, c'est ce qui s'est passé pour Ben Laden, c'est...

... Des interventions ?

Non, non, c'est de la recherche. C'est du renseignement, c'est de la pression sur les gouvernements comme sur le gouvernement pakistanais. C'est ainsi qu'on agit. Donc, nous, nous demandons, depuis plusieurs mois, un retrait, ce qui ne veut pas dire un désengagement des problèmes de l'Afghanistan. Il faut aider la population civile. J'ai vu que le président de la république, quelques heures seulement après que Barack Obama ait fait cette annonce, l'ait fait à son tour. J'aurais aimé que la France la prenne depuis longtemps, mais il faut, effectivement, maintenant y aller.

Si vous êtes élue, il faut accélérer ce retrait ou pas ?

Oui, il faut l'accélérer mais pour aider, par ailleurs, la population afghane et pour continuer à avoir un travail de renseignements et autre, dans le cadre de l'ONU, avec les américains et les autres pays engagés.

En un mot : la Libye. Cet après-midi, le Parlement doit valider la prolongation de l'intervention française. Les socialistes vont voter ?

Oui, les socialistes vont voter pour, tout en disant trop tardif. On voit bien que, si on était intervenu plus tôt, comme nous l'avions demandé, d'ailleurs, avec BHL à l'époque, qui, je crois, a fini par convaincre le président de la république. Et bien, au moment où Benghazi était prête à être prise par les forces de libération où Kadhafi était en difficulté. Donc, impréparation, tardiveté. Mais aujourd'hui, nous y sommes et nous savons qu'il ne peut pas y avoir de paix, qu'il ne peut pas y avoir d'équilibre, en Libye, sans le départ de Kadhafi. Donc, il faut poursuivre, mais nous répéterons, aujourd'hui, en votant oui, nous répéterons ce que sont nos réserves sur la façon dont tout ceci a eu lieu.

Pour la première fois, ce matin, Martine Aubry, un sondage BVA pour RTL, Orange, la presse régionale, vous devancez François Hollande dans les intentions de vote des sympathisants de gauche pour la primaire. Est-ce que ça vous fait plaisir ?

Je l'ai déjà dit, je regarde les sondages, surtout dans les tendances, mais je n'ai pas l’œil rivé sur les sondages. Ce qui me fait plaisir, c'est la confiance que les français me montrent quand je les rencontre, quand je partage, avec eux, leur indignation. Quand j'ai vu, cette semaine, des maires qui ont refusé les enfants de chômeurs dans leurs cantines, alors que dans beaucoup de villes socialistes - dans la mienne, par exemple - on a mis...

... C'était à Thonon-les-Bains, je crois.

Il y en a deux - à 50 centimes d'euro, dans ma ville, pour ceux qui ne paient pas d'impôt, qui en paient peu, parce que c'est souvent le seul bon et vrai repas qu'ont les enfants. Quand je vois qu'on va prendre une sanction contre un employé d'un supermarché, parce qu'il a pris des produits avariés, qui étaient jeté par ce même supermarché, parce qu'il n'arrivait pas à vivre, je me dis "dans quel pays vivons-nous ?". Et les Français me parlent de cela, et ils me disent : "Allez-y, on vous fait confiance pour changer tout cela, pour remettre de la justice, pour remettre l'équité au cœur de notre pays".

En un mot : vous avez eu DSK au téléphone, ce week end. Il va bien ?

Je l'ai eu. Oui, oui.

Il a le moral ?

Il continue à se battre pour être innocenté et j'espère pour lui que ce sera dans les plus brefs délais.
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2011-07-12 08:35:00
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