DSK et Tristane Banon en face à face pendant plus de deux heures

Débarrassé des charges pénales pesant contre lui aux États-Unis, Dominique Strauss-Kahn a été confronté jeudi matin à son accusatrice française, Tristane Banon, qui l'accuse de tentative de viol en 2003. Le face à face a duré près de deux heures et quart. Il s'est déroulé dans un des sièges de la police judiciaire parisienne, dans le XIIIème arrondissement. Selon l'avocat de l'ancien patron du FMI, Me Henri Leclerc, DSK et la jeune romancière ont maintenu leur version des faits lors de cette confrontation.

Chacun campe sur ses positions

Arrivé vers 9 heures en voiture, DSK est sorti des locaux de la police judiciaire à pieds peu après 11h30, devant les journalistes tenus à distance de l'autre côté de la rue. Il s'est alors engouffré dans son véhicule, affichant un léger sourire crispé, sans faire de déclaration. Tristane Banon a quitté les lieux sans se montrer aux journalistes.

"DSK est resté sur sa position et elle aussi", a déclaré l'avocat de DSK qui s'est refusé à donner tout autre détail sur cette confrontation d'environ deux heures. Interrogé sur des remords qu'aurait pu exprimer son client, il a répondu : "Il n'a aucune raison de s'excuser".

C'est Tristane Banon qui avait vivement souhaité ce rendez-vous. L'écrivain et journaliste de 32 ans a porté plainte début juillet contre Dominique Strauss-Kahn pour une tentative de viol perpétrée selon elle dans un appartement parisien en février 2003.

Cette confrontation pourrait être le dernier acte d'une enquête préliminaire, ouverte début juillet après la plainte de Tristane Banon. Un rapport doit être remis au parquet de Paris à qui il appartient de décider si la procédure doit se poursuivre. Il pourra estimer que les faits sont prescrits, classer sans suite ou bien confier une information judiciaire à un juge d'instruction.

Le parquet n'a aucun délai pour prendre sa décision. Mais en cas de classement, Tristane Banon a de toute façon prévenu qu'elle poursuivrait son combat judiciaire. Dans ce cas, elle déposerait une autre plainte en se constituant "partie civile", ce qui entraînerait automatiquement la désignation d'un juge d'instruction.

Banon veut la vérité

"Je voudrais qu'il soit en face de moi et qu'il me dise droit dans les yeux que ce sont des faits 'imaginaires'. Je voudrais le voir me dire ça",avait-elle dit jeudi dernier sur RTL, à la veille de la décision du parquet de Paris de confronter DSK à son accusatrice.

Dominique Strauss-Kahn, qui a fait savoir par ses avocats qu'il se tenait prêt à cette confrontation, a qualifié les faits dénoncés par Tristane Banon de "scène imaginaire". Il a d'ailleurs répliqué à son accusatrice par une plainte en dénonciation calomnieuse, dont l'examen devra attendre l'issue des poursuites engagées par l'écrivain.

Dans sa confession télévisée sur TF1 le 18 septembre, DSK avait affirmé qu'"aucune violence" n'avait été portée sur Tristane Banon. "J'ai été entendu comme témoin. J'ai dit la vérité que dans cette rencontre, il n'y avait eu aucun acte d'agression, aucune violence, je n'en dirai pas plus", avait-il dit.

La mère de Tristane Banon, Anne Mansouret, a dit espérer que sa fille "ne se laissera pas impressionner, qu'elle fera face" à DSK.


par Jean-Alphonse RichardJournaliste RTL
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