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L'UA dénonce la façon dont la Cour pénale internationale traite l'Afrique

L'Union africaine (UA) va demander à l'ONU l'ajournement des procédures de la Cour pénale internationale (CPI) contre les dirigeants en exercice.

Le chef de la diplomatie éthiopienne Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le pays occupe la présidence en exercice de l'UA.
Le chef de la diplomatie éthiopienne Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le pays occupe la présidence en exercice de l'UA. Crédit : Mulugeta Ayene / AFP
La rédaction numérique de RTL et AFP

L'Union africaine (UA) va demander à l'ONU d'ajourner les procédures de la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre des dirigeants en exercice. Les ministres des Affaires étrangères de l'UA ont "recommandé" la mise en place d'un "groupe de contact" avec le Conseil de sécurité de l'ONU, sur le sujet, a déclaré dans la nuit de vendredi le chef de la diplomatie éthiopienne Tedros Adhanom Ghebreyesus, dont le pays occupe la présidence en exercice de l'UA.

Ce "groupe de contact" devra convaincre le Conseil de sécurité "d'appuyer la requête (africaine) d'un ajournement des procédures contre le président et le vice-président du Kenya ainsi que contre le président du Soudan (Omar el-Béchir), conformément à l'article 16 du Statut de Rome" fondateur de la CPI, a-t-il détaillé.

Une référence particulière aux dirigeants kényans

Cet article 16 permet au Conseil de sécurité d'imposer à la CPI la suspension de toute enquête ou poursuite pour une durée d'un an, renouvelable de facto indéfiniment chaque année.
L'UA estime que "les chefs d'Etat et de gouvernement en exercice ne devraient pas être poursuivis quand ils sont en fonction", a poursuivi Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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Le projet de résolution, adopté tard vendredi par les ministres africains et qui doit être soumis samedi aux chefs d'Etat réunis en Sommet extraordinaire, ne fait explicitement référence qu'aux dirigeants kényans.
L'UA "demande que les inculpations contre le président et le vice-président du Kenya soient ajournées conformément à l'article 16 du Statut de Rome, afin de leur permettre de remplir leurs obligations constitutionnelles", selon le texte.

Le principe de l'immunité des dirigeants

La résolution réclame que cet ajournement intervienne "avant le début du procès" de Kenyatta, prévu le 12 novembre à La Haye. Le procès de M. Ruto - et de son co-accusé, l'animateur radio Joshua arap Sang - s'est ouvert le 10 septembre.
Les deux têtes de l'exécutif kényan, premiers dirigeants en exercice jugés par la CPI, sont jugées séparément pour leurs responsabilités respectives dans les terribles violences politico-ethniques sur lesquelles avait débouché la précédente présidentielle de fin 2007, au cours de laquelle ils appartenaient à deux camps opposés.

Le texte "réaffirme le principe de l'immunité des chefs d’État et autres dirigeants internationaux durant leur mandat, dérivé des lois nationales et coutumes internationales".
"A cet égard, aucune inculpation ne saurait être lancée ou poursuivie par une quelconque cour ou tribunal international contre un quelconque chef d'Etat ou de gouvernement en exercice", poursuit l'UA dans ce projet de résolution.

Un traitement jugé "inacceptable" par la CPI

Kenyatta et Ruto ont promis de coopérer avec la CPI, qui a lancé un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour, région de l'ouest du Soudan.

Vendredi, en ouvrant la réunion, Tedros Adhanom avait vertement critiqué la CPI, dénonçant "son traitement inique de l'Afrique et des Africains", référence au fait que la CPI n'a inculpé ou jugé que des Africains depuis le début de ses travaux en 2002.
"Loin de promouvoir la justice et la réconciliation (...) la CPI s'est transformée en instrument politique visant l'Afrique et les Africains", a-t-il accusé: "ce traitement inique et injuste est totalement inacceptable".

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2013-10-12 02:53:00
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